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XU INTRODUCTION
leur nombre augmente en dépit de multiples conditions défavorables. Le dernier recensement de 1900 montre que le nombre des naissances parmi eux est plutôt élevé, tandis que le chiffre des décès, quoique plus grand de beaucoup que parmi les blancs en général, ne l’est pas plus, en somme, que parmi les blancs pauvres et ignorants des États-Unis et de l’Europe. C’est un fait que l’on peut attribuer à leur changement de condition, changement auquel la race s’a: daptera graduellement. Comme solution, on a proposé de déporter en masse toute la race, ce qui donnerait aux noirs les moyens de travailler à leur propre salut, sans obstacle ni aide de la part des blancs. Pour séduisant que paraisse ce plan, il est impossible de le mettre en pratique. Les nègres, à la différence des autres immigrants, ne sont pas responsables de leur présence en Amérique. On ne saurait donc les en chasser par la force. Et quand bien même ils seraient disposés à quitter le sol des États-Unis, le gouvernement ne pourrait fournir les navires nécessaires, ni pourvoir financièrement au transport de la population noire, qui est actuellement de près de neuf millions d'individus, si l’on tientcompte de son augmentation naturelle pendant le temps que demanderait cette opération.
Il est clair que ces millions de gens de couleur, qui vivent dans le pays, y sont pour y rester. Le problème
ne consiste pas à savoir s'ils doivent être aidés et
instruits. Ce dont il s’agit, c’est de savoir quel est le genre d'instruction qu'il faut leur donner. Ils forment 40 0/0 de la population des États du Sud. C’est donc un élément avec lequel il faut compter. S'ils
INTRODUCTION XIIT
progressent, le Sud progresse, S'ils rétrogradent, il faut se convaincre qu'ils deviendront pour le pays un fardeau intolérable.
Beaucoup de désaccords se sont manifestés au sujet de la solution opportune à donner à ce problème éducatif; mais le point de départ a toujours été le même : comment instruire le noir de manière qu'il aide au progrès du blanc, ou au moins ne le gêne pas? Il est vrai que quelques philanthropes ont regardé le problème en se plaçant au seul point de vue du nègre, et ont préconisé un enseignement qui tendrait à développer au plus haut point l'individu, sans nul égard pour les droits de son milieu. Les vues de ces éducateurs ont paru illusoires. D’autres amis plus clairvoyants du nègre ont cru qu'il était possible de donner à l’homme de couleur un enseignement qui réaliserait le plus haut développement dont il est capable comme individu, et qui ferait en même temps de lui un membre utile pour la société au sein de laquelle il vit. La majorité de la race dominante, cependänt, n'oublie pas ainsi ses préjugés en abordant le problème nègre; et les sentiments de cette majorité ont donné cours à cette phrase si souvent répétée, que « ce pays est un pays de blancs », ce qui indiquerait que les noirs n’y ont ni part ni privilèges. L'éducation du nègre, par conséquent, considérée au point de vue du blanc, doit remplir deux conditions: elle doit le dépouiller de ses tendances criminelles, afin qu’il ne soit pas un membre dangereux de la société, et elle doit le mettre à même de se suffire à lui-même, afin qu'il ne soit pas un fardeau pour ses semblables, avec cette réserve, cependant, sur laquelle insistent les Syn-