‹ L'éducation du caractèreChapitre 97 sur 228 · Pensées^ édit. Havet, art · texte numérisé non relu

Pensées^ édit. Havet, art

nèteté, la bonlé, la délicatesse exquise du cœur pouvaient être une cause de dangereuse faiblesse. Cependant il est un point sur lequel les deux ordres semblent concorder : dans tous les deux, ce qui est nécessaire avant tout, c'est Ténergîe, Taptitude à TefTort. La nature ainsi que la morale condamnent les faibles, ceux qui ne trouvent pas et ne développent pas dans leur caractère Ténergie et la constance nécessaires pour une action difficile et incessante, ceux cbez qui les instincts d'action ne parviennent pas à triompher des instincts d'inertie. Pour réussir dans la vie, n'eût-on en vue que l'intérêt personnel, il faut se donner beaucoup de mouvement et beaucoup de mal.

Ne nous arrêtons pas aux exceptions qui semblent contredire la règle. Nous verrons qu'en général la mollesse, la paresse, la négligence, l'imprévoyance, l'étourderie, la légèreté sont sévèrement punies par la force des choses, et que le succès presque toujours s'explique par les qualités contraires, l'activité, l'application, l'attention. Nous verrons que ceux qui sont arrivés à la puissance et à la gloire étaient doués d'une volonté éminemment énergique et patiente, qui peut exister dans une âme avec des vices très blâmables, mais qui la relève et qui l'aurait portée à la véritable grandeur si elle eût été mise au service de la vertu. César n'était peut-être pas plus intelligent que son contemporain Atticus, mais celui-ci n'a été qu'un épicurien distingué, tandis que César a conquis l'empire. Ses vices étaient sans mesure ; mais il est facile de relever dans le portrait que Suétone trace de lui un ensemble de qualités morales auxquelles il a dû sa grandeur et qu'il avait à un degré éminent, résistance à la fatigue, rapidité, prudence, hardiesse, courage, fermeté. Lisez le portrait de Catilina par Salluste, et vous trouverez au premier rang, parmi les qualités qui firent de lui le chef d'une

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