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enfants, ou Texcès d'indulgence qui leur enlève toute autorité. Quant à compter sur eux pour remplacer la famille auprès des internes, nul n'y songe.
En réalité, cette famille absente, personne, dans nos grands internats, ne la remplace, et Ton ne saurait trop le regretter. Cependant l'internat est un mal nécessaire. Il est facile de dire aux familles : « Gardez vos enfants auprès de vous », mais, dans une foule de cas, cela équivaudrait à les priver de l'instruction qui leur est indispensable pour exercer la profession à laquelle ils se croient appelés ou que l'on désire pour eux. Un de nos contemporains dit que le baccalauréat est « la porte majestueuse et stupide qui donne accès aux fonctions publiques » ; il n'en est pas moins vrai qu'on doit passer par cette porte, qu'on ne prépare le baccalauréat qu'au collège, lorsque la famille n'est pas assez riche pour faire venir un précepteur, et que la nécessité d'étudier au collège force un grand nombre d'enfants à être internes.
Sans doute, il vaudrait mieux souvent qu'ils restassent à la maison, et que, sans se laisser aller à des visées ambitieuses, ils prissent le sage parti de continuer le métier de leur père; cela ne nuirait ni à leur bonheur ni à la prospérité du pays. Combien d'observations attristantes j'ai recueillies à ce sujet dans le cours de ma carrière! Mais, après avoir inutilement donné des conseils qui ne sont jamais suivis, que peuton faire, sinon de rester spectateur impuissant du mouvement général qui emporte une société à de nou* velles et inquiétantes destinées? Nos campagnes ne connaissent plus les nombreuses familles d'autrefois, qui vivaient, non sans un rude labeur, il est vrai, en cultivant leur patrimoine. Des paysans relativement aisés n'ont souvent qu'un fils, qu'ils destinent aux carrières dites libérales; ils se condamnent ainsi à des sacrifices