‹ L'éducation du caractèreChapitre 99 sur 228 · LA VERTU DANS LA DÉMOCRATIE · texte numérisé non relu

LA VERTU DANS LA DÉMOCRATIE

soit de marquer exactement Taction de chacune d'elles. Mais Tune des plus certaines dans la plupart des cas est la décadence des mœurs, et, en particulier, la dimiaution de l'énergie, de la capacité pour Teffort d'action ou de résistance. D'autres causes, qui semblent purement matérielles, la dépopulation par exemple, ont des rapports étroits avec la morale; si la dépopulation se produit dans un pays, n'est-ce point souvent parce que ce pays a perdu le courage et la confiance avec lesquels on assume les charges d'une nombreuse famille, parce qu'on y est devenu incapable des privations et des sacrifices qu'elle exige? La désertion des campagnes, l'affluence vers les villes, avec le développement des vices que les grandes agglomérations entretiennent et développent, ne sont pas dues uniquement à des causes économiques; l'industrie moderne force bien les travailleurs à se grouper autour des usines, dans les faubourgs des grandes villes ; mais ils y sont attirés aussi par l'espérance d'une vie plus facile et par les jouissances grossières qui se multiplient autour d'eux.

Si l'on adopte la célèbre théorie de Montesquieu, le caractère est loin de perdre son rôle prépondérant dans les sociétés démocratiques. L'auteur de VFsprit des loiSf on le sait, considère la vertu comme ressort principal d'un État populaire *. Nous lisons dans le livre quatrième de cet ouvrage, où il s'occupe des lois de l'éducation par rapport au principe du gouvernement : « C'est dans le gouvernement républicain que l'on a besoin de la toute-puissance de l'éducation. La crainte des gouvernements despotiques naît d'elle-même parmi les menaces et les châtiments ; l'homme des monarchies est favorisé par les passions et les favorise à son tour; mais la vertu politique est un renoncement à soi-même qui est tou-

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