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ancien Rugbeian. Au sortir de l'université, il fut, pendant quelque temps, assistant-niaster à Wellington : il a été élevé dans le respect des traditions, ce qui ne l'empêche pas d'être un esprit très indépendant, exempt de préjugés, et un partisan de l'éducation moderne.
L'école est une grande caserne assez semblable aux nôtres. Mais M. Eve n'aime pas les longs murs nus; les murailles des corridors et des escaliers sont tapissées de gravures et de photographies de paysages italiens, de glaciers alpestres, d'œuvres d'art, de monuments; et ses élèves, pour peu qu'ils aient d'imagination, voyagent sans cesse d'Italie en Suisse et de Suisse en Espagne ou en Grèce.
L'école compte 500 élèves. Jamais plus de 30 ou 35 ne sont réunis sous un même maître, dans une même classe. La moyenne par classe est de 25. Le nombre s'abaisse à 15 dans les classes supérieures, car la majorité des élèves quittent l'école vers 16 ou 17 ans. Ceux qui restent préparent l'examen de matriculation de l'université de Londres ou les examens d'Oxford et de Cambridge.
A l'intérieur de l'école la discipline est maintenue par les maîtres du corps enseignant et par 40 moniteurs choisis parmi les élèves les plus âgés. A 15 de ces moniteurs, ce poste revient de droit, en vertu du rang qu'ils occupent dans leur classe; les autres sont élus par leurs camarades. Tous portent un signe distinctif à la boutonnière (badge). Leur rôle consiste principalement à maintenir l'ordre dans les couloirs €t dans les escaliers pendant les changements de clas- .ses, dans les cours pendant les récréations, sous l'œil paternel d'un sous-officier en retraite (beadle). Dès que
l'éducation en ANGLETERRE. 7
la cloche sonne pour annoncer la fin d'une classe, de trente salles s'élancent des nuées bourdonnantes de boys qui courent dans toutes les directions; ils s'ébattent, s'étirent — un peu bruyamment — pendant quelques minutes, puis chacun reprend sa place dans la classe où il a affaire et tout rentre dans l'ordre.
Les sujets enseignés à University Collège School sont l'anglais, le latin, le grec, le français, l'allemand, l'histoire ancienne et d'Angleterre, la géographie physique et politique, l'arithmétique, la tenue de livres et l'écriture, les mathématiques pures et appliquées, la chimie théorique et pratique, la physique, l'histoire naturelle et l'économie sociale.
Le classement des élèves ne se fait pas, comme d'ordinaire, suivant l'âge et la force, mais individuellement et pour chaque sujet enseigné. Un élève pourra faire partie d'une classe supérieure pour les mathématiques, d'une classe moyenne pour l'allemand et d'une classe inférieure pour la géographie. Grâce à cette méthode, dans toute classe, à tout moment et pour une même matière, tous les élèves sont à peu près arrivés au même point. La classe ne traîne pas derrière elle la queue interminable des retardataires qui paralyse les mouvements. Dés qu'un élève a dépassé le niveau général de la classe il passe à la classe supérieure. L'activité de l'élève est stimulée et les efforts du maître sont plus efficaces.
University Collège School offre encore une autre particularité. Les parents des élèves sont admis à choisir les matières dans lesquelles ils désirent que leurs enfants soient instruits; cela, sous réserve du droit de veto du Jieadmaster, qui coupe court aux fantaisies incompatibles avec une éducation digne de ce nom. Il
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n'en reste pas moins que chaque père de famille peut, dans une assez large mesure, d'accord avec le headmaster, composer pour son fils un programme d'études et en suivre l'application.
Pour neutraliser autant que possible les inconvénients de ce système très simple, mais très hardi, M. Eve a institué des « maîtres-consultants » (consulting masters). Élève des public scliooJs, ayant été pupil et hitor lui-même, M. Eve a emprunté au régime tutorial tout ce qui peut être appliqué dans un externat. Prendre un seul maître responsable de l'éducation de chaque enfant depuis l'entrée à l'école jusqu'à la sortie; confier à ce maître la tâche délicate d'indiquer à chaque enfant, suivant ses aptitudes et son caractère, la voie la plus favorable; établir un port d'attache où l'enfant puisse trouver du réconfort et de bons conseils après les ballottements de l'existence scolaire, tel est le but que s'est proposé M. Eve, en créant les Consulting masters.
Tout élève, à son entrée à l'école, est placé entre les mains de l'un des maîtres qui entre en rapports avec les parents et les guide dans le choix des matières de l'enseignement, puisque ce choix leur est laissé. Chaque élève ayant un programme d'études à lui particulier et se trouvant classé, pour chaque sujet, d'après sa force seulement, il ne peut exister de groupement général et permanent des élèves ; le contrôle serait donc impossible si chaque enfant n'avait à rendre compte régulièrement de ses faits et gestes à un maître qui est un conseiller et un ami. Chaque maître consultant a charge de 30 élèves, en moyenne.
University Collège School se distingue encore de la plui3ftrt des écoles anglaises par l'absence de tout
enseignement religieux. Les élèves étant tous externes, c'est aux familles qu'est laissé le soin de les conduire à l'église et au catéchisme. University Collège School est absolument neutre en matière religieuse : des enfants appartenant à toutes les confessions s'y trouvent réunis : dissidents, juifs, catholiques y ont toujours trouvé un refuge, même au temps oii ils étaient exclus de toutes les public schools. M. Eve attache une grande importance au caractère laïc de son école; il a pris très peu de clergymen comme assistant-masters. Il soutient que, contrairement au préjugé courant, le niveau moral de Técole n'est pas moins élevé parce que l'enseignement religieux ne figure pas au nombre des exercices scolaires. L'école admet tous les élèves, à quelque rang social qu'ils appartiennent : on y rencontre des fils de piiblicans ou de boutiquiers de Tottenham Court R.oad à côté des fils d'avocats bien posés ou de médecins en renom.
Les cours ne durent guère plus de trois quarts d'heure; dans les classes supérieures, pour le latin, le grec et les mathématiques, cette durée est doublée. Le français est enseigné par des maîtres anglais, les mêmes qui enseignent le latin et le grec, mais un maître. Français de nationalité, vient, une fois par semaine, lire aux élèves des passages d'auteurs français pour leur enseigner la bonne prononciation.
On donne peu de devoirs écrits. Les enfants préparent chez eux les explications d'auteurs qui doivent être faites en classe. Très peu d"élèves de l'école se distinguent dans l'étude des classiques. Mais l'école est recherchée pour sa solide éducation moderne. Peu de parents ont souci de la culture générale; beaucoup au contraire ont hâfce de voir enseigner à
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leur fils ce qui lui sera directement utile au sortir de l'école. Lorsqu'ils deviennent trop pressants, le maître consultant intervient pour leur parler raison : il réussit, le plus souvent, à faire accepter ses avis.
M. Eve a fait une place honorable aux jeux de plein air. Chaque groupe de bojis, placé sous l'autorité d'un maître consultant, forme un camp; tous ces camps luttent entre eux : un bouclier homérique est confié aux vainqueurs.
DULVviCH COLLEGE '. — Duhvich cst un des plus jolis villages de la banlieue de Londres, à vingt minutes de la Cité, en chemin de fer, sur la hgne de « Chatham and Dover. » L'atmosphère y est presque toujours pure, à moins que le vent du nord ne rabatte les fumées et les fogs londoniens. Duhvich est à peu près entièrement formé de villas, de gentils chalets épars dans les arbres. Au milieu d'une immense prairie, on aperçoit de loin la silhouette ambitieuse d'un grand bâtiment presque neuf : c'est Duhvich Collège, un véritable palais scolaire. Les colonnes de marbre, les clochetons et les dentelles de pierre auraient pu, sans grande perte pour l'art et sans grand dommage pour le bien-être des élèves, disparaître.
Duhvich Collège est riche. En 1619, un certain Alleyn fondait à Duhvich, qui n'était alors qu'un tout petit village rural, une école de grammaire. Pour l'entretien de cette école , il laissait une terre de 300 acres, dont le revenu était alors assez maigre.