‹ L'éducation du caractèreChapitre 100 sur 228 · Voir Esprit des lois, liv. UI, cbap. m · texte numérisé non relu

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jours une chose très pénible. On peut déflnir cette vertu l'amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l'intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières; elles ne sont que cette préférence *. » Remarque profonde, malgré son apparence de paradoxe ! Car, parmi les nombreuses définitions que Ton peut donner de la vertu, celle-là n'est-elle pas une des meilleures qui la fait consister dans Teffort que demande le sacrifice des jouissances personnelles qui résultent de la satisfaction des instincts égoïstes, à un idéal supérieur, que cet idéal soit scientifique, patriotique, humanitaire ou religieux?

Un publiciste éminent, Tocqueviile, au milieu du tableau vaste, nouveau et confus que présente la démocratie moderne, entrevoit quelques traits principaux qui se dessinent et qu'il indique. On sent qu'à ses yeux la vertu, considérée comme l'énergie morale au service du bien, n'est pas le trait dominant. « Les désirs, dit-il, et les jouissances se multiplient.... Les particuliers font de petites choses, et TÉtat d'immenses.... Les âmes ne sont pas énergiques.... Il se rencontre peu de grands dévouements, de vertus très hautes, très brillantes et très pures.... Presque tous les extrêmes s'adoucissent et s'émoussent; presque tous les points saillants s'effacent pour faire place à quelque chose de moyen.... Je promène mes regards sur cette foule innombrable composée d'êtres pareils, où rien ne s'élève ni ne s'abaisse. Le spectacle de cette uniformité universelle m'attriste et me glace *. »

Ce tableau mélancolique est tracé par un publiciste trop perspicace pour ne pas voir le progrès invincible de la démocratie et pour caresser des idées de réaction

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