‹ L'éducation des nègres aux États-UnisChapitre 49 sur 126 · PE · texte numérisé non relu

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l'école. |

Les partisans de l'éducation agricole et industrielle du nègre préténdent que toutes les luttes qui existent entre les deux races dans le Sud disparaitront d'elles-mêmes, lorsque le noir pourra, en vertu de sa formation technique, produire des articles utiles au consommateur de race blanche, ou faire quelque chose dont ce dernier ait besoin. Les deux éléments, devenant nécessaires lun à l’autre, apprendront par là à se respecter mutuellement. Le nègre cultivé peut être ignoré des blancs qui l'entourent, mais s'il devient un facteür économique important dans la communaulé, il ne sera pas seulement toléré, il sera le bienvenu. | :

Les adversaires de l'éducation industrielle des nègres ont prétendu que cette formation était plus coûteuse que l'instruction des écoles et collèges ordinaires. Ils ont dit, de plus, que, d’après le témoignage même des statistiques, bien peu de diplômés des écoles industrielles pratiquent par la suite le métier qu'ils y ont appris. Gela peut êlre vrai, dans une cerlaine mesure, mais on doit se souvenir que lesdites écoles sont de création récente, et que le besoin actuel de diplômés sortis de ces inslitutions, et voulant accepter des places de maitres dans les écoles industrielles plus petites, se fait sentir d’une manière universelle et urgente. C’est une cause perpétuelle de regret pour les directeurs de Hampton, Tuskegee, et d'autres éta-

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blissements semblables, de ne pouvoir fournir un nombre suffisant de diplômés, pour remplir des places d'instructeurs dans loutes les écoles primaires et les institutions privées. :

Ceux qui s'occupent de l'instruction des nègres font remarquer avec insistance et énergie que l'éducalion industrielle poursuit deux buts principaux, que le jeune noir doit aspirer à atteindre : tout d'abord, cette éducation est strictement utilitaire, et chaque école industrielle est supposée donner aux nègres toute la formation nécessaire à un genre quelconque de travail manuel, à un gagne-pain. Non moins important est le but intellectuel et moral, sans rapport aucun avec le bien être immédiat et matériel du jeune apprenti. On a tellement insisté sur la place que doil occuper le travail manüel dans l'éducation, que presque tous les établissements supérieurs d'instruction ont une section professionnelle, ayant pour but non pas tant, certes, l'acquisition d'un métier par l'étudiant, que le développement parallèle et équilibré de l'esprit et des muscles; on cherche par là à augmenter chez l'élève la dépense d'activité créatrice, et surtout à lui faire concevoir la dignité réelle du travail.

Mr. Booker Washington insiste particulièrement sur la valeur de l'éducation industrielle pour les ministres du culte, puisque ces derniers doivent donner à tous l’exemple d’une vie bien conduite. IT croit fermement que le travail matériel journalier du ministre du culte aura sur ses administrés spirituels une bien meilleure influence que ses exhortations et ses sermons hebdomadaires. Le fermier prédicateur, qui cultive son propre lerrain, répare lui-même sa demeure coquettement bâtie, est à la campagne le ministre idéal, capable d'enseigner à ses paroissiens la valeur du travail honnête et intelligent. Chaque jeune homme, chaque jeune fille, ayant recu une éducation industrielle, joue en quelque sorte le rôle d'un

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