Cardinal Mercier, Métaphysique générale, chapitre iv
bonheur d'une famille ou d'un peuple. Ne seraitce pas l'argument péremptoire pour que l'esthétique et l'étude des arts, sous une forme ou l'autre, ne soient pas exclues de l'éducation des jeunes filles ?
La dernière et la plus excellente étude qui puisse leur être proposée, est celle de la théodicée. S'il est vrai que saint Thomas d'Aquin, à l'âge de cinq ans, tirait par leur manche les moines du Mont Gassin pour leur faire cette question : « Qu'est-ce que Dieu? », il est à espérer que des enfants plus âgés ne seront pas incapables d'apprécier les premières notions rationnelles touchant le Créateur. La preuve de « l'existence de Dieu est la conclusion suprême, le couronnement de la physique ; l'étude de sa nature est une application de la métaphysique générale à un Etre déterminé, l'Etre absolument parfait ' » .
C'est dans le domaine de la théodicée que les jeunes filles trouveront une sauvegarde contre les difficultés à venir, et la réponse aux questions qui pourront leur être faites sur l'existence de Dieu ; questions souvent moins ingénues que celles de saint Thomas enfant. L'armure de leur foi ne sera pas facilement entamée par des coups soudains, parce qu'ils auront été prévus. Elles connaîtront mieux aussi l'importance de la question et ne provoqueront pas à tort et à travers