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« Bien que ces chiffres soient donnés comme approximatifs, il est absolument hors de doute que l’on a raison d’en conclure que l'éducation des nègres n'impose aucun fardeau spécial aux contribuables blancs du Sud. Si l'opinion contraire est très répandue et acceptée généralement, cela prouve simplement qu'il suffit de répéter souvent une affirmation au sujet des nègres, sans l’appuyer sur rien, pour la faire accepter et la répandre.
« En général, les écoles pour blancs ont plus de jours de classe que les écoles pour noirs; le nombre des maitres blancs est plus élevé en proportion de la population scolaire, et ces maitres reçoivent en moyenne des traitements plus forts. Cette différence varie beaucoup, depuis les disproportions les plus frappantes dans certains États, . jusqu’à une similitude presque complète dans d’autres. Dans la Caroline du Sud, il y à 3,000 maîtres blancs pour 123,898 élèves, et 2,003 mailres nègres pour 146,477 élèves noirs. Les écoles sont ouvertes pendant 6 mois 81/100 pour les blancs, et 3 mois 65/100 seulement pour les noirs. Bien qué les noirs constituent les trois cinquièmes de la population, la somme allouée pour leur instruclion ne représente guère qu’un quart des fonds. consacrés à l'instruction publique. En Floride, les blancs ont 2,084 maitres pour 68,077 élèves, tandis que l’on accorde aux nègres seulement 645 maitres pour 41,797 élèves. Les traitements des maitres sont dans la proportion de 182 francs à 438 fr. 35 par mois, et le nombre de jours de classe dans la proportion de 95 à 89. D'autre part, dans la Caroline du Nord, en tenantcomptedes différences obligatoires dans l'instruction que demandent les deux races, le nombre des jours de classe et les traitements des maitres semblent être réglés d’une façon assez équitable. Dans l'État du Texas, dont les lois scolaires exigent que les deux races aient les mêmes avantages, il n y à lieu de se plaindre de rien au sujet du chiffre pro-
portionnel des maitres employés, de leurs traitements ou du nombre des jours de classe. Si les blancs sont quelque peu favorisés, on peut expliquer cette différence par d'autres motifs que la différence de race. Les maitres blancs reçoivent une moyenne de 245 fr. 25 par mois, landis que les maitres noirs gagnent une moyenne de 234fr. 30. Cette différence est sans doute due aux diplômes plus élevés que possèdent les maitres blancs. Les écoles pour blancs sont ouvertes en moyenne 5 mois 39/100, et celles pour élèves de couleur 4 mois 85/100. Cette légère différence peut être causée par la distribution et la densité relatives des deux éléments de la population.
« Dans l’ensemble, on voit que, alors que le nègre forme un tiers de la population des anciens États esclavagistes, cependant la somme dépensée pour son instruction est seulement un cinquième du budget total de l'instruction publique, c'est-à-dire que l'instruction d’un enfant de couleur coûte exactement la moitié de l'instruction d’un enfant blanc. »
Îl importe de se souvenir que l'administration des écoles communales dépend de chaque État et non du Gouvernement fédéral ; il en résulte un manque d'uniformité dans l’enseignement tel que l’ont organisé les différents États,
Organisation des écoles dans chaque État.
— Afin de se rendre un compte plus exact du fonclionnement des écoles communales gratuites, il sera nécessaire de faire un exposé rapide des conditions de ce fonctionnement dans chacun des anciens États esclavagistes,
Alabama. — Les fonctionnaires que comprend actuellement l'administration scolaire sont : un « State Superintendent », élu, des « County Superintendents », élus ou nommés, et des « Township Superintendents » élus ou noramés. La loi exige des établissements séparés pour
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les deux races, (School Laws, 1885, p. 29, section 52, el School Laws, 1885, p. 3, section 1) (1).
Les secours aux écoles, provenant de diverses sources, ne sont pas distribués proportionnellement à la population; les fonctionnaires de l'administration scolaire en font un partage « équitable » entre les deux races.
Les fonds recueillis pour l’entretien des écoles se répartissent, en 1900, de la facon suivante :
Subvention de l'État. . . . . . $ 350.000 Intérêts des fonds de la 16° section. 145.000
Impôt de CAPLiA ON ER 155.000 Total. +. ete TEO
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Cette somme fut depuis portée à un million de dollars, grâce à une subvention complémentaire, grâce aussi à de nouveaux intérêts et à des impôts spéciaux.
En 1901, au 6e Congrès nègre, l'université d'Atlanta fit sur l'enseignement dans l'Alabama l'exposé suivant :
« 30 0/0 des enfants nègres suivent régulièrement les classes, qui durent soixante-deux jours par an.
«Il y avait en 1900, parmi les jeunes gens de cinq à vingl ans inscrits dans les écoles : à
Blancs, 394,152 soit 53 8 0/0 Nègres, 338,980 soit 46 2 0/0
« En 1899, les établissements scolaires étaient au nombre de :
4,646 pour les blancs 2,320 pour les nègres
et les instituteurs de :
(1) Lois scolaires, p. 3: « L'Assemblée générale devra établir, organiser et entretenir des écoles communales dans tout l'État. Tous les enfants de l'État, depuis l’âge de sept ans jusqu'à l’âge de vingt et un ans, profiteront également de ces écoles, mais il y aura des écoles spéciales pour les enfants d’origine africaine: »
4,773 dans les écoles de blancs :
2,301 dans les écoles dé nègres.
Moyenne des traitements mensuels {1).
Écoles de blancs Écoles de nègres | $ 25 05 $ 17 66 Jours de classes : 68 jours. 62 jours.
« Il y avait en plus de ce nombre 590 instituteurs de À
race blanche et 320 instituteurs nègres, répartis entre les circonscriptions scolaires urbaines,
« Le traitement des instituteurs, la durée de l’année scolaire, et d'une façon générale les mesures prises en vue
de l'enseignement de la jeunesse, sembleraient indiquer
qu'aux nègres sont accordés à peu près 20 0/0 des fonds
scolaires, e’est-à-dire, en 1899, une somme d’environ $ 130,000. :
Elle se répartit ainsi :
HHpOEde CapitationM',x. S 37.344 77 Intérêts de la « 16e section » fond. 66.990 00 Contributions directes estimées. . 30.000 00
TEE PR ETSMETR ET REETREL « L'on est en droit de supposer que l'instruction des nègres de l’Alabama ne coûte pas un centime aux contribuables de race blanche, sauf dans certaines villes telles que Mobile, Birmingham et Montgomery. »
L'État de l'Alabpama était classé le seizième, en 1890, pour le degré d'instruction des nègres.
1870 1880 1890 (1900, hommes de 21 ans au moins.) lilettrés. 88 10/0 80 60/0 69 1 0/0 * 59 50/0
Arkansas. — Les fonctionnaires se composent d'un « State Superintendent », élu pour deux ans: un « County Exami-
(1) Les maîtres ne sont payés que pour les mois de classe, c'est-àdire trois mois de l’année environ. Le reste du temps, ils doivent vivre d’autres travaux.
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ner », désigné par le Tribunal de chaque comté; un « Director of Schools », élu par chaque circonscription scolaire. La loi rend obligatoire la séparation des écoles pour blancs et noirs et recommande d'uniformiser l'enseignement donné dans les différentes écoles (1).
Les revenus scolaires de 1900 se décomposaient comme sui :
-Excédent détrecettes (2) 00m 570.595 Fonds des écoles communales de l'État . 446.557 : Contributions des CÉFEPOS CHE URQES Fe 805.412 : Impôt de la capitation. . . + . +. . 163.564 Autres SOUrLES PEN ee SO NT RCI LOUE MTotalses OPA ADO art
En 1900, le corps enseignant comprenait 4 Blancs Nègres Instituteurs. . . 3.314 845 Institutrices . 02-207 596 Total: CHINETERTETETSE ALAN
La moyenne des traitements des instituteurs et institutrices varie, suivant leur grade, &e $ 24 à $ 37.
Les jeunes gens de cinq à vingt ans se répartissaient en 1900 comme il suit :
(1) Voici le texte de la loi relative aux écoles séparées pour les nègres : « L'intelligence et la vertu étant la sauvegarde de la liberté et la défense d'un gouvernement bon et libre, l'État devra toujours entretenir des écoles convenables, suffisantes et ouvertes à tous, dans lesquelles toutes les personnes de l'État, depuis l’âge de six ans jusqu'à l’âge de vingt et un ans, pourront recevoir l'instruction gratuite. (Lois scolaires, 1897, p. 9.)
« Ce même Comité devra veiller à ce qu'il soit créé des écoles séparées pour les enfants blancs et de couleur. » (Lois scolaires, 1897, p. 9.)
(2) Les fonds scolaires, à un moment donné de l’année, sont répartis équitablement dans chaque district; mais les différents revenus ne sont pas toujours réunis au moment où la répartition est faite; l'excédent des recettes est alors reporté sur l'exercice de l’année suivante.
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« Nous n'avons pas sur les frais d'entretien des écoles des deux races d’autres données que le dénombrement des instituteurs. D'après ce dénombrement, les écoles nègres ne peuvent coûter beaucoup plus de $ 400.000 ; peutêtre les frais n’atteignent-ils pas même ce chiffre. Pour subvenir à cette dépense, l'on a 4 l'impôt de la capitalion, prélevé sur 87,000 nègres: 2 la quote-part des revenus des terres concédées à l'État par le gouvernement fédéral pour les besoins des écoles ; 3 les contributions directes des nègres. Il est évident que ceux-ci versent au moins les 3/4 des fonds destinés à l’entrelien de leurs écoles (1). »
La durée de l’année scolaire à été en moyenne de
15 journées en 1890 et de 70 en 1899. L'Arkansas occu- :
pait en 1890 le neuvième rang pour le degré d'instruction des nègres.
1870 1880 1896 (1900, hommes de 21 ans au moins.)
Ilettrés. Si 20/0 750/0 536 0/0 44 8 0/0 Delaware. — De 1875 à 1887, les écoles furent contro-
lées par un « State Superintendent », nommé (ous les ans ?
par le gouvernement de l'État. Des mesures furent également prises en vue de la création d’un Conseil supérieur de l’Instruction. En 1887, la charge de « Superintendent » L O fut abolie, et l’on institua dans chaque comté des «County Superintendents » désignés pour un an. Jusqu'en 1875, il n'y avait d'écoles communales dans le Delaware que pour les blancs. Les nègres, antérieurement, envoyaient leurs
(1) The Negro Common School, p. 60, Atlanta University Publicalions, n° 6.
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enfants à des écoles libres. La « Delaware Association for the Moral Improvement and Educalion of the Colored People» contribua largement, durant cette période, à l'enseignement de la race noire,
En 1875, l'Assemblée générale fixa, par une loi, les impôts à prélever sur les noirs pour subvenir à l'entretien de leurs propres écoles, Les sommes recueillies à cet effet furent remises à l'Association déjà mentionnée; elles couvrirent à peine le tiers des frais; le reste fut fourni par les souscriptions et les contributions volontaires des nègres, Jusqu'en 1881, les noirs furent seuls à supporter les frais d'entretien de leurs écoles. En 1881, l’Assemblée Générale réserva une somme de $ 2,000 pour être distribuée tous les ans aux écoles nègres de l'État, Cette somme fut portée à $ 5,006 en 1883, à $ 6,000 en 1887, et fut fixée en 1891 à $9,000 (4). La plus grande partie des revenus des écoles provient des fonds scolaires de l'État. Ceux-ci sont constitués principalement par la part de la subvention du gouvernement fédéral attribuée à l'État de Delaware, à laquelle il faut ajouter certains droits perçus par l'État. Les nègres, à la fois contribuables et électeurs, ont droit à une part de ces capitaux. Ils ne l'ont pas touchée, et au lieu d'être redevables aux blancs de leur instruction, comme ceux-ci le prétendent, les nègres du Delaware, par l'effet d’une répartition défectueuse des impôts, ont largement contribué à l’entrelien des écoles des blancs.
Les statistiques montrent que 33 84 0/0 des enfants noirs du Delaware fréquentent assidûment les classes pendant l'année scolaire, qui est en moyenne de 141 journées par an,
Dans l’année 1898-1899, il y avait dans l'État de Dela-
() Cf. Lyman P, Powell, History of Education in Delaware, pp. 168-171. |
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