ENCORE LE COLLEGE
Toutes les fois que je prononce ce mot de collège , il ine semble que j'excite en vous un frissonnement de terreur ; et aussi pour courir au devant de cette émotion , •je sens le besoin de redire que le collège pour moi c'est toujours ce lieu d'études élégantes et chrétiennes (1) , où l'éducation se fait par les bons exemples, et d'où est ban-
(i) Voye» Lettres» an Pèro.
nie à jamais la farouclie discipline qui m convient qu'à des esclaves.
Cherchez ce collège, ou bien je vous don nerai volontiers le conseil de condamne votre enfant à l'ignorance, plutôt que de L je ter dans quelqu'un deceslieux funestes, oî sous le nom de science il serait initié à toute les connaissances de la dégradation.
C'est vous, mère tendre et délicate, qu< je veux voir chargée du soin de clioisir h collège de votre fils. Vous apporterez i cette recherche toutes les sollicitudes d votre amour.
Le plus souvent le choix du collège c décide par des raisons futiles. La vanité Sft part. On a ouï parler dans le monde* études savantes d'une maison. On v; cette maison. On y dépose son enfant p pouvoir dire aussi qu'il est à la source lumières, et puis on ne s'enqniert ph . -ce que devient cette fleur sous la mai ses nouveaux maîtres. On ne songe profit, hélas ! très incertain de ses é
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et la pensée de Féducatioii ne parait pliu^ parce qu'on est toi^t saisi de l'espérance d'un« instruction qai doit être pleine de gloire.
Oui, j'appelle cela une vanité ! £tqu'e^« ce donc, je vous prie, que toutes ces études savantes dont on se berce pour un enfant ? les études savantes ! Mais la vie entière de l'homme n'y suffit pas. Nous arrivons à la maturité de l'âge, au travers des méditations et des recherches, et plus nous marchons dans la science humaine, plus nous nous apercevons de notre ignorance. Puis la vieillesse arrive à grande hâte, plus incertaine de toutes les choses de la vie, se réfugiant au Ciel pour se soustraire au douta le la terre. £t enfin la vie échappe elle-»
néme» et les études savantes , accumulées force de veilles, n'ont conduit l'hoinme u'à une expérience souvent doulomeuse i son impuissance à lever le moindre voile • l'humanité.
N'est-ce donc pas une singulière préoclation de vanité de dieicher pour l'en-
ant celte précocité de science, lorsq science doit fuir devant lui toute sa et de sacrifier à cette pensée toute choses fondamentales de l'éducation ?
A bien dire, toutes les maisons d'é renferment à-peu-près de nos jou même germe d'instruction. Et mên écoles les plus renommées pour leun thodes et leurs progrès, ne sont pas qui jettent dans le monde le plus de ciples prédestinés à la gloire du géni
Tous ne vous laisserez donc pas s ces grands renoms de science ou de sy Voulant faire de votre fils un homi truit, vous vous souviendrez d'abc vous devez en faire un homme de 1
Il me semble qu'un œil de fe admirable à pénétrer les vices c l'éducation dans un collège.
Allez visiter vous-même celui pensez choisir pour asyle à votre
Ce n'est pas seulement le vous interrogerez sur l'esprit
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à la conduite de sa maison. Ses réponses seraient sans doute conformes à votre vœu.
Car vous savez qu'entre tous les maîtres de l'enfance , il n'en est pas un qui n'ait inscrit Dieu sur son école. Chrétiens ou athées, tous parlent de la Religion, comme du fon« dément des études. Admirable hommage rendu à la vérité ! Dès qu'il s'agit de former l'homme intelligent et libre, il faut que Dieu se montre. Sans cela il n'y aurait chance que de dresser une brute.
Le maître ira donc au-devant de toutes
'os pensées. Il vous dira de belles et saintes
aroles sur l'enfance , et vous, tendre mère,
)us aurez quelques larmes pour réponse.
Mais retenez la sensibiUté qui vous trahit,
ayant interrogé le maître, interrogez sa
ison même. Interrogez les murs ; inter-
tz tout ce qui se rencontre devant vous.
que chose a sa voix. Interrogez les dis-
s, c'est-à-dire, plongez votre regard de
au fond de leur pensée. Interrogez
yetix, leurs gestes, leurs joies; voyez
si dans toutes leurs attitudes il y a je quel signe de bonté et de pudeur ; s'il y a de la politesse et de la bie lance ; voyez s'il y a du respect pour même, qui passez au milieu d'eux c une mère qui peut-être va leur lais compagnon de leurs jeux et de leurs è Après quelques instans rapidement é au milieu de cette république bru je soupçonne fort que votre jugemei porté, et qu'il sera juste.
Mais peut-être vous serez tombé< quelqu'un de ces collèges dont une pline sauvage a fait des prisons. Le :
vous fera entrevoir ses disciples à la bëc. n vous l03 montrera au travers grille de fer, tristes , pâles , imm< comme des captifs. Et puis il vous di les réglemens ne permettent pas, sui une femme, de pénétrer dans leur rc
Que fereï-vous? je vous prie.
Moi, je vous dis que vous devré hâter de fuir ce lieu de malheur. F
SUR l'éducation. ^
quoi donc une femme, et surtout si Cette femme est une mère, ne pourrait-elle pénétrer d^ns un asyle d'enfans ?
Cette sévérité est sinistre. Elle cache des mami qu'on n'ose dire.
Je Veux que vous ayez vu de près et touchéméme les lieux où vous allez déposer voire fils ; et je veux que vous vous en soyez éloif^née avec une émotion mêlée de joie et de sécurité. Ce n'est point un caprice de femme, pardonnez i:ettë parole! qui vous décidera ensuite. C'est une pensée de mère , c'est-à-dire, une pensée religieuse et sainte qui inspirera votre choix. Cherchez te pei^ection de l'instruction ; mais chëtchei d'abord la perfection de l'éducation ; cherchez la politesse, la bienveillance, la piété ) la piété, ce parfum des vertus.
Et puis, lorsque ce grand choix sera fait, «{IpliqUez'-vdUs à le faire àimet d'avàhcë à vôtte èhfaht. S'il soiipçohnàii ^^'11 Va être jeté dans un cbllége, comtne dahà lih li«u dé répression et de discipliné aust&rè
Ai tETTBES
et formidable , sa vie en serait troublée ^ et tous les soins possibles ne corrigeraient pas ensuite cette première impression d'aversion et d'épouvante.
Le collège doit lui sourire comme un asyle où il doit apprendre à devenir un homme. C'est une grande habileté que de faire aspirer l'enfance aprèsles choses graves d'un âge plus mûr. C'est à la fois répondre à son vœu le plus naturel. Car l'enfance soupire sans cesse vers l'avenir. Elle se hâte vers la vie ; hélas ! et la vie lui échappe à mesure qu'elle pense la saisir.
Mais de ce Desoin même de courir audevant d'un âge plus avancé, vous pouvez faire sortir de généreuses et fortes pensées.
L'enfant aimera le collège, s'il imagine qu'au collège il va cesser d'être un enfant.
Yous lui aurez dit plus d'une fois que pour mériter d'être au collège, il faut se préparer par des habitudes de raison et de sagesse. Ainsi le disposant à y arriver, comme s'il devait y trouver une récom-
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pense, vous l'aurez heureusement préparé à y trouver du moins desi jt)urs paisibles.
Soyez ingénieuse à le bercer ainsi de nobles souhaits. Yous aurez fait beaucoup pour le bonheur de ses premiers ans , et fait beaucoup encore pour le succès réel de ses études.
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