XX PRÉFACE
tiel est qu'il se trouve dans une situation qui lui permette de tirer parti de ses ressources et de faire fructifier le capital qui est en lui ». Or il n'est pas douteux que la réparation des forces sociales dans notre pays est mauvaise. Beaucoup de jeunes gens se sont engagés dans des carrières pour lesquelles ils n'étaient pas faits. La cause principale de cette erreur tient à l'état de nos mœurs. Sous la pression de préjugés fort anciens, beaucoup de familles n'ont voulu entendre parler que des carrières dites libérales. Celles-ci ont joui et depuis longtemps hélas! dans notre pays, d'un prestige exagéré.
Un certain nombre de pères de famille commencent heureusement à s'apercevoir de cette erreur. On me citait dernièrement l'exemple d'un homme qui avait trois fils inégalement doués. C'est vers le commerce qu'il n'hésita pas à orienter le plus intelligent et le plus actif. Le second peu entreprenant avait un esprit pondéré, l'amour de l'ordre et de la ponctualité, il en fit un officier ministériel. Ce fut le moins bien moins doué qu'il poussa jusqu'au baccalauréat : quand on est muni de ce diplôme, et soutenu par quelques recommandations, il n'est pas trop difficile d'obtenir une place tranquille dans une administration.