‹ L'éducation du caractèreChapitre 122 sur 228 · ÉGALITÉ. JUSTICE · texte numérisé non relu

ÉGALITÉ. JUSTICE

de la même classe sont voisins d'étude; Tun travaille héroïquement et n'arrive qu'à un résultat médiocre; l'autre fait avec aisance des devoirs qui désespèrent son voisin par leur difficulté; celui qui est intelligent remporte des succès; l'autre n'obtient, à mettre les choses au mieux, qu'une froide estime, heureux quand il ne s'attire pas les railleries des camarades et les reproches du maître. Tel étourdi, poussé par un camarade qui se dissimule habilement, commet une grosse sottise dont il est sévèrement puni, tandis que le conseiller pçrfide s en tire sans aucun dommage, après avoir satisfait un mauvais instinct, une rancune. Tel autre, pour quelque ridicule innocent, est bafoué et doit souffrir en silence, s'il n'est pas assez robuste pour imposer le respect en faisant craindre les coups. Le collège, où de pareils faits se voient souvent, est-il, autant qu'on le dit, une école d'égalité et de justice?

On pourrait même constater, en allant au fond des choses, que l'égalité, considérée au point de vue social, n'existe guère, dans nos collèges, qu'en apparence, qu'elle n'est pas en réalité dans les idées et dans les cœurs. Sans doute, le collège réunit des enfants de toutes conditions ; ceux qui appartiennent à des familles pauvres y entrent comme boursiers, et les boursiers ne subissent pas les mépris dont Voppidan, l'élève payant, accable le coUeger ou tug^ le boursier, dans les collèges d'Angleterre. « Nos boursiers, dit M. Gréard , connus comme tels par tous ceux au milieu desquels ils vivent, maîtres et camarades, ne sont ni moins bien traités que les autres ni moins honorés. On serait même disposé parfois à les considérer avec plus d'égards, par cela seul que leur situation mérite plus d'intérêt ^ » Tous vivent sous le même régime, se tutoient, jouent ensemble, et

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