L'ÉDUCATION EN COMMUN
que la famille, depuis le premier âge jusqu'à la fin de Fadolescence, n'intervient pas un instant dans Tédueation de l'enfant, qui est entièrement confiée à des magistrats spéciaux. Platon a même, dans ses Lois, Tidée d'une sorte de ministère de l'éducation publique, et détermine la manière dont il faut choisir le titulaire de ce département, qu'il regarde, non sans raison, comme Tune des plus hautes charges de TËtat. « Que celui sur qui tombe ce choix, et ceux qui le font, se persuadent qu'entre les grandes charges de l'État celle-là tient le premier rang.... Le législateur doit faire de l'institution des enfants le premier et le plus sérieux de ses soins. S*il veut s'acquitter convenablement de ce devoir, il commencera par jeter les yeux sur le citoyen le plus accompli en tout genre de vertu, pour le mettre à la tête de l'éducation de la jeunesse *. » Du reste, les lois doivent régler dans les plus petits détails la tâche de ce ministre et de ses subordonnés, comme elles règlent tout dans la vie publique et privée des citoyens. Platon éprouve, à l'égard de Tinitiative privée et de la liberté, une défiance insurmontable. « Chacun se laissant entraîner par le chagrin, le plaisir ou toute autre passion, les mœurs des citoyens n'ont rien d'uniforme ni de ressemblant entre elles, ce qui est un grand mal pour l'État.... Si Tadministration domestique n'est pas réglée comme il faut dans les cités, en vain compteraiton que les lois qui ont pour objet le bien commun puissent donner à l'État la stabilité qu'il attend d'elles '. » Que peut-il résulter de la variété infinie des éducations privées, sinon le manque d'harmonie et la division chez les citoyens qu'elles auront formés? On voit que ceux qui combattent la liberté de renseignement et qui afOr-