Traité des étud^s^ livre VIII, !'« partie, art
n'ont pas encore suivi Texemple de mansuétude qui leur a été donné par notre législation scolaire. En Angleterre, la tradition des coups et des verges remonte aussi haut qu'en France et s'est mieux conservée.' Dans son traité De pueris instituendis, Erasme donne à ce sujet de curieux détails. « J'ai connu, dit-il, un théologien célèbre qui ne pouvait se rassasier de cruels traitements à l'égard de ses élèves, quoiqu'il eût sous ses ordres des maîtres bravement fouetteurs. Il pensait que c'était là le moyen unique de rabaisser l'orgueil des enfants et de dompter la fougue de leur âge. Il ne donnait pas de banquet dans son école sans que, pour le couronner gaiement, il fît traîner dans la salle un ou deux enfants à fouetter. Parfois il punissait même des innocents pour les habituer aux coups. J'ai assisté moimême à une de ces exécutions. Après le dîner, il fit venir, selon sa coutume, un enfant, qui me sembla avoir dix ans : c'était un nouveau venu, qui venait de quitter sa mère. Il commença par me dire que cette mère était une femme distinguée par sa piété, et qu'elle lui avait recommandé son fils d'une façon toute particulière. Puis, pour avoir un prétexte de punition, il se mit à lui reprocher je ne sais quel orgueil, quoique l'aspect du pauvre enfant fût loin d'annoncer rien de pareil, et il fit signe au sous-maître de l'école de le fouetter. Celui-ci jeta l'enfant par terre et le frappa comme s'il eût commis un sacrilège. Le théologien interpella une ou deux fois l'exécuteur en lui disant : C'est assez. Le bourreau, sourd d'entraînement, continua sa besogne jusqu'à ce que le patient fût sur le point de s'évanouir. Alors le théologien, se tournant vers nous : Il n'a rien fait de mal, dit-il, mais il fallait l'humilier. Ce fut le mot dont il se servit. »
L'usage du fouet, le « flogging », existe encore dans les écoles anglaises. Au collège, le principal a seul le