LES REVUES
même qu'à faire connaître son client. Dans le domaine des lettres, comme dans celui de la politique, le peuple anglais a voulu être informé; il n'a pas consenti à abdiquer son jugement entre les mains de M. X... ou de M. Z... chargé de dispenser l'éloge ou le blâme, la flatterie ou le persiflage, suivant son humeur, suivant les exigences de la camaraderie ou la générosité de l'éditeur. UAthenœum existe depuis plus de cent ans; et, dès le milieu du siècle, grâce à l'appui du public, il avait triomphé du « puffisme et de la vénalité qui prévalaient autrefois ^ » A son exemple, les grands journaux de province ont tenu leurs lecteurs au courant de tout ce qui se publiait et valait d'être lu; si bien qu'aujourd'hui les revieicers du Manchester Guardïnn ou du Scotsman font presque autorité.
Après le bataillon léger des périodiques hebdomadaires vient l'infanterie de ligne des revues mensuelles; puis, en réserve et comme au centre, la masse imposante des quarterlies. Les revues mensuelles se divisent en deux groupes, les reviews et les magazines. Les reviews {Contewporary , Fortnightly ^ Westminster ^ National, Nineteenth Century) sont des recueils graves qui ne s'occupent guère que des questions sociales et politiques; chacune représente une opinion ou une nuance d'opinion politique et philosophique. Les premiers écrivains de l'Angleterre, les hommes du monde, les hommes d'action, les professionnels de toute sorte viennent, tour à tour, apporter leur témoignage sur une question ou défendre une thèse, suivant les hasards de l'actualité et les préoccupations de l'opinion publique. Tout ce honnête homme », ayant