‹ L'éducation de la volonté (volume 2)Chapitre 21 sur 96 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

COUP d’œil général

Nous voici parvenus au terme de la première partie de notre traité.

Nous avons d’abord nettement déterminé la nature des ennemis à combattre dans cette lutte si noble et si féconde contre les puissances inférieures de notre nature. Nous avons compris que les passions n’ont tant d’importance dans cette lutte pour la conquête de soi-même que par l’aide qu’elles fournissent à la grande ennemie : la paresse, force d’inertie qui tend sans cesse à faire retomber l’homme jusqu’au degré d’où il a eu tant de peine à s’élever par des siècles d’efforts. Nous avons compris que, par maîtrise de soi, il fallait se garder d’entendre une volonté intermittente, que la suprême énergie, c’est l’énergie continue, prolongée durant des mois et des années, et que la pierre de touche du vouloir c’est la durée.

Puis, nous avons dû débarrasser notre route de deux théories philosophiques à notre avis aussi décourageantes l’une que l’autre : l’une prétend que nous ne pouvons rien sur notre caractère, qu’il est prédéterminé, inné, que nous sommes ce que nous sommes, que nous ne pouvons rien

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