AVANT-PROPOS. XI
de sortir de l'école les jeunes gens s'habituent à commander après avoir longtemps appris à obéir. Après l'éducation, l'instruction. M. Max Lcclerc a tiré des enquêtes de 1861 et de 1865 un tableau assez sinistre de l'état des écoles vers le milieu du siècle. Les universités et les grandes écoles publiques qui en sont le vestibule ne s'ouvrant qu'à une élite très riche et par conséquent peu nombreuse. L'enseignement presque exclusivement classique — entendez par là limité à l'étude des langues anciennes. De la littérature nationale, pas un mot; point d'histoire : « celte branche ne se prête point à des leçons suivies » ; point de géographie : « nos élèves l'apprendront en courant le monde. » — Les phrases citées ont été entendues par M. Max Leclerc et témoignent de la ténacité de l'esprit ancien. — Au degré supérieur, c'est-à-dire à l'université, de la théologie, du droit, un peu de médecine. Un assez solide enseignement mathématique à Cambridge. Des autres sciences, il commençait à peine à être question. Point de laboratoire; nul apjmratus scientifique. Je tiens du professeur Huxley qu'un dignitaire de l'Université, savant très estimable, qui avait fait de bons livres de physique, n'avait de sa vie vu un prisme. Même à l'université , tout l'enseignement se donnait à l'intérieur des collèges, dans des sortes de classes; ce huis-clos dissimulait l'insuffisance des études. Les expositions