‹ L'éducation des nègres aux États-UnisChapitre 47 sur 126 · INT · texte numérisé non relu

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thèse être une préparation au travail dont ils vivent; elle devrait les mettre en harmonie avec leur milieu, loin de les inciter à s’insurger contre lui.

On a déjà déclaré avec énergie que les besoins urgents du nègre sont : une meilleure habitation, une meilleure nourriture, des vêtements plus confortables. Le progrès intellectuel et moral de la race n’est possible que si l’on satisfait d'abord ses besoins matériels. On admet sans discussion que l'énergie du noir doit être dirigée eu vue de l'acquisition de la propriété, et particulièrement, de la pleine et entière possession de maisons, où la famille puisse vivre avec plus de décence et de confort que dans l'ancienne hutte à une seule chambre. Si la race noire

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veut échapper à l'écrasante misère d'aujourd'hui, ses mémbres doivent devenir assez habiles dans les diverses industries pour être des facteurs nécessaires au progrès de‘la nation; et, de fait, aucun peuple ne peut espérer échapper au travail de la bête de somme, s'il n'est pas préparé à se servir parfaitement des machines qui épargnent à l'homme ses sueurs, car la puissance productrice des travailleurs inexpérimentés est, à notre époque d'inventions, insuffisante pour fournir à un peuple les objets même les plus nécessaires à l'existence. Ce n’est pas là seulement pour le nègre une question de progrès matériel et social : sa vie même, en présence de la lutte générale pour l'existence, dépend de l'accroissement de son habileté industrielle. S'il perd possession de ce petit nombre de gagne-pain qui lui demeurent encore, la race est condamnée à disparaître, puisque extrême pauvreté veut dire diminution de vitalité, moindre force de réaction contre la maladie, augmentation de la mortalité infantile, plus grande tendance au vice, due au milieu défavorable, toutes choses qui amènent nécessairement la rapide extinction de la race.

L’artisan nègre avant la guerre. — Sous le

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vieux régime des États du Sud, le nègre avait peu à lutter contre les blancs, et était pratiquement seul dans le champ économique. Malheureusement, il ne possédait pas la discipline intellectuelle qui, jointe à la dextérité manuelle, aurait pu faire de lui un habile artisan. Cependant les esclaves les plus intelligents et les plus capables étaient choisis pour recevoir une éducation dont on les jugeait susceptibles, et sous la direction d'habiles ouvriers de race blanche ou de nègres expérimentés, ils apprenaient différents états. Dans presque toutes les plantations et dans tous les villages, il y avait des esclaves forgerons, bourreliers , Charpentiers; tous les métiers en somme qui réclament l'habileté manuelle, étaient exercés par des ouvriers nègres ; dans les ports, il y avait des arrimeurs esclaves, aussi bien que d’habiles marins de race noire. L'artisan nègre jouissait d’un grand nombre de privilèges, qui n'étaient pas accordés aux ouvriers des champs moins favorisés, et cette liberté plus complète développait chez lui un sentiment d'indépendance et de respect de lui-même, qui manquait nécessairement aux autres esclaves. On lui permettait souvent de « louer son temps » à son patron, contre une somme convenue, et de garder pour lui tout ce qu'il pourrait gagner en plus de ladite somme. Il possédait d'ordinaire une cabane séparée des habitations communes, et il pouvait ainsi exercer une surveillance plus active sur sa famille. Cette situation-lui permettait de développer en lui des qualités morales inconnues aux Ouvriers des champs (1). On découragea,

(1) John $S. Durham, The Labour Unions and (he Negro. Atlantic Monthly, vol. 81, p. 224.

Cf. B. T. Washington, The Future of the American Negro, pp. 54- 56. « Chacune des grandes plantations, habitées par des esclaves, était en un certain sens une école industrielle. Sur ces plantations vivaient un grand nombre de jeunes nègres et de jeunes négresses soumis continuellement à un apprentissage non seulement comme fermiers, mais comme charpentiers, forgerons, charrons, plâtriers,

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