Pavot. Ouv. cité, p
Causes éloignées. — Les premières sont de deux sortes. Il y en a d'extérieures, comme le milieu physique et le milieu moral. « Certaines passions sont en effet comme le fruit naturel de certains climats ^ ». D'autre part l'éducation, les exemples, les compagnies, en vertu de la loi de contagion qui préside à la diffusion des émotions, leur sont un continuel aliment.
Mais les causes intérieures surtout sont à signaler. De fait, chacun de nous porte en soi le germe de toutes les passions. Il n'est pas rare cependant que l'enfant apporte en naissant certaines tendances plus accentuées qui ne demandent qu'à prédominer, et à se résoudre en passions. Ces tendances sont souvent le fruit de Vhérédité, un fait d'atavisme, étant donné la solidarité profonde qui nous lie à nos ascendants. Il peut arriver qu'elles sommeillent pendant une ou deux générations, quittes à s'éveiller ensuite brusquement.
A ce point de vue, le pouvoir direct de notre volonté est nul. Nous ne sommes pas libres, en effet, de choisir nos ancêtres ; et ce n'est qu'à la longue, indirectement, à force d'habileté et de persévérance, que nous parviendrons à redresser certaines tendances mauvaises que nous avons héritées d'eux, et à en neutraliser les fâcheux effets.
J'en dirai autant de la volonté dans ses rapports