‹ L'éducation du caractèreChapitre 81 sur 228 · Les Confessions, !'• partie, liv. I · texte numérisé non relu

Les Confessions, !'• partie, liv. I

malheureusement, par ses aveux mêmes, bien qu'ils soient arrangés, que Rousseau oublia en maintes occasions l'exemple des héros de Piutarque; nous savons aussi que des éléments fort divers entraient dans ce qu'il appelle l'indomptable fierté de son âme. Peutêtre ne convient-il pas de trop compter sur Tinfluence des premières lectures pour former le moral de l'enfant. J^ous ne contesterons pas cependant qu'elles n'aient leur utilité, non point pour éveiller des sentiment absents , mais pour entretenir et fortifier ceux qui existent déjà.

Maudsley pense que l'étude des sciences physiques agit heureusement sur le caractère. « La nature morale, dit-il, éprouve l'influence bienfaisante de l'application aux études scientifiques. C'est une tâche dans laquelle il n'est qu'un moyen de réussir, et ce moyen c'est robéissance. Pour pénétrer les secrets de la nature et se rendre maître de ses lois, la patience, l'humilité et la véracité sont les qualités essentielles. Et par véracité, ici, je veux dire non seulement l'expression sincère des opinions qu'on s'est formées, mais aussi la sincérité dans la poursuite de la vérité, un entier affranchissement des inclinations individuelles, une absolue sincérité dans les motifs aussi bien que dans l'expression du jugement. On dira, sans doute, que la formation d'un caractère implique autre chose qu'un accroissement de savoir par la méthode inductive ou un accroissement de puissance intellectuelle résultant de cette première acquiutition. Ce n'est pas ce qu'il s'agit de discuter en ce moment ; présentement, mon but est simplement de démontrer que la méthode scientifique réclame et, par conséquent, fortifie certaines qualités de la nature morale ^ »>

Pour apprécier cette opinion de Maudsley, il y a des distinctions à faire : le savant qui étudie la nature avec

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