PRÉFACE IX
que le coefficient personnel puisse être éliminé d'aucune théorie du caractère.
Nous revendiquons aussi le droit d'exposer à notre manière l'éducation du caractère, en insistant surtout sur les difficultés qu'elle présente, difficultés de tout ordre, théorique et pratique. Il est tels livres, comme V Hygiène de lame de Feuchtersleben, le Bonheur de vivre de sir John Lubbock, VEducation de la volonté de M. Jules Payot, — pour ne citer que les meilleurs du genre — qui laissent une impression réconfortante; il semble au lecteur que, pour acquérir toutes les qualités du caractère, il n'ait qu'à se laisser guider et à vouloir et qu'il ait toutes les raisons de le vouloir : son intérêt, son devoir, son tempérament même, ses instincts, tout le porterait naturellement au bien et à la perfection. Nous trouvons bon qu'on fasse ressortir cette vérité optimiste et édifiante ; nous craignons pourtant qu'à la réflexion elle ne paraisse décevante, parce qu'elle est incomplète, et nous sommes plus frappé, pour notre part, d'un autre aspect des choses. Il nous semble que la notion du caractère est déjà difficile à former et qu'il faut s'engager dans des discussions arides et laborieuses pour la rendre précise et cohérente ; encore ne peut-elle être à jamais fixée ; elle demeure perfectible et nous en venons à douter de notre idéal, souvent avant de l'avoir atteint, plus souvent encore après. Nous nous cherchons toujours. Nous ne savons ni ce que nous sommes ni ce que nous voulons être. Et si sur le tard pourtant nous venons à le savoir, nous ne sommes pas encore satis-