‹ L'éducation des nègres aux États-UnisChapitre 2 sur 126 · EE LUS · texte numérisé non relu

EE LUS

VIIL L INTRODUCTION

ressentir l’'émulation que donne la fierté de race. D’ailleurs, il ne faut pas comparer les nègres aux Japonais ou aux Chinois, par exemple, comme on l’a fait, pour opposer les progrès réalisés depuis cinquante ans par les uns et par les autres : l'Asie avait un réel degré de culture et une civilisation qui, pour s'être dévelop-

pée dans un sens différent de la civilisation européenne,

n’en était pas moins toujours en marche. D'un autre côté, la situation des nègres aux États-Unis n’est pas comparable à celle des peuplades de l'Afrique, de lAsie, de l'Océanie, soumises par la conquêle d’une nation supérieure : la vie sociale de celles-ci n’est pour ainsi dire pas changée; on peut les exploiter, sans doute, mais il est difficile de métamorphoser leur existence intime, et surtout elles restent dans leur patrie. Le peuple conquérant n’a rien à craindre de leur développement, au contraire. Il ne peut pas exister là de préjugés de race invincibles, parce que leurs progrès ne sont pas une menace de danger social. S'ils sont pendant longtemps réfractaires à la civilisation, leur infériorité n’est pas davantage un fardeau mortel pour leurs conquérants.

Aux États-Unis, la situation est anormale et dangereuse pour le nègre aussi bien que pour l'Américain blanc. La culture d’une race arriérée est toujours délicate à diriger, mais l'essor de la race noire est ici d'autant plus difficile que le citoyen blanc, à cause de préjugés enracinés, semble parfois dresser des obstacles au développement social des nègres. La race blanche ne peut admettre que la race noire devienne son égale ; instinctivement, elle se sent au-dessus et

ne veut pas être dépossédée de sa supériorité, et mal-

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