‹ L'education de la volonteChapitre 34 sur 42 · LES JOIES DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

LES JOIES DU TRAVAIL

tl'autrui, l'oblige à mille servitudes que ne connaît point le travailleur; de sorte que lorsqu'on dit : « le travail c'est la liberté », il n'y a point là de métaphore. Epictèlc divise les choses en choses qui dépendent de nous et en choses qui n'en dépendent point. Il remarque que de l.i poursuite des choses qui ne dépendent pas de nous viennent la plupart de nos déboires, de nos soulTrances. Ch bien, tandis que le bonheur de l'oisif dépend uniquement d'autrui, l'homme habitué au labeur trouve ses plus grands plaisirs en lui-même.

De plus, la succession des jours, qui ne marque pour l'oi.sif que les progrès de l'Age et d'une vie stérile, accroil lentement, mais sûrement le trésor des connaissances de l'étudiant laborieux, et de même que chaque soir on peut évaluer la croissance de certaines plantes, de même, après chaque semaine d'elTorls le jeune homme peut prendre conscience de la puissance accrue de ses facultés. Ces ac> croissements lents, mais indéfiniment répétés le condui ront à un très haut degré de puissance intellectuelle. Kl comme après la grandeur morale, rien ne brille d'un si vif éclat qu'une intelligence cultivée, tandis que l'oisif s'abêtit avec l'âge, le travailleur voit d'année en année grandir son autorité sur ceux qui l'entourent.

Aussi qu'arrive-t-il? C'est que la vieillesse, en éloignant peu à peu tous les plaisirs des sens, en donnant aux salisfactions purement égoïstes les plus rudes démentis, mulliplie pour ceux qu'a enrichis une large culture humaine, les joies de la vie. Aucune des sources de bonheur véri* table ne peut tarir avec le progrès des années. Ni l'intérêt que l'on prend à la science, aux belles-lettres, à la nature, à l'humanité, ne diminuent. Bien au contraire. Et rien n'est

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