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LES PRINCIPALES DÉVIATIONS DE L'AMOUR-PROPRE

I, De la vanité : ses principales formes. La coquetterie et la fatuité. — II. Leurs causes : les éloges maladroits. L'exemple. Conseils de Fénelon. — III. L'orgueil : ses différentes formes. Ses dangers. — IV. La fausse modestie.

Comme tous les sentiments délicats et complexes, l'amourpropre, aisément, peut se vicier et se corrompre. C'est ce qui arrive lorsque l'amour du moi l'emporte sur tous les autres éléments qui le composent, et lorsqu'il s'attache non plus à nos qualités véritables, mais à nos petitesses et à nos infirmités. De là les métamorphoses qu'il subit et qui nous le représentent, suivant les temps et les lieux, sous les traits de la vanité et de l'orgueil, ou sous ceux de la fausse modestie, sœur jumelle de l'hypocrisie.

La vanité que Charron appelle « la plus essentielle et propre qualité de l'humaine nature », est la préoccupation inquiète de se faire valoir pour les petites choses et de se glorifier même des avantages les plus frivoles. La coquetterie et la fatuité en sont les formes les plus communes.

Sous sa première forme, elle consiste à s'éprendre de la

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beauté quou croit avoir, et de tout ce qui peut lui donner plus d'éclat; mais tant qu'elle est discrète, et, docilemeut, écoute les conseils prudents de la raison et du goût, elle reste le moindre de nos défauts, peut-être le plus aimable. La discrétion malheureusement lui est pénible. Lorsqu'on est sûr d'être bien doué, il est si doux de le montrer, et, lorsqu'on a quelque parure, n'est-ce point pour qu'on l'admire? H est vrai qu'on éprouve une intime et profonde joie à constater, même lorsqu'on est seul, ses incontestables mérites et à s'admirer en silence sous ses propres ornements; — elles ne sont point rares les personnes qui sont coquettes pour elles-mêmes, même quand nulle amie ne pourra les jalouser, — mais combien, d'ordinaire, la joie est plus complète, quand tous ces avantages ont des témoins ! — En second lieu, cette coquetterie de la beauté physique et des vêtements s'exagère très vite, et, dès qu'elle veut briller, elle le veut à tout prix. C'est alors qu'elle accapare à son profit et notre temps et notre argent, nous faisant oublier parfois les plus graves de nos devoirs. Les hommes, jusqu'ici, sont en très petit nombre chez lesquels ce défaut dégénère en passion, — car sont-ils bien des hommes encore nos mondains désœuvrés qui lui sacrifient chaque jour? — Mais combien de jeunes filles et combien de femmes s'y livrent tout entières, considérant comme affaires capitales le choix d'une coiffure, la couleur d'une robe ou le nœud d'un ruban? Combien négligent pour ces préoccupations supérieures, et leur ménage et leurs enfants, leur refusant même le nécessaire, pour se donner, à elles, ce superflu?

A côte de cette coquetterie est celle des manières, moins redoutable, sans doute, mais non moins ridicule. C'est elle qui nous pousse, non plus à copier les toilettes que nous avons trouvées jolies, mais bien à imiter les gestes, les attitudes, les façons de parler que nous avons jugées distinguées. Qu'en résulte-t-il? C'est que nous cessons d'être nous-mêmes; c'est

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qu'il y a dans toute notre personne un je ne sais quoi de faux et de guindé qui détonne ; nous manquons à la fois de sincérité et de naturel; le modèle pouvait être charmant, la reproduction n'est qu'une grimace.

De nos avantages physiques, acquis ou naturels, réels ou imaginaires, notre attachement s'étend vite à tout ce qui paraît nous conférer quelque titre. Il n'est pas si petit esprit qui, à la longue, ne se découvre quelque qualité rare et ne s'en glorifie. Oroute s'admire dans son sonnet; Alcippe est fier de ses idées sublimes, et Philémonde ses beaux chevaux. Les uns et les autres sont des fats. — L'homme est ainsi fait qu'il tire vanité de tout, de sa naissance', de son pays, des amis qu'il fréquente, de ceux qui le saluent et de ceux qui ne le saluent pas; il est vain jusque dans sa pitié, dans ses joies et dans ses larmes, et presque dans la pierre de son tombeau. Ce défaut, remarque Pascal, est si ancré en lui « qu'un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir des admirateurs; et les philosophes même en veulent; et ceux qui écrivent contre veulent avoir la gloire d'avoir bien écrit ; et ceux qui le lisent veulent avoir la gloire de l'avoir lu, et moi qui écris ceci ai peut-être cette envie, et peut-être que ceux qui me liront l'auront aussi, j — Et pour satisfaire ce désir de briller, que de peines nous supportons, que de ruses nous déployons? Notre vanité se fait courtisane aux dépens de notre repos, de notre bien-être, de notre santé ; ainsi les soins frivoles l'emportent dans la vie surles pensers sérieux. Une telle manière d'agir est même devenue si générale que « c'est habileté de bien jouer cette farce, et sottise de n'être pas vain ».

(I) Ce défaut est déjà visible chez les enfants. — «Que fait ton père? demande Pierre Nozière à son ami. — Il est médecin. — Le mien est avocat, c'est mieux. » (A. France.)

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Pour que la vanité soit un travers si commun, il faut, sans doute, qu'elle rencontre en nous des auxiliaires bien puissauts ; mais plus puissants encore sont ceux qu'elle trouve hors de nous, dans l'éducation qu'on nous donne et dans les préjugés que la société protège. — Ne semble-t-il pas, en efïet, que nous prenions à tâche déveiller et d'encourager, même chez nos enfants tout jeunes, et la coquetterie et la fatuité?... Nous leur répétons à tout propos, et surtout hors de propos, qu'ils sont « mignons et bien faits » ; ont-ils leurs habits de fête et nous les admirons tout haut et les faisons admirer, très fiers de les montrer. — « Quand vous passez auprès d'une mère dont vous connaissez le fils, mais qui l'ignore, écrit un contemporain, dites un peu haut : « Oh ! le ravissant « enfant! » Soyez assuré que la mère vous répoudra aussitôt : « Monsieur, c'est mon fils 1 » — Je crois que l'écrivain, ici, exagère un peu. Mais ce qu'il a bien observé, c'est que, dans cette conduite des parents envers les enfants, il entre beaucoup de ce qu'on appelle aujourdhui V amour-propre d'auteur. Nous dressons un trône au Roi Bébé, et comme nous n'oserions nous y placer nous-mêmes, nous y plaçons notre image, et notre vanité est satisfaite. — Il en résulte que l'eufant auquel ce manège intéressé n'a point échappé, en arrive promptement à attacher une importance excessive à ce qui, en réalité, le devrait laisser indifférent.

Ces leçons inconscientes sont à chaque instant fortifiées par d'éloquents exemples. La coquetterie des enfants n'est, da 3 bien des cas, qu'une imitation de la coquetterie des parents. La fillette, qui gentiment se fait des mines devant son miroir, ou qui, précieusement, relève, sur le côté, en se rengorgeant, sa robe trop courte, n'est qu'un petit

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singe imitateur des gestes qu'elle a surpris, et à cela il n'y a point grand mal ; mais le mal apparaît lorsque cette imitation devient habituelle et dégénère en frivolité.

Comment ne deviendraient-ils pas encore vains et fats les enfants qui entendent sans cesse leurs parents louer leurs réparties, citer leur bons mots, vanter leur mémoire, chercher, à tout ce qu'ils font, une grâce qui n'y est pas? Ou encore, parler devant eux de leur fortune, de leurs amis puissants ? Ils deviennent à cette école non seulement vaniteux, mais ils deviennent aussi injustes et cruels. Nous avons tous rencontré de ces petits personnages infatués d'eux-mêmes qui, dédaigneusement, s'écartent de leurs camarades pauvres et misérablement vêtus ; qui inventent mille mensonges sur leurs prétendus exploits, sur la richesse de leur famille et leurs relations flatteuses ; qui regardent de haut leurs concurrents malheureux et jalousent ceux qui les surpassent ; qui se glorifient des moindres éloges et s'indignent de la critique. Que les parents et les maîtres laissent ces tendances se développer, et l'armée, déjà si nombreuse, des struggle-for-lifers comptera bientôt quelques soldats de plus.

C'est pour nous mettre en garde contre ces conséquences fréquentes queFéuelon nous conseille d'être plus circonspects et plus sages avec ceux que nous élevons. « Le plaisir qu'on veut tirer des jolis enfants les gâte, écrit-il. Ils aperçoivent qu'on les regarde avec complaisance, qu'on observe tout ce qu'ils fout, qu'on les écoute avec plaisir. Par là ils s'accoutument à croire que le monde sera toujours occupé d'eux. — Pendant cet âge où l'on est applaudi, et où l'on n"a point encore éprouvé la contradiction, on conçoit des espérances chimériques, qui préparent des mécomptes infinis pour toute la vie. J'ai vu des enfants qui croyaient qu'on parlait d'eux toutes les fois qu'on parlait en secret, parce qu'ils avaient remarqué qu'on l'avait fait souvent. Ils s'imaginaient n'avoir rien en eux que d'extraordinaire et d'admirable. Il faut donc

prendre soin des enfants, sans leur laisser voir qu'on pense beaucoup à eux. Montrez-leur que c'est par amitié et par le besoin qu'ils ont d'être redressés, que vous êtes attentifs à leur conduite, et non par l'admiration de leur esprit. Contentez-vous de les former peu à peu, selon les occasions qui viennent naturellement : quand même vous pourriez avancer beaucoup l'esprit d'un enfant sans le presser, vous devez craindre de le faire, car le danger de la vanité et de la présomption est toujours plus grand que le fruit de ces éducations prématurées qui font tant de bruit. »

On a dit de la vanité dont nous venons de parler qu'elle était l'orgueil des petites âmes ; on pourrait dire de lorgueil qu'il est la vanité des âmes grandes, bien qu'entre les deux la différence soit difficile à marquer. On connaît la conduite de ce gueux castillan dont nous parle Voltaire : « Un passant lui dit : — N'ôtes-vous pas honteux de demander l'aumône, quand vous pourriez travailler ? — Monsieur, répondit le mendiant, je vous demande de l'argent et non pas des conseils. — Puis il lui tourna le dos en conservant toute sa dignité. » — Cette réponse vient-elle d'orgueil ou de vanité? — Dans la plupart des cas, pourtant, l'orgueil se reconnaît aux causes qui le produisent et aux actes qu'il inspire Comme la vanité, il vient de l'amour-propre, et fait du moi son Dieu; mais le moi dont il s'éprend a plus de force et de noblesse, l'idéal qu'il poursuit plus de grandeur véritable, la conduite qu'il s'impose moins de mesquines faiblesses. — L'orgueilleux pour se satisfaire est prêt à tous les sacrifices, même à celui de sa vie, comme le remarque Pascal : « L'or-

(1) Fénelon. De l'Éducation des filles, ch. m.

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gueil, dit-il, nous tient d'une possession si naturelle au milieu de nos misères et de nos erreurs, que nous perdons même la vie avec joie, pourvu qu'on en parle. > — Combien peu de vaniteux voudraient en faire autant! Enfin, l'orgueil implique un amour plus exclusif de notre propre personne que la vanité, et un moindre souci de l'opinion des autres, puisqu'il nous porte parfois à la braver. 11 se peut, il est vrai, qu'en agissant ainsi, nous ne songions encore qu'à étonner et à affirmer notre supériorité sur tous ; l'orgueil n'en reste pas moins un défaut peu vulgaire.

Par sa nature même, l'orgueil peut donc parfois être très utile à l'homme, car il lui donne de sa valeur et de ses forces un sentiment qui les accroît ; il lui fait accomplir, en vue de son ambition, des efforts et des sacrifices dont il serait, sans lui, tout à fait incapable, comme il le contraint, chaque jour, à s'abstenir, par fierté, des mille petites bassesses qui ne rebutent point le vaniteux. Qui pourrait énumérer les services qu'il a rendus aux arts, aux sciences, à l'industrie? Le savant pour montrer sa science est porté, à la répandre; l'homme puissant, pour montrer son crédit, est porté à faire du bien ; le poète, l'artiste, le philosophe, pour conquérir des suffrages, s'imposent de durs travaux qui contribuent à l'amélioration de tous. Sans doute, il serait préférable que tous ces efforts fussent désintéressés, mais ne demandons pas à l'homme, qui n'est qu'un homme, plus qu'il ne peut donner, et sachons-lui toujours gré du bienêtre qu'il nous procure. — Aussi s'explique-t-ou que l'orgueil ait trouvé, de tous temps, des poètes pour le chanter et des moralistes pour l'absoudre. — En outre, quand il repose sur des mérites solides, quand, pour se justifier, il a des titres certains, n'aurious-nous pas mauvaise grâce à nous montrer trop sévères? Qui donc oserait, par exemple, faire à nos grands poètes un crime impardonnable de s'être, par avance, promis l'immortalité ?

Thomas. L'éducat. des sentim. 10

MO l'Éducation des sentiments

Mais, il peut arriver, — et le cas est fréquent, — que, fbns l'orgueil, laraour du moi devienne si exclusif qu'il étoulïe camplètement le respect des autres et le sentiment de la justice : alors il n'inspire plus que de l'indignation et de la colère. Lorsqu'il porte à humilier et à faire souffrir ses inférieurs, à blesser ceux qui ne peuvent se défendre, il est odieux et ne saurait être trop combattu; lorsqu'il inspire des ambitions démeàurées et suscite, par exemple, les conquérants que nous voyons, dans l'histoire, entraîner des millions d'hommes à la mort, il devient pour les peuples le plus redoutable fléau. L'orgueil peut même se rencontrer jusque dans l'âme des plus grands criminels. Plusieurs d'entre eux, nous le savons, sont fiers de leurs forfaits; ils déploient, pour donner la mort, autant d'énergie, parfois, et autant de ruses, ils affrontent autaut de dangers que beaucoup d'autres pour la combattre ; et, leur œuvre accomplie, ils sont heureux, eux aussi, pourvu que l'on en parle. Gomme on le voit, dans tous les cas, l'orgueil nous apparaît comme une force des plus puissantes, et qui, plus que toute autre, a besoin d'être réglée

Chez les âmes petites et basses, l'amour-propre dégénère en un défaut plus méprisable, la fausse modestie, qui n'est qu'une ruse habile pour s'attirer des éloges qu'on ne mérite point. Avec quel art, quelle componction touchante, certaines gens déclinent les hommages d'autrui, surtout quand ils estiment qu'ils sont un peu mérités ; avec quelle candeur, au contraire, ils confessent eux-mêmes, certains de leurs défauts, on se disant tout bas qu'on ne les croira point! Ils mettent dans leur aveu tant de sincérité naïve, ils s'accusent avec tant de bonne foi apparente, ils choisissent les travers dont ils se

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blâment avec tant de discernement, qu'ils nous les font presque aimer comme des qualités, jusqu'au jour où leur ruse nous est enfin connue. — De ces hypocrisies mesquines, la vie entière est remplie, et, comme la vertu est encore ce qu'on aime le mieux dans le monde, il n'est point de vertu que le vaniteux n'imite, de qualité estimée dont il n'emprunte le masque : il parodie tout, jusqu'aux sentiments les plus sacrés. C'est ainsi, nous dit La Rochefoucauld, que l'on cherche à se rendre célèbre par tous les moyens possibles : « on pleure, par exemple, pour avoir la réputation d'être tendre; on pleure pour être plaint; on pleure pour être pleuré; enfin on pleure pour éviter la honte de ne pleurer pas. » — Remarquons, toutefois, que, pour réussir dans ce rôle, que tant de personnes jouent, et pour y réussir longtemps, il faut des qualités rares. Pour être un vaniteux tout court, il suffit d'être un sot, pour être un bon hypocrite, il faut de l'habileté. Les tartufes, petits et 'grands, sont gens subtils; c'est pourquoi ils sont si dangereux ; c'est pourquoi surtout nous ne saurions trop les mépriser et les combattre. Ces deux derniers défauts, l'orgueil et l'hypocrisie se rencontrent principalement dans la jeunesse et dans l'âge mûr ; mais n'oublions pas que les déviations de l'amour-propre dont ils sont la conséquence peuvent se produire déjà dès la première enfance. Or, c'est à empêcher ces déviations que nous devons veiller à toute heure, car nulle part nous n'avons besoin de plus de vigilance, de tact et de prudence, en raison même de la susceptibilité extrême que développe chez ses victimes l'amour-propre en se corrompant. — L'essentiel est, en premier lieu, lorsqu'on le peut, de s'attaquer au mal dès qu'il se montre, et avant qu'il ait grandi. C'est là, sans doute, une règle bien générale et bien banale, car elle s'applique à tous nos défauts; mais elle a, dans ce cas, une importance toute particulière, les vices que nous avons signalés étant, de tous, les plus difficiles à extirper. — En outre, lorsauon

s'adresse à ceux que l'on veut guérir, il faudrait éviter d'appeler trop souveut, — comme beaucoup de pères et de maîtres le font, — leur attention sur les travers que l'on veut combattre. Recourir à tout propos aux reproches, aux punitions, à la raillerie, c'est surexciter l'amour-propre, l'irriter, parfois môme le développer au lieu de le détruire. Sans doute aucun de ces procédés ne doit être absolument banni ; seulement nous croyons qu'il n'y faut recourir qu'avec beaucoup de discrétion. Plus sages nous paraissecM; les conseils des éducateurs qui nous engagent à opposer à ces sentiments fâcheux les sentiments qui leur sont contraires. Si nous voulons que nos enfants ne s'exagèrent pas leurs mérites et ne songent point qu'à eux-mêmes, apprenons- leur à respecter et à aimer les autres; développons en eux les sentiments symphatiques que l'égoïsme étouffait, et peu à peu s'effaceront la fierté ridicule, l'orgueil et la vanité. Apprenons-leur surtout à être sincères envers eux-mêmes, et pour qu'ils se jugent sainement, amenons-les à se former le plus tôt possible un idéal élevé de l'homme qu'ils doivent être. En apercevant ce qui leur manque encore pour le réaliser, ils seront moins portés à s'exalter leurs mérites, à commettre des actes qui les en pourraient écarter. Ce sont tous ces conseils que résumait Shakespeare dans cette belle formule : « Sois loyal envers toi-même, et tu seras aussi nécessairement juste et bon envers les autres, que la nuit nécessairement suit le jour. «

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