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PASSIONS ET DES SENTIMENTS DANS L'ÉDUCATION

Si j'ai tant parlé jusqu'ici du rôle de la volonté par rapport aux passions, dans l'éducation du caractère, je l'ai fait avec l'intention bien arrêtée de mettre mieux en relief celui de l'intelligence. Car la volonté, avons-nous dit, doit être considérée comme la forme la plus parfaite de l'activité humaine, une activité réfléchie par opposition à l'instinct qui est une activité inconsciente et fatale. Mais la réflexion, est précisément la caractéristique de notre intelligence. Il ne nous est donné de réfléchir que dans îa mesure où nous sommes intelligents. Or, ai-je besoin de le rappeler, le travail qui consiste, pour la volonté, à souder l'idéal chrétien à des passions et à des sentiments favorables, à en écarter les sentiments et les passions hostiles, est avant tout un travail de réflexion. Il faut sans doute vouloir encore réfléchir, pour opérer ces soudures, et voilà par où le rôle de la volonté est capital dans l'éducation du caractère ; mais il faut aussi savoir réfléchir, et ceci est affaire d'intelligence.

Parlons donc du rôle de la réflexion méditative

à l'égard des passions sensibles ou des sentiments volontaires dans l'éducation du caractère. Nous verrons d'abord en quoi elle consiste.

La réflexion méditative

D'abord il est nécessaire de ne pas confondre la réflexion méditative avec l'étude proprement dite. Ses procédés sont pareils, mais son but n'est pas le même.

Voici ce qu'écrit à ce sujet un psychologue contemporain. Par réflexion méditative, « nous n'entendons point, cela va sans dire, la rêverie^ principalement la rêverie sentimentale qui est un des ennemis que nous avons à combattre avec énergie, dans l'œuvre de maîtrise de nous-mêmes. Tandis que, dans la rêverie, l'attention sommeille, laissant les trames d'idées et de sentiments se jouer mollement en la conscience, s'enchaîner au gré des hasards de l'association des idées, et souvent de la façon la plus imprévue, la réflexion méditative ne laisse rien au hasard. Toutefois, elle diffère de V étude qui vise à acquérir des connaissances précises, en ce qu'elle tend non « à meubler l'âme », mais à la « forger » \ « Dans l'étude, en effet, ce que nous poursuivons, c'est connaître ; dans la réflexion méditative, il en va

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