‹ L'éducation du caractèreChapitre 187 sur 228 · De Véducation des enfants^ trad. Coste, section · texte numérisé non relu

De Véducation des enfants^ trad. Coste, section

l'éloge 323

pas beaucoup plus favorable; se plaçant à un point de vue moral très élevé, elle le condamne en ces termes, comme les autres récompenses : « Quand la rémunération serait uniquement bonorifique, l'effet n'en serait pas meilleur pour le cœur. La sensualité morale, nommée vanité, ne vaut pas beaucoup mieux que la sensualité matérielle, et son apparence plus noble la rend bien autrement difficile à corriger. Si malgré nous la vanité se nourrit de tous les succès, restreignons-lui sa part le plus que nous pourrons.... Lorsque le devoir lui-même commande, estimons trop Tenfant pour le récompenser d'en suivre l'appel.... L'amour-propre bien placé est encore celui que je crains le plus. J'y vois une tache indélébile^ un mélange impur qui adhère aux meilleures qualités dans le cœur humain. Aucune vraie grandeur, aucun oubli de soi-même n'est plus possible : l'éternel moi se retrouve toujours *. »

Nous avons dit, au commencement de cette étude, qu'il y a, suivant nouS) dans cette manière d'envisager les récompenses, et en particulier l'éloge, une conception trop haute du devoir, eu égard à la faiblesse de l'enfant et môme de l'homme* Combien y a-t-il d'hommes qui méprisent sincèrement l'éloge et qui se contentent d'être approuvés par leur conscience? Ce dédain est presque toujours tin signe d'envie, d'impuissance ou une pose. Ainsi que l'a remarqué un ancien, les philosophes inscrivent leur nom en tête des livres qu'ils écrivent contre l'amour de la gloire. Rollin est plus dans la mesure lorsque, tout en reconnaissant que le désir de la louange est un faible, il conseille d'en profiter et d'en faire une vertu. « Il faut, dit-il, tâcher de s'en servir pour animer les enfants sans les enivrer '. »

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