estimés
(1) Cf. Report of Commissioner of Education, p. 1319, 1894-95. ; D
Il est probable que nous devons ajouter foi aux chiffres donnés par le commissaire, puisqu'il pouvait contrôler les asserlions des surintendants et possédait des éléments qui font défaut aujourd'hui. Il présente pour l'année 1869 un total de $365,0090, donné pour l'éducation par des sociétés de bienfaisance ; le nouveau rapport établi en 1894 ne présente que $ 27,000, chiffre évidemment absurde. On peut supposer que les surintendants des États ne faisaient pas entrer en ligne de compte toutes les sommes offertes pour l'éducation par les sociétés de bienfaisance : peut-être ne rendaient-ils compte au Freedmen's Bureau que des sommes qui leur étaient parvenues par l'intermédiaire de ce Bureau même, tandis que le commissaire, chargé d'un rapport général, devait probablement faire un total de toutes les dépenses, quelle que fût l'origine de l'argent (1).
Comme on l’a déjà dit plus haut, l'œuvre de l'éducation des nègres ne se trouvait pas exclusivement dans Îles mains du Freedmen's Bureau. Beaucoup de sociétés rehgieuses et bienfaisantes coopérèrent avec le gouvernement pour subvenir aux besoins des anciens esclaves. Le Freedmen's Bureau, dans ses rapports de 1868 et de 1869, nomme les associations suivantes comme engagées dans cette œuvre :
African Civilization Society, New York;
African Methodist Episcopal Church Missionary Society, Washington, D. C.; |
American Advent Mission Sociely, Michigan ;
American Baptist Free Mission Society, New York;
American Baptist Home Mission Society, New York;
American Missionary Association, New York ;
Board of Domestic Missions, Reformed Presbylerian Church, Pitisburg, Pennsylvania;
(1) The Negro Common School, p. 32, Atlanta University Publica-
tion.
Board of Missions for Freedmen, Reformed Presbyterian Church, Ohio ;
Baltimore Association, Baltimore, Maryland :
Delaware Association for the Moral Improvement of Colored People, Wilmington, Delaware ;
First Normal School Association, Richmond, Virginia ;
Freedmen’s Aid Society, Methodist Episcopal Church, Cincinnati, Ohio;
Freedmen’s Committee, Ohio Yearly Meeting of Friends, Ohio ;
Free Will Baptist Home Mission Sociely, New Hampshire ;
Friends” Association of Philadelphia, Pennsylvania ;
Friends’ Freedmen's Association of Philadelphia, Pennsylvania ; ;
American Freedmen’s Association of Philadelphia, Pennsylvania;
American Freedmen's Union Commission, New York;
Friends’ Freedmen's Association of New York, New York City;
General Assembly's Committee on Freedmen, Pittsburg, Pennsylvania ;
Michigan Freedmen's Aid Commission, Michigan ;
National Freedmen's Relief Association, Washington, DAC.
National Theological Institute and Home Missionary Society, Washington, D. C.;
National Theological Institute and University, Washing- POUR DACe
New England Branch American Freedmen'’s Union Commission, Boston, Massachusetts;
New England’ Friends’ Freedmen's Aïd Society, New Bedford, Massachusetts;
New York Branch American Freedmen’s Union Commission, New York;
New York Yearlv Meeting of Friends, New York ;
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Northwestern Freedmen’s Aid Commission, Michigan;
Pennsylvania Branch American Freedmen’s Union Commission, Philadelphia, Pennsylvania ;
Presbyterian Committee of Home Missions, New York;
Protestant Episcopal Home Mission to Colored People, New York;
Richmond Educational Association, Virginia ;
Scriptural Tract Society, Boston, Massachusetts;
Soldiers’ Memorial Society, Boston, Massachusetts ;
United Presbyterian Board of Missions, Allegheny City; Pennsylvania: :
Western Freedmen’s Aid Commission, mnt Ohio;
Yearly Meeting of Friends, Indiana.
American Missionary Association. — Tes can Missionary Association était la plus puissante des nombreuses sociétés qui rivalisaient pour améliorer le sort de la race nègre. Avant la guerre civile, cette société avait fait quelques efforts pour éclairer les esclaves des États du Sud et les nègres réfugiés au Canada. L’extrait suivant, tiré des archives de l'American Missionary à Association, donnera une idée du travail accompli par elle parmi les affranchis (1).
« Le Home Department (section des missions intérieures) comprenait deux champs bien distincts, l'Ouest et le Sud, et* le nombre des missionnaires employés aux États-Unis par l'Association s’éleva à 112 en 1860, dont 15 étaient employés dans des Élats co et dans le Kansas.
« Les Missions des États esclavagistes donnèrent nais- | sance aux événements les plus frappants que l'on aitenregistrés pendant l'existence de l'Association. Cette œuvre Mie ailes merite d'AVOImMIAITReleS premiers efforts mar-
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(1) The Negro Common School, p. 33. (Atlanta University Publicalion.)
quants pour établir des églises et des écoles antiesclavagistes à un moment où l'esclavage existait encore. Ces efforts, naturellement, étaient limités aux blancs, car dans le royaume de l'esclavage, des églises et des écoles antiesclavagisies pour les nègres étaient des impossibilités. Mais en octobre 1859, survint la marche de John Brown en Virginie, portant une terreur universelle dans le Sud et amenant l'expulsion de tous nos missionnaires des États
esclavagistes. La crise, qui menaçait depuis longtemps,
éclata enfin, et les armées fédérales, pénétrant dans le Sud en 1861, ouvrirent la voie à l’enseignement des gens de couleur. L'Association se sentit spécialement appelée et providentiellement préparée pour cette œuvre. Aussi les premiers efforts systématiques pour aller au secours des nègres fureut-ils faits par elle. De grandes quantités d’esclaves fugitifs, connus sous le nomde nègres de contrebande, étaient réunis à Fort Monroë et à Hampton (Virginie) où ils se trouvaient sans feu ni lieu et dans la misère. L’Association envoya le Rev. L. GC. Lockwood avec la mission de faire une enquête. Il arriva à Hampton le 3 septembre 1861, et le lendemain, des préparatifs étaient faits pour tenir des réunions dans plusieurs endroits, entre autres dans la maison de l'ex-Président Tyler; c'était là un nouveau rôle pour cette maison et une ère nouvelle pour les gens de couleur.
« Mais le grand événement de la Mission du Rev. Lockwoodeutlieule 17septembre 1861,quandilétablitle premier externat pour gens de couleur. La maîtresse de cette école fut Mrs. Mary S. Peake, une femme intelligente de couleur. Ce petit établissement fut le commencement du Hampton Institute et le précurseur des cent autres qui ont suivi. La maison d'école se trouvait sur la côte où, deux cent quarante et un ans auparavant, le premier navire négrier aborda au Continent américain. Ce premier navire négrier, cette première école nègre feront contraste désormais
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comme les premiers symiboles de deux res si FES celle de la barbarie et celle de la civilisation.
« La Proclamation de l'Émancipation, datée du 4er janvier 1863, assura la liberté permanente des nègres qui ébaient parvenus à pénétrer dans les lignes fédérales. Le sentiment de la justice due à l’esclave longuement Opprimé suscita, dans le Nord, un enthousiasme qui ne fut dépasssé que par celui qui poussa les soldats à s’enrôler. Des centaines de dames, instruites et élégantes, dont beaucoup étaient maitresses dans les écoles du Nord, proposèrent volontairement leurs services. Des vêteménts, des provisions furent offertes en grandes quantités et les sociétés de secours aux affranchis se multiplièrent (4).
« L’American Missionary Association étendit rapidemént son œuvre, À Norfolk, l’école fondée l’année précédehte comptait à ce moment 1,200 élèves. Dans les trois écoles du dimanche, il y en avait 4,500 dont 500 adultes. Beaucoup de plantations situées autour de Norfolk étaient
abandonnées par leurs propriétaires blancs, mais encorë occupées par les esclaves; l’Association y ouvrit des écoles ét précha l'Évangile. La propriété de l'ex-gouvérneur Wise fut ainsi occupée et sa maison servit de maison d'école et de logement pour les instituteurs. Où envoya aussi
(4) W. E. B. Du Bois parle ainsi de la « Croisade de l’institutrice de la Nouvelle Angleterre» : « Les annales de cetteneuvième croisade sont encore à écrire; ce sera l’histoire d’une mission qui semblait à notre époque plus aventureuse que l’entreprise de saint Louis le semblait à la sienne. Derrière la fumée des ruines et des pillages flottaient les robes de calicot de femmes remplies de courage, et après les grondementsdes canons sonnait le rhythme de l'alphabet. C'étaient des femnies riches ou pauvres, sérieuses ou curieuses. Privées tantôt d'un père, tantôt d’un frère, tantôt plus isolées encore, elles sont venues par vocation chercher à établir des écoles de la Nouvelle Angleterre parmi les blancs et les noirs du Sud. Elles faisaient bien leur travail. Dans la première année, elles donnaient l'enseignement à plus de 100,000 âmes. » W. E. B. Dü Bois: The Freedmen's Bureau, Atlantic Monthly, vol, 87, p. 358 (mars 1904).
des maitres à Newbern ét à Roanoke Island (Gafoliné du Nord), à Beaufort, Hilton Head, St: Hélena et Ladies Island (Caroline du Sud), et à St. Louis (Missouri).
« Le succès de nos armes sur le Mississipi; coütonné par la reddition dé Vicksburg, le 4 juillet, ouvrit un vaste champ où l’on pouvait se rendre utile. L'Association s'y engagea promplément, ét avec fruit. Ses forcés étaient répandues Sur le territoire occupé par nos arméés, dans -1e District dé Colombie, en Virginie, en Caroline du Nord, en Floride, én Louisiane, dans lé Ketitucky, dañs lé Teh2 néssee, dans le Mississipi, l'Afkansas, le Missouri ét lé - Kansas. ;
« L'année 1865 fut marquée par des événements d'un intérêt plus qu'ordinäire pour les affranchis et pour l'Association. Il faut noter eh premier lieu la fin de la suerré, l'établissement par le Gongrès du Freedmeh’s Bureau, et la tenue d'un Concile National d'Églises « Congrégational » à Boston; ce concile recommanda aux églises dé levèr ‘6 250,000 au profit des affranchis et désiÿna notre Association cominé l’organisation providentielle, ca: pable dé mener cette œuvre à bonhe fin, L'Association accepta la responsabilité, et se prépara à étendré so action. Elle nomina des secréläires de district à Chicago, Cincinnati et Boston, et des agents percepleurs dans d’autrés parties des États du Nord. Ellé s’assurd aussi le concours de plusieurs ministres de l'Évangile qui agirent comme ses représentants, en sollicitant des fonds en Grande Bretagne, et elle réussità se procurer un peu plus dës $ 250,000 indiqués par le Concile. Ses recettes venant de diverses sources montèrent de $ 47,821 en 1861, à $ 233,045 en 1866, et à $ 420,769 ën 1870.
« Nos missionnaires et ñüs maitrés furent, dans une certaine mesure, l'objét d'une haineächarnée etde menaces brulales, mais Dieu les protégea, dans sa merci, et en fit lès soutiens moraux de léutr troupeau ét de leurs écoles,
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D'ailleurs le courage ne leur manquait pas pour entreprendre cette œuvre et pour la poursuivre; le nombre des maitres qui, en 1865, se montait à 320, s'éleva en 1867 à 525, en 1868 à 532, et en 1870 à 533.
L'œuvre d'éducation de un Missionary Association ne se borna pas à l’enseignement élémentaire. On reconnaissait clairement qu'il fallait préparer des nègres instruits pour remplacer les blancs dans leur action sur les gens de couleur, et dans ce but un grand nombre de collèges, d'écoles normales et industrielles furent établis, pour fournir un enseignement spécial aux membres du clergé et à des instiluteurs. Comme types de ces écoles, il faut mentionner la « Fisk University » et le « Hampton Institute ». La première, établie en 1866, avait pour but de donner au nègre l’enseignement que la jeunesse blanche recevait dans les collèges et les universités. Le nom de « Fisk Universily » restera toujours attaché à celui des « Jubilee Singers » (les chanteurs du Jubilé), une troupe d'étudiants nègres aux voix mélodieuses qui, poussés par leur dévouement à leur école et à l’éducation de leur race, entreprirent un voyage circulaire à travers l’Amérique et l'Europe, pour faire connaître au monde les chansons des plantations, si pleines de mélodie et de sentiment pathétique. Après sept années d'épreuves et de triomphes, ils revinrent à leur université avec $ 150,000 reèueillis pour la cause de l'éducation des nègres.
Le Hampton Institute fut ouvert en avril 1868, pour donner un enseignement pratique à des nègres et, plus lard, à des Indiens. Son but, tel qu'il est exposé par son premier directeur, le général Armstrong, était et est encore «de donner de l'instruction à des jeunes gens qui iront enseigner et conduire le peuple, pour qu'ils soient tout d'abord un exemple, en devenant propriétaires des terrains et en se créant des foyers ; de ne pas leur donner un dollar qu'ils puissent gagner eux-mêmes; d'enseigner le respect
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pour le travail; de remplacer la routine stupide par des ouvriers habiles; et, dans ce but, d’édifier un système industriel, non seulement pour qu'ils puissent se suffire à eux-mêmes et devenir des ouvriers intelligents, mais aussi pour qu'ils développent en eux l’énergie du caractère ».
Après l'American Missionary Association, il faut citer d’autres associations qui se dévouèrent à cette œuvre de l'éducation des nègres. Il y avait la « Freedmen'’s Aid and Southern Society »,de l’église Méthodiste Episcopale, organisée en 1866 ; la « Baptist Free Mission Society »; la « Baptist Home Mission Society ». Cette dernière se consacrait plus particulièrement à former des nègres pour enseigner et pour prêcher la religion. En outre, nous trouvons, avec une importance diverse, les missions des Presbytériens, des Episcopaliens, des Quakers et des Catholiques. On doit signaler aussi le dévouement des affranchis eux-mêmes, qui, malgré leur extrême misère, ont tenu à contribuer de leur obole à ce relèvement de leur race. On parlera plus tard de l’œuvre accomplie par les African Methodists, mais il faut rendre hommage ici aux soldats des 62° et 65e régiments de l’Infanterie de Couleur des États-Unis. A la fin de la guerre civile, au moment de leur libération, ces régiments abandonnèrent volontairement tout l'argent de leurs primes pour établir dans le Missouri une école nègre, qui est connue maintenant sous le nom de « Lincoln Institute », à Jefferson City, Missouri.
En 1867, George Peabody laissa en fidéi-commis une somme de $ 2,000,000 « pour organiser et encourager l'éducation intellectuelle, morale et industrielle de la jeunesse dans les régions les plus pauvres des États du Sud-Est de notre pays ». Les nègres eurent leur part de ce don; et, au lieu d'établir de nouvelles écoles, l’on poursuivit le plan Lrès sage d'aider des établissements déjà existants et particulièrement les écoles communales, afin de les améliorer.
Ecoles communales pendant la période de R:construction. — Quand le Fréedmen's Bureau fut Supprimé, l'entretien des écoles établies par cette organisation nalionale retomba sur les différents États. Quoiqu'il soit vrai que les Gouvernements de Reconstruction de cette période aient « beaucoup péché par action et par omis: sion », on ne peut pas dire qu'ils aient failli à leurs devoirs envers les écoles pour les deux races. Peut-être les fautes mêmes commises à ce moment par les législateurs dé couleur montraient-elles la nécessité qu’il y avait de don ner une instruction primaire aux électeurs douvellement créés. Il avait été démontré que les fonctionnaires publics qui ne savaient ni lire ni écrire élaient une menace pour le Gouvernement des États et pour la nation.
La constitution du Mississipi de 1868 avait pourvu à l’établissement d’un système d'écoles communales, en affectant à ce projet des impôts et des revenus divers, pour tous les enfants de cinq à vingt et un ans, Dans la même anhée, la constitution de l’Alabama déclara que «le devoir du Conseil d'Administration scoläire serait d'établir dans tout l’État, dans chaque municipalité, ou dans toute autre circonscription scolaire qu’il pourrait avoir créée, une ou plusieurs écoles que tous les enfants de l'État, âgés de cinq à vingt et un ans, pourraient fréquenter gratuite: ment ». La constitution de la Louisiane ordonna égalemerit l'établissement d’au moins une ééole communale gratuite dans chaque paroisse, et il fut stipulé en outré que ces écoles ne feraient pas de « distinction de racé ni de couleur ni de condition antérieure ». La constitution de la Géorgie décida la création d’un système d'écoles, qui accordait des privilèges égaux aussi bien aux enfants de couleur qu'aux blancs. Dans les autres constitutions des
États du Sud, il y avait des dispositifs analogues pour assurer l'instruction des enfants hègres aussi bien que celle des enfants blancs. L'œuvre d'éducation accomplie
PENDANT LA PÉRIODE DE RECONSTRUCTION ir
dans les États situés sur la ligne de démarcation est bien résumée par le Professeur Du Bois. « Dans ces États, le Delaware, le Maryland, la Virginie de l'Ouest, le Kentucky, le Tennessee et le Missouri, le développement des écoles nègres fut quelque peu différent. Le Missouri et la Virginie de l'Ouest établirent des écoles gratuites en même temps que les autres États du Sud, et ils avaient pensé aux nègres. Le Tennessee essaya d'inaugurer un système d'écoles pour les deux races en 1867, mais rencontra beaucoup d’obstacles, parmi lesquels il faut signaler une vive opposilion de la part de gens hostiles à l'instruction des enfants de couleur. Le Delaware, le Kentucky et le Maryland établirent un système d'écoles pour les enfants blancs, mais refusèrent de faire aucun projet pour les écoles de couleur; et, finalement, ils ne leur accordèrent que les impôts payés par les nègres. Ge n’est qu'en 1880 que les enfants de couleur furent, dans ces États, placés sur ie même pied que les blancs en ce qui concerne les écoles. La raison décisive en est donnée pour le Maryland par le surintendant Henderson dans son rapport de 1875-16. « Le relève- «ment de cette race est une affaire d'importance capitale, «puisqu'un bulletin de vote dans les mains d'un nègre « est tout aussi puissant que dans les mains d’un blanc. Aux 49,000 électeurs blancs incapables de lire leur bul- «letin de vote, il faut ajouter au moins 50,000 nègres, ce qui fait un total de plus de 90,000 électeurs illettrés, « chiffre supérieur au tiers de la liste électorale. » Opposition des blancs contre l'instruction des nègres. - Comme on pouvait s’y altendre, les écoles nègres n'élaient pas très en faveur auprès des blancs du Sud. Dans un trop grand nombre de cas, l'opposition fut telle qu'il fallut fermer ces écoles. Les deux
principales raisons de cette hosiilité militante contre les écoles nègres élaient d'une part les préjugés naturels de la population relativement à la race de couleur, et d'autre
part l'augmentation des impôts qu il fallait supporter pour établir et entretenir ces écoles. Les gens du Sud ne voulaient pas accepter de places dans les écoles nègres parce qu'ils craignaient par là de se dégrader. Le Æerald de Vicksburg, du 12 mai 1876, exprime ce sentiment quand il dit : « Le pronunciamento récent du professeur Cathright, le principal représentant des intérêts pédagogiques de l'État, renferme quelque bon grain et plus ou moins d'ivraie. Ses conseils aux maitres de l'État qui travaillent actuellement sous sa direction étaient bons jusqu'à un certain point; mais quand il essaie de persuader aux j jeunes filles de notre État de se faire institutrices pour les écoles nègres, il serait étrange que sa proposition fût reçue avec beaucoup d'enthousiasme. Il faut qu'une dame capable d'enseigner soit dans une misère bien profonde pour avoir recours à une école nègre afin d'en tirer les moyens d'une existence précaire ; et nous espérons que le temps ne viendra jamais où une véritable fille du Sud serait mise dans cette nécessité. »
Les instituteurs du Nord dans les écoles nègres du Sud.-— Puisque les gens du Sud ne voulaient pas enseigner dans les écoles des nègres, et que peu de gens de couleur étaient à même de le faire, les places étaient remplies par des maitres du Nord. La ma]orité de ces maitres étaient des diplômés de collèges ou d'écoles normales et, pour la plupart, ils avaient une haute valeur morale et intellectuelle. Inspirés par une véritable ardeur de missionnaires, ils quittaient des foyers
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