VIII PRÉFACE
lui-même suivant les époques, — un caractère professionnel (le magistrat, le prêtre) — un caractère individuel, et que ces caractères coexistent, s'enveloppent les uns les autres. Nous n'abordons pas ici l'étude de ces divers caractères, nous allons droit au caractère individuel, qui est pour nous le seul vrai et d'ailleurs implique tous les autres.
Nous cherchons comment il se forme et de quels éléments il se compose. Nous passons en revue les définitions qu'on en a données, tenant chacune pour l'expression d'une vérité partielle, en tant qu'elle isole un élément réel, dont elle exagère seulement l'importance. Nous essayons de concilier les thèses contraires, de montrer que leur opposition est factice et verbale, et disons par exemple, en quel sens, le caractère est inné, en quel sens, acquis, en quel sens il est fatal, en quel sens, libre, en quel sens et jusqu'à quel point il se ramène^^à l'habitude ou au contraire suppose l'intégrité, l'indépendance du vouloir, etc. Préciser et systématiser les idées courantes et les conceptions élaborées des philosophes sur le caractère, tel est notre principal, mais non pourtant notre unique objet; nous indiquons forcément ou laissons voir quel est notre idéal du caractère; mais nous ne nous dissimulons pas que c'est ce que nous ne pouvons faire, sans nous départir de la neutralité ou de l'impartialité scientifique. Esquisser une théorie du caractère sera toujours suivre son caractère, soit celui qu'on a, soit celui qu'on voudrait avoir. Nous ne croyons pas qu'il en puisse être autrement et