‹ L'éducation des nègres aux États-UnisChapitre 4 sur 126 · INTRODUCTION GE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION GE

l’aide de ces misérables électeurs, ils pouvaient affermir leur pouvoir, et combler leurs convoitises. Ces erreurs durèrent pendant toute la période de Reconstruction. Le résultat fut néfaste. Souvent le nègre, gonflé d’orgueil et d'insolence, et se sentant, de par la loi, légal du blanc — et parfois même son supérieur par le droit de vote — se rendit intolérable. De son côté, le blanc du Sud fut aigri et surexcité de voir l'attitude du nègre pendant la période de Reconstruction : il était tout disposé à donner sa bienveillance, mais on exigait presque sa soumission.

De là vient l’acuité du problème, et la difficulté de le résoudre. Il est vrai qu’un grand nombre de gens refusent d'étudier la question, parce qu'ils doutent qu’une adaptation suffisante puisse jamais s’accomplir entre les nègres libres et la race dominante; quelquesuns d’entre eux prétendent que le noir est incapable de progrès, tandis que d’autres craignent qu'il ne devienne un concurrent sérieux pour le blanc, augmentant ainsi, au lieu de la diminuer, l'irritation qui existe déjà. Îls renoucent à tenter quoi que ce soit pour trancher la question, persuadés que tous leurs efforts seraient inutiles. D’autres ne font rien, sous prétexte que le problème se résoudra de lui-même. lls se sont bercés de l'illusion que l'homme noir disparaîtrait graduellement, à l'instar de l’Indien américain ; que la pauvreté, les maladies, et le crime, réduiraient bientôt la race de telle sorte qu'il ne resterait plus de question nègre. Get espoir, cependant, a bien peu de chances de se réaliser. Les nègres, en effet, ne sont pas en train de disparailre, comme on aurait pu le croire au temps de l'Émancipation; au contraire,

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