‹ L'éducation des nègres aux États-UnisChapitre 3 sur 126 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

gré certains exemples fameux, elle tient à croire que l'individu noir est incapable de s’élever au niveau du blanc. Il y a des Américains cependant, doués d’une grande franchise intellectuelle, qui admettent que ces

idées sont des préjugés; mais la plupart d’entre eux ‘ajoutent qu'il est au-dessus de leurs forces et de leur

oire. Elle est inférieure, il faut qu’elle reste infé-

re. de vaincre ces préjugés à l'égard de la race

reure, elle ne peut pas ne pas rester inférieure.

Cette opinion existait à l’époque de l'esclavage sans ocäsionner de difficultés sociales. Quand le nègre fut importé en Amérique, il y a plusieurs centaines d’amées, c'était un sauvage. Il avait les vertus et les vices\ides peuples primitifs. En retard de plusieurs siècles sur le groupe social au milieu duquel on le jetait de bree, il était appelé à jouer dans cette société un rôle ussi humble que celui de l'animal qui trainait la charrie qu’il conduisait. Aux jours d’esclavage, il ne pouval y avoir de problème nègre, pas plus qu’on ne se livresujourd’hui à des spéculations scientifiques sur l’avenirdu cheval et de la vache. Le système s0cial marchailsans que le blanc éprouvât de difficultés, par suite de lssclavage: quant au nègre, on ne lui faisait pas l’hontur de prêter attention à ce qu’il pouvait penser, qund bien même on voyait ses regards inquiets et plein de désirs. Cependant, en vertu de la Proclamation d'Inancipation et du Quinzième Amendement, cette bél de somme fut, tout d’un coup, transformée en hoïme, et revêtue en même temps de tous les droits et pivilèges du citoyen.

Quand, par un tra\ de plume, l'esclavage fut aboli, et quand le nègre deWt son propre maître, la nouvelle

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condition de l’ancien esclave exigea que l’on fit quelque chose pour son instruction, sinon en vue de son propre bien, du moins en vue du bien de la société. Ses anciens maîtres du Sud étaient généralement animés de bonnes intentions à son égard ; ils acceptaient volontiers l’abolition du mot « esclavage », mais ils ne comprenaient guère — et, en fait, ils

avaient raison — que l’ancien esclave püt voir si

condition totalement changée du jour au lendemain : :l devait rester un serviteur. La société aurait pu s'organiser sur celle nouvelle base, comme une srte

d'institution féodale, et avec lenteur et sécurits, le -

nègre se serait développé et élevé jusqu'à ur niveau supérieur, Sans irritation pour la race blinche, ni pour lui même. Mais les amis des noirs on voulu brusquer les choses : telle a été l’origine di désastre. Ils ont cru qu’un acte de bonne volonté suffirait pour aplanir les difficultés et combler les dfférences des deux races : ils croyaient que le blanc et le noir pourraient du jour au lendemain se regarler comme des frères. [ls ont blâmé le blanc de ne as appliquer la parole de l'Évangile; ils ne songeaiat pas que le passé créait, chez les hommes du Sud des habitudes sociales et des états d'âme aussi fortsque l'instinct; ils n’admettaient pas que la race noie füt, à ce moment, très inférieure à la race blanaë, et que ce füt commettre ‘une injustice flagrant, à l'égard des blancs, que de donner à des millias de noirs ignorants une part considérable du pouvoir politique. D’autres, cachant leurs ambitios égoistes sous des dehors philanthropiques, avaiet intérêt à voir maintenir aux noirs leur droit &® vote, parce qu'avec

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