‹ L'éducation du caractèreChapitre 80 sur 228 · INFLUENCE DE L*£SPAIT SUR LE COEUR · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L*£SPAIT SUR LE COEUR

quer par leur intelligence et leur travail, et qui s'élèveront certainement à une condition supérieure à celle dans laquelle ils sont nés : Tun reste simple, modeste et affectueux; Tautre devient orgueilleux, dédaigneux et dur. L'instruction a laissé Tun comme elle l'a trouvé; peut-être même a-t-elle donné à ses bons sentiments plus de délicatesse. On dira qu*elle a gâté l'autre; ce ne serait pas entièrement exact; mais elle a favorisé Téclosion de mauvais sentiments qui étaient en germe et qui, sans elle, ne se seraient peut-être pas autant développés. Voici un autre enfant qui fait ses études avec profit; toutes les belles leçons de morale qui abondent dans les chefs-d'œuvre des grandes littératures lui sont prodiguées; il semble se les assimiler; il les répète avec élégance et chaleur. Quelques années après, point de fautes de conduite qu'il ne commette, point de mauvaises passions auxquelles il ne s'abandonne. Tels de ses camarades qu'il effaçait par son éclat, et qui étaient mis parmi les enfants bornés, sont les meilleurs des hommes. J.-J. Rousseau nous raconte, au début de ses Confessions, que Plutarque était la lecture favorite de son enfance. « De ces intéressantes lectures, dit-il, se forma cet esprit libre et républicain, ce caractère indomptable et fier, impatient de joug et de servitude, qui m'a tourmenté tout le temps de ma vie. Sans cesse occupé de Rome et d'Athènes, vivant, pour ainsi dire, avec leurs grands hommes..., je me croyais Grec ou Romain; je devenais le personnage dont je lisais la vie : le récit des traits de constance et d'intrépidité qui m'avaient frappé me rendait les yeux étincelants et la voix forte. Un jour que je racontais à table l'histoire de Scévola, on fut effrayé de me voir avancer et tenir la main sur un réchaud pour représenter son action K » Nous savons

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