‹ L'éducation des classes moyennes et dirigeantes en AngleterreChapitre 2 sur 109 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

jours en nombre, adaptée à toute la variété des œuvres à accomplir, ouvrière infatigable de la grandeur nationale. Qu'a-t-elle dû à la famille et à l'esprit public, à l'école et aux pédagogues? Qu'ont fait pour elle l'Etat et la loi?

Un tel problème avait en quelque sorte sa solution dispersée dans toutes les parties de la société anglaise. Il fallait une curiosité, une acuité de vue et une sûreté de main singulières pour découvrir et saisir tous ces éléments, une rare fermeté de dessein pour ne pas se perdre dans cette poursuite, une métbode sévère pour dégager de tant de faits et d'idées la simplicité des deux ou trois grands points de vue qui les commandent. Il fallait plus encore. L'observateur devait être capable de se transposer ou de se dédoubler en quelque sorte, de se laisser pénétrer passivement par le milieu qu'il veut comprendre, d'en tirer comme un second moi, qui a ses heures et ses jours à lui, pendant lesquels l'aulre moi ne paraît point, de vivre, au moins par intermittence, de la vie d'une âme anglaise. Les grandes forces morales, auxquelles remonte tout mouvement et tout courant un peu considérables dans une société, ne peuvent être définies que par un homme qui a commencé par les si bien capter et détourner, qu'il croit les sentir sourdre et couler en lui-même comme en leur lit natal. M. Max Leclerc m'en voudrait de laisser entendre

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