‹ L'éducation du caractèreChapitre 70 sur 228 · Essais, liv. I, chap. xxv · texte numérisé non relu

Essais, liv. I, chap. xxv

2. Rapport sur les écoles publiques supérieures d'Alsace-Lorraine j trad. Roth.

Le docteur russe Sikorskî signale ce qu'il appelle « des déviations dans l'évolution névro-psychique », produites par le manque d'équilibre dans le développement physique et intellectuel. « La déviation la plus nuisible, ditil, consiste dans le développement prématuré ou trop rapide des facultés intellectuelles, qui sont alors en disproportion avec la faible croissance du corps. Il m*est arrivé d'observer de pareils désaccords chez des enfantsde tous les âges. Ils amènent avec eux la faiblesse, Tanémie, et ils gâtent le caractère, en le rendant irritable. Les premiers-nés de parents intelligents sont ordinairement Tobjet de soins attentifs, ce qui naturellement est très utile à l'enfant, mais risque d'amener un développement trop précipité. C'est ce que produit nécessairement l'influence constante des adultes, qui, poussés par TafTection et l'intérêt qu'excite en eux un enfant bien doué, ne l'abandonnent jamais à lui-même, et contribuent, par leur conversation surtout, à éveiller en lui une foule d'idées nouvelles qui, sans cela, n'auraient pas surgi de si bonne heure. Dans ces conditions, l'attention et le travail intellectuel de l'enfant sont excités outre mesure. Plus tard ces conditions rendent l'enfant extraordinairement intelligent, impressionnable, et développent en môme temps l'irritabilité de son caractère *. »

11 est piquant, par contraste, de remonter en imagination le cours des âges, et de se transporter chez ce peuple grec qui nous valait bien, sinon par la science, du moins par l'intelligence et l'esprit. La profonde conviction où il était qu'un développement équilibré du corps et de l'âme est nécessaire pour la santé des deux, et que l'âme est la. première à soufl^rir de la négligence qu'elle apporte au soin bien compris du corps, lui faisait

i. Le développement psychique de l'enfant, 3, Revue philosophique de mai 1885.

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