‹ L'éducation du caractèreChapitre 69 sur 228 · SURMENAGE INTELLECTUEL · texte numérisé non relu

SURMENAGE INTELLECTUEL

sont précisément les plus nécessaires à cette époque de la vie, relégués à un rang inférieur.

S'ils sont internes, ils passeront leurs récréations entre les murs d'une cour, trop souvent à se promener comme des hommes; leurs promenades du jeudi et du dimanche se feront pendant deux heures, le long d'une route, dans un rayon d'une lieue à peine, avec des haltes pour se reposer d'un pareil déploiement de forces I Assurément la santé générale ne paraîtra pas en souffrir; des statistiques très sincères montreront qu'elle est meilleure dans nos internats qu'au dehors. Mais ce qu'une statistique ne relève pas, c'est l'affaiblissement de la force physique et de l'énergie virile, dont on peut avec raison rendre responsables en partie l'insuffisance de l'éducation du corps et la prédominance excessive de la culture intellectuelle. « Ce n'est pas une âme, dit Montaigne, ce n'est pas un corps qu'on dresse; et, comme dict Platon, il ne fault pas dresser l'un sans l'autre, mais les conduire égualement, comme une couple de chevaulx attelez à mesme timon ^ » Si le corps souffre par la faute de Tàme, il ne tarde pas à se venger sur elle. Ainsi que l'a fait remarquer un médecin, il ne faut jamais mettre les nerfs contre soi.

Du reste, le mal dont nous nous plaignons n'affecte pas seulement Téducation française. Nous lisons dans un rapport adressé en 1882 par une commission de médecins au gouverneur impérial d'Alsace-Lorraine : « Des plaintes générales s'élèvent dans les assemblées de médecins aussi bien que dans les parlements de l'Empire et des États confédérés. Des associations se forment pour protéger la jeunesse menacée * », etc.

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