SYSTÈME D'HERBERT SPENCER
arriver comme une suite naturelle de leur mauvaise action *. »
Ce système de Rousseau a été repris et longuement développé par Herbert Spencer dans son chapitre « de réducation morale », et il lui accorde une telle importance que, pour lui, Téducation morale consiste presque entièrement dans la discipline des conséquences naturelles. Une telle pédagogie ressemble assez à ce qu'on appelle la médecine expectante, qui laisse agir la nature; elle diminue beaucoup le rôle de Tart et, en apparence, la responsabilité de ceux qui le pratiquent.
Herbert Spencer part du principe, éminemment utilitaire, que la conduite est bonne ou mauvaise selon qu'elle produit des résultats bienfaisants ou nuisibles. Ainsi, Tivrognerie est mauvaise parce qu'elle entraîne des conséquences funestes pour Tivrogne et pour sa famille. Le vol ne serait pas un délit s*il ne causait aucun désagrément au volé. La bonté ne serait pas une vertu si elle multipliait les souffrances humaines. Or la nature nous montre elle-même clairement le caractère des actions bonnes ou mauvaises, des défauts et des qualités, des vices et des vertus, par les sanctions qu'elle y attache. <( Si le jeune homme qui entre dans la vie, dit Spencer, perd son temps dans Foisivelé, ou remplit mal et lentement les fonctions qui lui sont confiées, le châtiment naturel ne se fait pas attendre; il perd son emploi, et il souffre, pendant un temps, les maux d'une pauvreté relative. L'homme qui n'a point de ponctualité, qui manque continuellement ses rendez-vous de plaisir et d'affaires, en supporte les conséquences, qui sont des pertes d'argent et des privations de jouissances. Le marchand qui veut faire de trop gros profits perd ses pratiques et est ainsi arrêté dans son avidité. Les