‹ L'éducation du caractèreChapitre 3 sur 52 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

caractère ne serait que la nature, comme la nature, chez les êtres vivants, particulièrement chez les plus élevés, est essentiellement plastique ou modifiable, il comporterait encore une éducation, c'est-à-dire des changements heureux méthodiquement poursuivis et intelligemment obtenus, grâce à la connaissance des lois de la nature elle-même, qu'il s'agit d'observer, de suivre comme indication et comme guide, ou d'utiliser.

Mais, à vrai dire, le caractère ne commence qu'avec la conscience et la raison. Même il n'est pas simplement l'individu prenant conscience de soi, de ses dispositions et penchants, de ses lois ou fatalités naturelles; il est l'individu juge et critique de soi-même, pouvant s'imaginer et se concevoir, partant se rendre réellement autre qu'il n'est, commandant à sa nature, l'acceptant ou la modifiant à son gré. Le vrai caractère n'est pas le tempérament, le fonds originel ou l'ensemble des dispositions innées, mais les principes adoptés et suivis, les habitudes systématiquement prises et gardées. Il est un fait proprement humain; il suppose la conscience, l'imagination, la volonté et la raison.

De là ses formes diverses et complexes. Le caractère normal ou idéal semblerait devoir être un et s'opposer à la multiplicité des tempéraments individuels. En fait il revêt autant de formes que l'imagination humaine, individuelle ou collective, a pu concevoir d'idéaux différents suivant les temps et les lieux. On sait qu'il y a un caractère national (ex. romain, Spartiate), variable

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