‹ L'éducation des nègres aux États-UnisChapitre 48 sur 126 · LAN · texte numérisé non relu

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cependant cette pratique, parce que Fon craignait que de tels esclaves ne devinssent trop indépendants, et, dans un certain nombre des États du Sud, on vota des lois interdisant cette coutume (4).

The Negro Artisan (2) nous permet de constater le grand nombre d'habiles artisans nègres qui existaient dans tous les États du Sud avant la guerre civile, L'auteur de ce travail cite, comme faisant autorité, le témoignage d'un ex-Gouverneur du Mississipi, Mr. Lowery, qui dit: « Avant la guerre civile, il y avait un grand nombre d'ouvriers nègres dans les États du Sud. Beaucoup d’entre eux étaient d'habiles forgerons, charrons, fabricants de chariots, maçons, charpentiers, plàtriers, peintres el cordon : niers. Ils devenaient maitres ouvriers dans leurs métiers respectifs, après s'être exercés pendant un lemps assez long, sous le contrôle et la direction d'ouvriers expérimentés de race blanche. Avant l'abolition de l'esclavage, le contrat qui donnait au nègre le brevet d'artisan était passé entre son maitre et l'ouvrier en chef, »

En ce qui concerne l’état légal de l'artisan nègre avant

macons, mécaniciens, constructeurs de ponts, cuisinières, couturières, ménagères, etc. Cet apprentissage était rudimentaire et donné dans un but égoïste. II ne répondait pas au but le plus élevé de l'éducation, à cause de l'absence de culture intellectuelle, qui eût complété la formation matérielle.

«Cependant, ces relations d'affaires avecles blancs du Sud et l'éducation industrielle recue par les nègres sur les plantations Îles mirent à la fin de la guerre en possession de tous les métiers et de toutes les industries dans les États du Sud. Pendant environ vingt ans après la guerre, on méconnu, sauf dans un ou deux Cas, la valeur de la formation industrielle donnée par les anciens maîtres d'esclaves. Au bout de vingt ans, ceux qui étaient des ouvriers exercés commencèrent à disparaitre, la mort faisant des vides dans leurs rangs, et, petit à petit, l'on s'apercut qu'il n'y avait personne qui fût capable de les remplacer. »

(1) 3. R. Brackett, The Negro in Maryland pp. 104107.

(2) Fhe Negro Artisan, À Social Sludy (Atlanta University Publications), n° 7; 1902.

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là guerre, l'étude que l'on vient de mentionner donne les renseignements suivants : « D'ordinaire, les lois n'inlerdisaient pas aux esclaves d'apprendre des métiers. D'autre part, les lois dirigées contre l'enseignement des esclaves empêchaient réellement les ouvriers d'acquérir dans leur branche une très grande habileté ; sauf dans des cas très rares, leur travail se faisait mécaniquement à l'aide de moyens malériels et primitifs. Dans la Caroline du Nord, on permettait aux esclaves d'apprendre le caleul, mais la lecture et l'écriture leur demeuraient interdites. En Géorgie, en l'an 1833, un décret parut, interdisant de donner à un nègre un travail exigeant la connaissance de l'écriture. Graduellement, ces lois augmentèrent de sévérité. Au Mississipi, en 1836, on exclut les esclaves des ateliers d'imprimerie, et la Géorgie déclara, en 1845, que les esclaves el les nègres libres ne pourraient pas faire de contrats pour bâtir ou réparer les maisons, en tant qu'artisans ou maçons. Ces mesures coertitives, cependant, ne furent pas universéllement observées, surtout en ce qui concerne les métiers relatifs à l'architecture, et les ouvriers esclaves continuèrent à prospérer. » D L'artisan nègre après la guerre.-— Pendant une longue période après la guerre civile, l'éducation industrielle reçue par les ouvriers nègres ne fut pas estimée à sa juste valeur et elle fut négligée ; d’un côté, les anciens maitres n'avaient pas d'intérêt à faire travailler les noirs, et ils avaient encore moins d'autorité sur eux. D'autre part, les nègres jugsaient à propos d'améliorer la condition de leurs enfants en les destinant à toutes les carrières, sauf à celles que leur milieu et leurs capacités leur eussent permis d'embrasser, Avec le temps, tous les charpentiers, maçons el forgerons de race noire disparurent, et bien peu de leurs enfants se montrèrent capables de les remplacer dans les seules branches dans lesquelles ils auraient pu lutller avec la race aryenne. Une par une, les

places occupées jadis par les anciens esclaves furent saisies par d'habiles ouvriers de race blanche, venus du Nord, ou par des étrangers d'Europe et d'Orient. La buanderie chinoise, et le blanchissage à la vapeur, ont remplacé le baquet du nègre; des artisans et charpentiers habiles et bien exercés occupent la place laissée vide par l’esclave à l’établi. Toutes les industries, de fait, échappent rapidement aux nègres dans le Sud, tandis que les « Trade Unions » leur ont fermé les portes dans le Nord.

Le nombre des débouchés commerciaux offerts aux noirs diminue chaque année, parce que ces derniers ne font aucun progrès, faute d'éducation spéciale. Comme nous venons de le dire, les syndicats opèrent contre les nègres pour les chasser du Nord. Mais dans le Sud aussi, cette lutte est engagée; et partout où le noir est un peu inférieur au point de vue de travail, partout même où sa valeur n'est qu'égale à celle du blanc, sa place est prise par un ouvrier de race blanche ; le malheureux n’a plus d'ouvrage à espérer pour l'avenir, dans les endroits où existent des associa tions de travail. Il est donc important pour les noirs de reconquérir leur ancien rang dans le monde industriel, en apprenant à travailler intelligemment et à devenir indépendants, au lieu de descendre aux plus basses occupalions, qui ne demandent aucune adresse ; car c’est folie de supposer qu'ils puissent lutter avec les blancs dans les professions libérales, dans lesquelles ces derniers ont à leur avantage des siècles de pratique et de formation, pour ne rien dire de la richesse et de la considération, qui permettent seules d’aspirer à ces carrières. Cela ne veut pas dire que la formation industrielle soit nécessairement opposée à la haute culture. Il est généralement admis que l’'éducation, pour l'enfant nègre comme pour le blanc, doit être

plus qu'un simple gagne-pain. Elle doit développer lesprit et lui donner toute la culture qu'il est susceptible de

recevoir. L'éducation ne doit pourtant pas créer des be-

soins que le travail du noir ne puisse satisfaire. Il y a plusieurs années, un des principaux journeaux du Sud proposait certaines questions.à des éducateurs bien connus des deux races, à des pasteurs noirs et de race blanche, et à d’autres personnages en vue: ces questions concernaient les avantages relatifs de l'éducation supérieure, el de la formation industrielle. La réponse de l'Évêque W. B. Derrick (de New-York) résume admirablement les vues mêmes de ceux qui défendent la formation industrielle. 11 croit que le jeune noir de la génération actuelle doit être instruit dans l'industrie et les arts mécaniques,

et qu'il faut négliger davantage le côté scientifique ou ar-

tistique. Il écrit ce qui suit :

CI vaudra mieux, je crois, pour ces garçons el ces jeunes filles, recevoir une formation complète dans les matières enseignées à l'école primaire, avec une instruction spéciale dans les arts mécaniques et l'agriculture, que de viser à l'éducation supérieure ou classique.

« C'est pour cette raison que jesuis opposé à l'éducation supérieure de la présente génération de la race noire : les nègres n'ont pas encore amassé la richesse nécessaire pour permettre à leurs enfants, munis d’une formation supérieure, d'acquérir des situations dans ces professions libérales pour lesquelles il faut nécessairement posséder une certaine fortune, de façon à pouvoir vivre, Jusqu'à ce que l'on obtienne de l'avancement. En d’autres termes, les parents des jeunes noirs ne sont pas assez riches, pour pourvoir à l'éducation de leurs enfants et les soulenir, ensuite, Jusqu'à ce qu'ils aient dépassé la première période peu lucrative de leur vie nouvelle, Le temps n'est pas encore venu pour le nègre de se faire l’ornement de la s0ciété, avec avantage pour sa race. Non: Je pense qu’il avancera plus sûrement et plus rapidement, en élevant graduellement sa progéniture jusqu’à la formation supérieure. Enseignez à cette génération à travailler, à fabri-

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quer, où à conduire des entreprises commerciales. Quand les noirs auront amassé la richesse, ils pourront alors librement destiner leurs enfants à toutes les positions, auxquelles les blanes ont dès maintenant accès, et leur donner une formation dans toutes les branches de la science et de la culture de l'esprit (4). » |

Certains prétendent que l’école ne doit s'occuper que du développement intellectuel du jeune noir, et que la préparation d’un métier ne doit pas faire partie du programme scolaire, Ces gens voudraient envoyer le Jeune homme chez le forgeron, chez le charpentier, ou chez le bourrelier, sous les ordres duquel il pourrait apprendre Pindustrie choisie par lui, en qualité d'apprenti. Cela serait une mesure d'économie, qui permettrait de supprimer le matériel coûteux et les lourdes dépenses courantes nécessités par les écoles industrielles. Ce procédé mettrait en outre Île jeune ouvrier à même de se familiariser plus étroitement avec toutes les particularités de son métier.

Quelque plausibles que ces arguments puissent paraitre, ils ne s'appliquent pas aux méthodes de lravail actuellementen vigueur en Amérique. Partout où le système de l'apprentissage existe encore, le nègre ne peuten profiter, Les syndicats ne permettent qu'à un nombre limité de jeunes blancs de devenir apprentis, et les jeunes nègres ne peuvent même pas solliciter cette faveur. Si les associations de travail opèrent contre l’ouvrier de race noire, il est évident qu'elles excluent rigoureusement des usines, des fabriques et des ateliers tous les jeunes nègres qui désireraient s'instruire dans les différentes industries. Peu importe l’ardeur au travail et l'intelligence d’un jeune noir ; il ne peut entrer dans un établissement avec l'espoir d’apprendre un métier, et de parvenir, de degré en degré, jusqu'au sommet de l'échelle industrielle. Il est vrai qu'il

(1) Cf. Report of the Commissioner of Eduralion, 1895-1896, p, 2094,

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peut ‘être accepté comme garcon de courses où comme manœuvre, mais il ne doit pas aspirer plus haut.

Si l’on admet cette vérité, que l'éducation industrielle est maintenant pour le nègre un besoin impérieux, et que, d'autre part, il ne peut l'acquérir comme son père dans la plantation, ou comme l'enfant d'un blanc appartenant à une association, dans les ateliers, il est évident qu'il ne lui reste plus qu'un moyen de se former, et ce moyen est l’école technique. Personne ne peut lui contester le droit d'aspirer à une telle formation s'il montre, comme il le fait, des capacités suffisantes pour profiter de cette instruction. Il est admis en outre, unanimement, que le système d'éducation de ces écoles ne doit pas seulement viser à donner au nègre une habileté pratique dans tous les détails des différents méliers, mais qu'il doit aussi insister sur les méthodes commerciales, demeurées jusqu'à présent si étrangères à la formation du nègre et à son tempérament.

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L'Enseignement agricole. — Beaucoup soutiennent que l’enseignement agricole, sous ses différentes formes, doit avoir la préférence sur loutes les autres branches de Péducation industrielle, attendu que la ppssession de la terre, c’est-à-dire d’une ferme et des terrains de culture qui en dépendent, sera, à ce qu'on croit, le facteur le plus puissant du relèvement de la race, et de plus, pour cette autre raison, que les intérêts des nègres ont été, pendant des siècles, intimement liés au sol, et que la race semble d’ailleurs posséder une aptitude spéciale pour

| cette forme de travail manuel. Or, il est bien évident que le côté pratique de l'éducation de l'enfant ne doit pas être indépendant du genre de travail qu'il aura à accomplir plus tard ; en conséquence, les nègres ayant été, et étant

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encore aujourd'hui les principaux facteurs des travaux agricoles dans le Sud, tout projet d'éducation qui négligerait de les préparer à cette tâche serait certainement fautif(1). Le recensement de 1890 à montré qu'environ 700,000 nègres mâles étaient classés comme ouvriers agricoles ; plus de 500,000 nègres étaient fermiers, intendants ou planteurs ; environ 250 000 noirs possédaient les maisons qu'ils habitaient et Les fermes qu'ils cultivaient. Le même récensement portait 377,639 négresses employées comme ouvrières sur les fermes, tandis que 50,000 négresses appartenaient à la classe des fermiers, des planteurs et des intendants(2). Les résultats du 12° recensement, si l’on juge par eux de la situation actuelle, dénotent une augmentation du nombre des fermiers nègres indépendants. Les chiffres sont éloquents et indiquent la prospérité croissante de la race nègre (3).

(1) D'après M. B. T. Washington (Progress of the American Negro), en 1900, les nègres exploitaient 33 0/0 des fermes dans la Floride, 39 9 0/0 dans la Géorgie, 42 1 0/0 dans l’Alabama, 50 2 0/0 dans la Louisiane, 27 1 0/0 dans le Mississipi. Le nègre a donc une importance fondamentale dans l’agriculture du Sud.

(2) Cf. Rapports du 11° Recensement, 1890, Agriculture.

Cf. Henry Gannett, Occupalions of the Negroes, dans le Report of the Commissioner of Educalion, 1894-1895, pp. 1384-1396.

(3) Rapport du Recensement des États-Unis, 1900. — Sur les 5,139,657 fermes des États-Unis, au er juin 1900, 4,970,129, ou 86 6 0/0, étaient exploitées par des fermiers de race blanche, et 169,528 ou 13 4 0/2 par des nègres et des indigènes. L’étendue moyenne des fermes exploitées par les nègres est de 51 2 acres.

Douzième Recensement. Agriculture, Are partie, page CV. — Pour toutes les divisions géographiques, les chiffres montrent que le nègre tend à devenir de plus en plus propriétaire des fermes. Le pourcentage des fermes occupées par des possesseurs partiels est visiblement supérieur à celui des exploitations entièremeut possédées par leurs tenants, comme la table CIV le montre. Les nègres achètent de petites fermes, qu'ils sont assez riches pour payer, et louent en plus d’autres terres. Cette méthode leur donne assurance de garder ce qu'ils ont précédemment acquis, plus qu’aucune autre méthode qu'ils pourraient adopter : elle est de bon

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Booker T. Washington, principal de l’Institut normal et industriel de Tuskegee, ce nègre éminent, l’auteur des

augure, pour l'acquisition future par les nègres des terres dont ils sont actuellement les fermiers.

Les progrès comparatifs des deux races dans les États Ne ere du Sud, depuis l'Émancipation, sont mis en pleine lumière par ce parallèle. En 1860, dans les South Atlantic States, il y avait 301,940 fermes, toutes pratiquement exploitées par leurs propriétaires ou par des fermiers blancs. En 1900, il y avait 613,354 fermes, exploitées par des fermiers de race blanche, parmi lesquelles 450,541 étaient dirigées soit par des agriculteurs possédant entièrement ou en partie les terres de l'exploitation, soit par des gérants de race blanche, soit par des fermiers ou des métayers.

En une période de quarante ans, le nombre des fermes exploitées par des fermiers de race blanche a augmenté de 371,414, et, sur ce nombre, 148,601, où 40 1/0, étaient des fermes administrées par des propriétaires ou des intendants, et 222,813, ou 60 0/0, des fermes cultivées par des fermiers. Pendant la période qui vit cette augmentation du nombre des fermiers de race blanche dans les États Atlantiques du Sud, 287,933 nègres avaient obtenu la direction indépendante de terres d'exploitation. Parmi eux, 202,578, ou 70 4 0/0, étaient fermiers, et 85,355, ou 29 6 0/0, étaient propriétaires ou gérants. En examinant ces chiffres comparatifs, on doit prendre en considération les faits suivants: A la fin de la guerre civile, Îles nègres ne faisaient que commencer à servir contre paiement. Ils ne possédaient pas de terres et n'avaient aucune expérience comme propriétaires ou tenants de fermes, et aucun d'entre eux ne pouvait devenir propriétaire par héritage, ni acquérir par la même voie l'argent nécessaire à acheter la terre. Parmi les 371,414 agriculteurs de race blanche, qui, depuis 1860, s'étaient ajoutés au nombre déjà existant, beaucoup étaient fils de propriétaires de terrain et acquéraient ledit terrain, ou l'argent nécessaire à son achat, par voie d'héritage. Lorsqu'on prend en considération cette différence de la condition industrielle de la race, le fait que le nombre relatif des propriétaires-fermiers nègres dans les États Atlantiques du Sud, en 1900, se trouvait être quatre fois plus grand que le nombre relatif des fermiers-propriétaires de race blanche, dans les mêmes États, dénote un progrès des plus remarquables (p. GVIL).

Page CX: « Les nègres cexploitaient 746,717 fermes, parmi lesquelles 716,514, soit 96 0/0, étaient munies de bâtiments. Ces fermes avaient une superficie totale de 38,233,933 acres, parmi lesquelles,

23,362,798, ou 61 1 0/0, étaient des terres améliorées, et 14,871,135, ou

38 9 0/0, des terres non améliorées! La valeur totale de ces fermes était de $ 449,943,134; $ 324,244,397 représentaient la valeur de la

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livres si connus he Future of the American Negro et Up from Slavery, écrit : « L'agriculture est ou a été l'industrie fondamentale de toutes les races et de toutes les nations prospères. Le nègre s’en est convaincu durant la période de servitude. C'est pourquoi il est maintenant, dans une vaste mesure, en possession de celte industrie dans le Sud. Prenons l'ensemble des États du Sud : on peut dire que 80 0/0 des nègres y vivent de l'agriculture, Sous quelque forme que ce soit. Ces formes d'agriculture, il est vrai, sont quelquefois très primitives et très rudimentaires. Les nègres peuvent en général acheter des ‘ terres dans le Sud, partout où le blanc peut le faire, fi et à des prix très modestes. Or, puisque la grande masse aan de nos frères noirs sortent de familles d'agriculteurs, et se | trouvent dans léur élément, quand ils demeurent à la campagne el sont engagés dans les affaires agricoles, le meilleur parti à prendre, le parti logique consiste évidemment à diriger la plus grande somme de nos forces vers ce but, qui fera des noirs une des races agricoles les plus habiles du monde eñtier. Le nègre qui peut par lui-même devenir assez remarquable comme fermier, comme gros payeur d'impôts et soutien avisé de ses semblables, pour se trouver, par la sélection naturelle, placé dans une position qui lui vaille la confiance et le respect (que cette situation soit politique ou non) le nègre, dis-je, est cent fois mieux en sûreté dans cette situation, que celui qui n’y

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terre et le prix des améliorations à elle apportés, bâtiments exclus:

$ 11,903,315 figuraient la valeur des bâtiments ; $& 18,859 “Ta: dés gnaient la valeur des instruments de toute espèce, et $ 84 936 265, celle du bétail vivant, »

Page CX: « Il semble que la valeur des propriétés appartenant aux nègres, à la date du 1er juin 1900, était approximativement de $ 200,000,000, soit un peu moins de $ 300, en moyenne, pour chaque fermier nègre. La valeur comparée des fermes appartenant aux gens de race blanche, aux États-Unis, à la date du 1e juin 1900, était de $ 15,664,608,045, s se

DU NÈGRE 187 serait mis que par une force extérieure à ses mérites intrinsèques.

« Aidons le nègre, par tous les moyens possibles, à acquérir dans les choses du fermage, dans les travaux de laiterie, dans l'élevage du bétail, dans l’horticulture, etc. une éducation capable de le placer au premier rang dans ces industries, et le problème de l'avenir de la race sera ent grande partie résolu, ou, du moins, débarrassé de ses questions les plus inquiétantes. Cette ligne de conduite tendrait en outre à maintenir les nègres à la campagne ou dans les petiles villes, où ils réussissent le mieux, et à refréner leur penchant à s’agglomérer dans les grandes villes, où ils ne réussissent pas aussi bien. La race, de même que l'individu, qui produit quelque chose d'une valeur supérieure, et ayant un intérêt humain général, gagne par là même une place certaine et indubitable dans la lutte pour la vie (1). »

(1) Cependant il faut remarquer que le nègre a souvent de terribles obstacles à vaincre. John M. Erwin, The Negro, a Business Proposition, The Outlook, vol. 69, p. 815, novembre 3/1901, écrit : « Dans beaucoup de plantations du Sud, le nègre est un serf industriel... 11 est ou fermier ou « cropper ». Le fermier doit tout fournir, excepté la terre, et donner au propriétaire une partie de la récolte. Le « cropper » fournit son travail seule: ment; le propriétaire fournit tout le reste et donne au « cropper » une partie de la récolte... Ni le fermier ni le « eropper » n'ont d'argent pour acheter des approvisionnements. Même si l’on a confiauce en eux ailleurs, ils sont généralement tenus d'acheter leurs denrées à leur propriétaire. La concurrence étant ainsi supprimée, le propriétaire a le pouvoir d'imposer les prix des approvisionnements. Si à n'importe quel moment ce propriétaire pense que les récoltes ne sont pas soignées convenablement, il prend des ouvriers du dehors pour conduire la culture à son goût et fait payer les frais au fermier. Le propriétaire tient les livres et dispose du coton au moment des règlements. Si l'étit des récoltes et les livres montrent que probablement le nègre arrivera au bout de l’année avec quelque chose à son crédit, on essaie de lui vendre un orgue, ou un cabriolet, ou quelque autre chose extravagänte pour absorber ses bénéfices.

En outre du désir de gagner sur les marchandises, il y a une

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Un autre argument sérieux, en faveur de l'éducation agricole des nègres, est tiré de ce fait, que le noir, sur les petites exploitations, ne vient pas en contact avec les Associalions de Travail, contact funeste pour lui. Les

fabriques peuvent lui être fermées, mais le marché agri-

cole, et la ferme d'élevage, lui demeurent toujours accessibles. La couleur de sa peau peut lui interdire bon nombre de débouchés, mais s’il est capable de produire de bon blé et d'excellentes pommes de terre, si son beurre est le meilleur du marché, il verra l'acheteur s'inquiéter peu de savoir si le producteur est un blanc ou un noir. Sur la petite ferme, de plus, il est un travailleur indépendant : il est, à un moindre degré, victime du contact avec la race blanche, et des préjugés de cette dernière. À vrai dire, le milieu le plus favorable à la grande masse des nègres, 4u moment présent, est sans nul doute la campagne. La majorité des gens de race noire ne sont pas encore assez forts pour faire Concurrence aux blancs dans les villes, et la plupart d'entre les nègres sont moins capables que l'élément blanc de résister à l'influence démoralisatrice des cités. Le fait que la race noire se trouve, somme toute, à la campagne, dans le milieu physiquement le plus favorable, est prouvé par l’alarmante mortalité infantile des nègres dans les grandes villes, si on la compare à la mortalité dans les districts de population peu dense : les négresses, en effet, trouvant assez facilement dans les villes de l'ouvrage hors de chez elles, sont obligées de laisser les enfants seuls à la maison. Le progrès rapide

croyance générale que l’on est plus facilement maître du nègre si on le tient pauvre, et que, quand il a de l'argent, il devient indépendant. Aussi, que les récoltes soient bonnes ou mauvaises, que le coton se vende à cinq sous ou à dix sous, le nègre arrive au bout de l'an, ou sans avoir rien gagné, ou légèrement endetté. Parfois, entre le coucher et le lever du soleil, il s'enfuit en laissant des dettes, et alors tout le monde crie contre le misérable nègre. »

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des affections pulmonaires chez les nègres des villes du Sud est une autre preuve du fait avancé plus haut. Inutile d'ajouter que les enfants, sur les fermes, ne sont pas EXpOsés aux multiples dangers et aux nombreuses tentations dont ils pourraient être victimes dans les quartiers nègres des villes.

Enseignement industriel.— Il ne faut pas conclure de là, cependant, que tous les nègres doivent recevoir une éducation agricole. S'il n’est pas douteux que la race soit, dans son ensemble, prédisposée par ses aptitudes au travail des fermes, et que, de plus, l'opinion publique voie d'un œil favorable les nègres confinés dans ce genre d’occupalion, il faut reconnaitre cependant que les nègres, comme les individus des autres races, font preuve d’une assez grande diversilé de dispositions. Tous n’ont pas été coulés dans le même moule, et tel jeune noir, capable de faire tout au plus un fermier médiocre, peut devenir un habile ouvrier. D'où la nécessité de donner au noir une éducation en harmonie avec les aptitudes qu'il annonce. De plus, l'étude des arts mécaniques offre, sous beaucoup de rapports, une facilité plus grande pour le développe-

ment intellectuel, et la race, dans son ensemble, verra sa

situation s'améliorer et sa force augmenter dans la société, si une partie des individus qui la composent est versée dans diverses industries. Un grand nombre de métiers offrent un débouché à tous les degrés d’habileté, depuis le travail manuel sous la forme la plus simple, jusqu'à la production des ouvrages vraiment artistiques, ce qui assure au nègre, muni d'une éducation industrielle, les facilités nécessaires pour donner à ses capacités intellectuelles aussi bien que physiques tout le développement dont elles sont susceptibles. C’est là en outre un excellent moyen d'acquérir l'indépendance de la pensée et l'originalité. Tandis que, dans les conditions idéales, la petite ferme

est le meilleur milieu possible pour la famille nègre, ce-

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pendant un grand nombre de gens, appartenant à une classe supérieure, s'en vont en foule chercher à la ville des avantages dont ils sont presque entièrement, sinon tout à fait, privés dans les districts ruraux. Tant que les écoles de campagne ne seront que médiocrement organisées, et ne fonctionneront que de trois à six mois de l'année, les parents ambitieux préféreront pour eux-mêmes n'importe quel genre de travail mécanique dans les villes, afin de pouvoir envoyer leurs enfants plus régulièrement à

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