‹ L'éducation du caractèreChapitre 148 sur 228 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Les punitions dans la famille et à Técole. — Règles de Benlham concernant la pénalité. — DifTérence entre la pénalité dans la société et la pénalité dans Tédiication. — Punitions morales. — Punitions sous forme de privation. — Malaise moral produit par les diverses punitions. — Les châtiments corporels en France, en Angleterre et en Allemagne. — La punition n'est qu'un moyen extrême.

La société réprime les délits et les crimes au moyen de peines qui sont édictées par le législateur et formulées d'une manière précise dans les codes. Le but qu'elle se propose en punissant est multiple. Pour assurer sa propre sécurité, d'une part elle met le coupable hors d'état de nuire pendant un temps plus ou moins long, et d'autre part elle tâche d'empêcher des fautes analogues à celle qu'il a commise par l'action préventive de Texemple qu*elle fait sur lui. La peine est aussi une expiation imposée au coupable afm de satisfaire le sentiment de justice inné dans le cœur humain, qui exige que tout manquement au devoir entraîne une souffrance, et qui, abstraction faite de l'intérêt social, se révolte lorsque le crime reste impuni. Enfin la peine est un moyen d'amendement, très incertain, il est vrai, et souvent inefficace.

Le célèbre publiciste anglais Bentham û. fait une

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étude approfondie de cette grave question de la peine, surtout au point de vue juridique. « Tous ceux, dit Bain, qui exercent une autorité, de quelque nature qu'elle soit, devraient connaître à fond les conditions et les principes généraux de la punition tels qu'ils sont exposés dans le code pénal de Benthain <. »

Indiquons d'abord les circonstances dans lesquelles il ne convient pas, d'après lui, d'y avoir recours : c'est lorsqu'il n'y a pas eu réellement de partie lésée; lorsque le coupable ignorait la loi, qu'il ne connaissait pas les conséquences de son action, qu'il n'a pas agi librement; lorsque les mauvais effets de la punition surpassent ceux de la faute; enfin, lorsque la punition n'est pas nécessaire et qu'on peut obtenir autrement le résultat que l'on désire. En second lieu, la punition doit être mesurée d'après certaines règles, dont les principales sont les suivantes. Elle doit faire plus que contre-balancer le bénéfice de la faute,' et non seulement le bénéfice immédiat, mais encore tous les avantages réels ou imaginaires qui ont poussé le coupable à la commettre. Elle ne doit pas dépasser la mesure indispensable pour arriver au but que l'on se propose. Il faut tenir compte de toutes les circonstances qui rendent les coupables plus ou moins sensibles à la punition, âge, sexe, fortune, position, et par suite desquelles la même peine peut frapper d'une manière inégale. La punition doit être d'autant plus forte qu'elle est moins certaine ou plus éloignée. En troisième lieu, il faut que la peine remplisse certaines conditions; qu'elle soit variable, c'est-à-dire qu'elle comporte différents degrés d'intensité et de durée; commensurable, c'est-à-dire si bien proportionnée que le coupable comprenne clairement que la souffrance est en rapport avec la gravité de la faute ; caractéristique,

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