‹ L'éducation économique du peuple allemandChapitre 6 sur 33 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

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sont engagés, être au préalable équipé, exercé et entraîné. Or, cet équipement indispensable, renseignement classique ne le d onne pas. Aussi « les premiers pas dans le champ de Taclion publique sont-ils souvent des chutes douloureuses qui laissent l'enfant meurtri, parfois même estropié pour sa vie tout entière >>. En d'autres termes la caractéristique de notre -enseignement secondaire est une certaine disconvenance entre l'éducation et la vie.

C'est ce qu'a reconnu également dans son bel ouvrage sur «les études classiques et la démocratie », Alfred Fouillée : « La France, dit^il, doit se prémunir contre un double danger, l'aflfaiblissement de son influence artistique et littéraire et l'affaiblissement de sa puissance industrielle et commerciale. De ces deux questions c'est aujourd'hui certainement la secondequi est la plus grave. Lat haute culture intellectuelle est assez répandue, la France est représentée par des hommes assez éminents, pour que nous n'ayons pas d'inquiétude de ce côté, mais nous avons déserté la lutte économique, notre jeunesse n'est pas armée en vue de cette lutte des volontés qui est devenue la grande forme de combat entre les peuples, et les enfants sont beaucoup trop portés à préférer aux

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hasards des carrières qui demandent de l'énergie et des efforts et dont les actes n'ont pas de sanction, les diplômes qui leur ouvrent la porte des administrations et des carrières libérales, surtout quand ils peuvent entrevoir à l'extrémité de ces carrières une pension de retraite ».

Ces insuffisances de notre éducation méritent de nous préoccuper d'autant plus que l'un des traits caractéristiques de notre temps, un de ceux qui marquent le début de ce xx* siècle qui nous réserve sans doute bien des su prises, c'est l'effort des peuples civilisés pour mettre en valeur les régions du monde qui, pour des raisons diverses, sont « en retard » et dont quelques-unes ont pourtant une valeur incontestable. Les explorateurs, les géologues, les savants sont unanimes à dire qu'il y a encore sur le globe terrestre de vastes régions à peine peuplées qui, soit au point de vue de la fertilité du sol, soit au point de vue des richesses minières, offrent des ressources considérables. Ces ressources, d'autres s'occupent aujourd'hui plus intelligemment que nous, de les exploiter. Le siècle qui vient de s'ouvrir nous

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fera probablement assister à de grands changements dans r Amérique du Nord, en Chine et dans l'Extrême-Orient, dans les vallées du Tigre et de TEuphrate, même dans certaines parties de l'Afrique. Il convient que nous nous préparions par une éducation appropriée à profiter de ces transformations inévitables. Notre éducation au point de vue économique a été jusqu'ici manifestement défectueuse. Si nous voulons ne pas être dépassés par nos voisins, il ne suffit pas d'appeler de l'épithète de « moderne » un enseignement à base littéraire. Il faut de toute nécessité renforcer l'enseignement technique, industriel, commercial, sous les formes d'ailleujs si variées que cet enseignement comporte. Les statistiques qui ont été dressées depuis quelques années pour éclairer les discussions de ceux qui, au Parlement et hors du Parlement, se sont occupés de la réforme de l'enseignement de notre pays sont significatives. Nos écoles techniques ne sont ni assez nombreuses ni assez fréquentées ; nos écoles professionnelles, nos cours d'enseignement commercial, organisés le plus souvent au hasard, sans plan arrêté, sont insuffisants; des considérations politiques se sont mêlées d'ailleurs aux questions d'enseignement qui auraient dû être prépondérantes. De louables

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essais dus à Tiniiiative privée, au lieu d'être encouragés comme il Teût fallu, ont été souvent combattus et parfais avec une regrettable partia- IHé.

L'effort à entreprendre est d'autant pkis pénible que la plupart des Français, il faut bien le dire, ne se sont jamais beaucoup intéressés au commerce. La profession de commerçant n'a pas été honorée autant qu'elle méritait de l'être. On a pensé, comme le disait un jour M. Jacques Siegfried, que le commerce pouvait s'apprendre uniquement par la routine et qu'il était bon pour les fruits secs des autres professions. Le préjugé de l'infériorité des carrières commerciales a pesé sur notre civilisation tout entière. Il est sans doute destiné à disparaître, mais son maintien provisoire, même partiel, est pour la France d'aujourd'hui une cause de faiblesse. Notre pays a prodigieusement souffert de ce que beaucoup de jeunes gens intelligents se sont détournés d'occupations qu'oa leur a représentées comme vulgaires, terre à terre, et 011 cependant il& auraient pu rendre bien plus de services à leur pays.

« Tout homme, disait fort bien au Congrès de Mons, M. Gérard, préfet des études de l'Athénée de Namur, est une valeur et une force. L'essen-

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