PAYOT
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unanimité éprouve le besoin de s'affirmer à soi-même cette liberté parle tapage, par les stations prolongées fort avant dans la nuit dans des brasseries et ailleurs. Quelle fierté le lendemain quand on peut se vanter d'être rentré à deux heures du matin!... Le grand nombre des médiocres, des sans-volonté, continueront durant tout le temps cette vie sotte, fatigante, stérile. Les natures d'élite ne tardent point à se reprendre. Puis l'absence d'argent force bientôt les étudiants pauvr/Bs à changer d'existence, à rompre avec les camarades de paresse; et c'est sous cette féconde contrainte que s'éveille le goût d'une vie supérieure chez beaucoup de bons esprits de volonté faible. Telles sont les deux seules catégories d'étudiants qui méritent l'intérêt de leurs maîtres, et, Dieu merci, ils forment un effectif consolant.
Une fois que l'habitude de la liberté a dissipé l'ivresse folle des premiers temps, et que les jeunes gens font retour sur eux-mêmes, presque tous sentent qu'ils sont cruellement isolés. Plusieurs voient clairement ce qui leur manque. A cet âge, le besoin d'une forte union dans la vie morale est si vif, qu'ils cherchent d'instinct des amis chez .qui ils retrouveront leurs propres aspirations. De tels groupes seraient faciles à former, comme nous le disions, si tous les jeunes gens de cœur s'insurgeaient résolument contre la tyrannie de l'opinion du milieu, qui les contraint de paraître être ce qu'ils s'efforcent au fond d'eux-mêmes de ne pas être. Combien par timidité, par manque de courage moral, répètent les formules admises qu'ils sentent m^songères, simulent une conception médiocre de la vie qu'ils n'ont pas, affectent une grossièreté qui leur répugne d'abord, et à laquelle, hélas ! ils s'habituent.