La Virilité chrétienne ; 3'"^ Conférence
sens en moi, dites-vous, comme un instinct in'ésistible ! Soit, mais n'est-ce pas là une sorte de fatalité dont l'être raisonnable qui est en moi a le droit de se moquer, et à laquelle il lui est permis de se soustraire?
Vous refusez à mon esprit de se rendre compte de l'origine et de la valem- de cette loi; mais alors je serai victime d'un fait! Je devrai obéir en aveugle, être broyé sous le poids de la vie, sans avoir le droit de me dégager, ni de secouer ce joug!
Volonté pour volonté, j'aime mieux faire la mienne que de la régler sur une loi dont la valeur m'échappe, et qui vient je ne sais d'où!
Heureusement Kant ne s'est sauvé luimême qu'au prix d'une contradiction. Il a parlé de V humanité fin en soi. Respecte en toi l'humanité, dit-il! Voilà l'objet de la loi morale et la raison du commandement.
Mais alors il n'y a plus d'impératif catégorique! Par l'humanité nous retournons à la nature, nous sortons de notre moi individuel poui' retrouver en nous, s'y reflétant ^ d'une manière vivante, l'ordre objectif des choses. Et par là nous rentrons dans la vraie
morale, celle qui repose sur la nature, et, par la nature, sur Dieu.
Kant n'a pas analj^sé ces conséquences, parce que ses principes métapTiysiqiies le lui défendaient. Mais la métaphysique de Kant ne s'impose irrésistiblement à personne.