U Education dès le berceau^ chap. lu
dispendieux touche aussi bien le luxe des poupées. Les parents sensés, lorsqu'ils voient que leur ûlle s*absorbe trop dans son rôle de maman, s*efforceront de la distraire. Si, dans son imitation, elle se montre sotte et affectée, ils trouveront assez facilement le moyen de la redresser.
Nous n'avons que peu de chose à dire des caresses employées comme récompenses. Elles sont trop naturelles et trop douces pour ne pas occuper une grande place dans Téducation des enfants, surtout pendant le premier âge. Mais il ne faut pas en abuser, ni développer par elles une sensibilité passionnée, ni s'en servir comme d*un moyen banal pour calmer les enfants désagréables. Nous n^aimons pas l'expression « dévorer un enfant de caresses », et nous croyons qu'il faut se défier de Texcës qu'elle désigne. L'expérience ne montre pas que les mères les plus caressantes soient les meilleures éducatrices.
Locke recommande avant toutes les autres une récompense qui satisfait la tendance naturelle de l'homme à rechercher l'estime de ses semblables, c'est-à-dire l'éloge donné d'une manière intelligente. « De tous les motifs propres à toucher une àme raisonnable, dit^il^ il n'y en a point de plus puissant que l'honneur et l'infamie, lorsqu'une fois elle se trouve disposée à en ressentir les impressions. Si donc vous pouvez inspirer aux enfants l'amour de la réputation et les rendre sensibles à la honte et à l'infamie, dès lors vous avez mis dans leur âme un principe qui les portera continuellement au bien ^ »
Les principales autorités pédagogiques sont loin d'être d'accord à ce sujet. Nous avons vu que Port- Royal interdisait l'éloge par des considérations d'humilité chrétienne. Mme Necker de Saussure ne lui est