‹ L'éducation du caractèreChapitre 157 sur 228 · Proverbes, XIII · texte numérisé non relu

Proverbes, XIII

qui (( feut ua grand fouetteur d'escholîers au collège de Montagu » ; et dans le Gargantua il maudit ce « collège de pouillerie » ; « car trop mieulx sont traictez les forcez entre les Maures et Tartares, les meurtriers en la prison criminelle, voire certes les chiens, que ne sont ces malautruz audict collège ». Montaigne appelle les collèges de son temps « une vraye geaule de jeunesse captive ». « Arrivez-y, dit-il, sur le poinct de leur office, vous n'oyez que cris, et d'enfants suppliciez, et de maistres enyvrez en leur cholere. Quelle manière pour esveiller Fappetit, envers leur leçon, à ces tendres âmes et craintifves, de les y guider d'une trongne effroyable, les mains arméez de fouets * ! »

Les grands maîtres de la pédagogie pratique au XVII® siècle, les oratoriens, les jansénistes et les jésuites, différaient sensiblement d'avis sur cette question. « Il y a, dit le P. Lamy, de l'Oratoire, plusieurs autres voies que le fouet pour ramener les enfants à leur devoir; une caresse, une menace, l'espérance d'une récompense, ou la crainte d'une humiliation, font plus d'effet que les verges *. » Port-Royal s'interdisait les punitions corporelles. Mais les jésuites leur donnaient une assez large place dans la discipline de leurs collèges. Un correcteur , spécial, qui ne faisait point partie de l'ordre , était chargé de les administrer, aux grands comme aux petits '. Le fils aîné du maréchal de Boufflers, raconte Saint-Simon, âgé de quatorze ans, fut tellement désespéré d'avoir été fouetté sur l'ordre des Pères, qu'il tomba malade et mourut au bout de quatre jours. En 1764 un pamphlet anonyme fut publié sous le titre de « Mémoires historiques sur l'orbilianisme et les cor-

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