‹ L'éducation du caractèreChapitre 149 sur 228 · La Science de l'éducation, liv. I, chap. v · texte numérisé non relu

La Science de l'éducation, liv. I, chap. v

c'est-à-dire qu'elle ait en soi quelque chose dont l'idée soit en rapport avec la faute commise; exemplaire; réformatrice; réparatrice à Tégard de la partie lésée; populaire, c'est-à-dire qu'elle doit être approuvée par Topinion publique; formulée clairement; et enfin, rémissible en cas d'erreur *.

Plusieurs des observations qui précèdent peuvent être mises à profit par la pédagogie. Mais il ne convient pas de pousser trop loin le rapprochement entre la société qui frappe ceux de ses membres qu'elle déclare coupables d'un délit ou d'un crime, et l'éducateur qui punit son élève en faute. La pénalité de l'éducateur est beaucoup plus variable, plus souple, plus délicate que celle qui est établie par les lois; il doit entrer dans son application un élément qui est à peu près inconnu à l'àme de ceux qui rendent la justice, je veux dire l'afiFection sincère, la vive sollicitude pour le justiciable. Ainsi, en ce qui concerne le but de la punition, nous remarquerons que Ton a surtout en vue d'améliorer les enfants que l'on punit, et qu'on y réussit mieux que la société ne le fait à l'égard des criminels qu'elle frappe.

On peut même dire que, plus la pénalité dans l'éducation ressemblera à celle qui est en usage dans la société, moins forte sera son action moralisatrice. Un père constate lui-même la faute de son fils; il est entièrement maître de la peine; il la prononce comme un juge qui connaît à fond le caractère de son justiciable, qui sait quel est le moyen le plus sur d'agir sur lui pour l'amener au repentir et le corriger ; enfin il en surveille l'application; il peut l'aggraver, l'adoucir, en faire la remise. La pénalité à l'école se trouve dans des conditions bien moins favorables, parce qu'elle res-

1. Voir, pour le résumé des idées de Bentham, Baio, la Science de Véducation, liv. I, chap. v.

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