‹ L'éducation économique du peuple allemandChapitre 10 sur 33 · ÉVOLUTION DES IDÉES EN MATIÈRE D'ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION DES IDÉES EN MATIÈRE D'ENSEIGNEMENT

grec, et faisant une large place à l'étude de ces questions pratiques qu'on 'appela les realia : renseignement donné dans les Realgymnases est cornpalpable à notre enseignement moderne. Cette création détermina au surplus quelques modifications dans les programmes des établissements d'enseignement classique, c'est-à-dire des gymnases proprement dits. On y fit une place un peu plus large à l'histoire, à la géographie, aux langues vivantes, et aux sciences. Parallèlement aux Realgymnases on continua à développer les Realschulen et les Bûrgerschulen^c esi'k-àivQ\es écoles où le latin n'était pas enseigné.

Toutes les écoles « réaies » furent d'abord, comme il fallait s'y attendre, lobjet de vives critiques. Ces critiques n'ont même pas encore entièrement cessé (1). Il est permis de croire qu'elles ont eu pour effet principal d'inciter les Allemands à faire de nouveaux eflorts pour améliorer le niveau des études et intéresser les familles à des questions trop négligées jusque-là.

Chacun des voyages que j'ai faits en Allemagne, depuis vingt ans, m'a permis de constater que l'enseignement « moderne» rencontre maintenant

(1) Cf. Aloïs Kôfler, Die Reformhewegung des reaîistischen Unterrichtes in Deutschland und Œsterretch, Wien, 1908; et Aug. Scheindler, Pro Gyninasio^ Wien, 1908. V. aussi un intéressant rapport de M. Roegiers « La question des humanités en Allemagne » dans la Revue des humanités en Belgique, octobre 1904, p. 103.

dans les diverses classes de la population, de vives sympathies.

L'enseignement des gymnases s'oriente d'ailleurs à son tour plus qu'autrefois vers les préoccupations du monde moderne. Seulement il n'est pas facile en réservant un grand nombre d'heures au latin et au grec de faire une place à tous les enseignements que le xix* siècle a vu se développer. Introduire dans les programmes plus de sciences, plus d'histoire, plus de géographie, plus de langues, cela est très beau en théorie mais cela détermine un « encombrement »; Les programmes sont déjà si chargés que les enfants risquent d'être écrasés. Ils sont condamnés à une vue superiBcielle des choses. La nécessité d'écoles spéciales s'impose chaque jour davantage. Je me borne à ajouter ici que les efforts pour diriger l'esprit de la jeunesse vers l'intelligence de la vie économique actuelle ont eu leur contre-coup dans les simples écoles primaires [Volksschiden). Les Allemands ont fait de grands efforts pour que cellesci soient, dans la. mesure convenable, le miroir des préoccupations, des idées, de l'activité de notre temps. Les plus humbles maîtres d'école ont été incités à parler de questions économiques, à faire pénétrer dans l'esprit des enfants cette idée que la vie économique du nouvel Empire ne pouvait être limitée aux frontières du pays et devait se transformer en vie économique mondiale.

Si les Realgymnases et les autres écoles « rea-

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