PREMIERS PENCHANS ET PREMIERS TALENS
Voici que répanchement habituel pensées de votre enfant va vous rëv tout-à-l'heure les premiers penchans son âme et les premières dispositior son esprit.
Soyez attentive à saisir ce premi gnal d'une nature qui déjà s'ouvre
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venir. Toute la suite de Téducation peut dépendre de ce moment décisif.
Car vous comprenez que l'enfant n'a encore que des goûts vagues et des instincts très indécis. Et c'est vous qui devez surprendre ce qu'il y a de vrai dans le fond de ces idées toutes confuses et comme noyées dans un nuage. Puis l'éducation, dans sa marche, devra se conformer aux préférences que vous aurez devinées, à l'inspiraion secrète qiii se sera trahie. Non pas qu'il faille dès cette première apparition d'une disposition douteuse, ou d'un talent incertain, prendre soudainement son parti, et se hâter de diriger toutes les pensées de l'éducation vers un but qu'on aurait saisi avant même qu'il se fût bien montré. Mais tout en laissant aller cette nature qui commence à se révéler, vous vous assurez d'avance les moyens propres à la féconder ou à la réformer peut-être. Car l'éducation, c'est la direction ou le redressement des penchans de l'homme-, etce^x^^^^^
çbaos ) il les faut étudier dvec maturité afin de ne se point tiouiper daus le traTai de culture auquel ils devront plils tar< être soumis.
Prenez garde! Ne vous jouez avec au cun penchant naissant. S'il est bon, forti fiez-le ; s'il est mauvais, redressez-le , ex tirpez^-le, detruisez-le.
Il y a des dispositions qui tiennent a cœur> et d'autres qui tiennent à l'esprit. Q sont les apparitions du vice et de la vertv ou bien les 'révélations de l'inlelliij^eaG avec ses degrés différens. Que les unes i les autres vous soient un objet égal d'e&a men.
Pour ce qui est du cœur, les moindrt uiouvemens ont de l'importance. Voyez i dans les épanchemens de votre enfant, il a quelque révélation de la passion qi pourra quelque jour le dominer. L'en Ci?
vous dira toujours plus qu'il ne pense, vous dira, sans le soupçonner, s'il* est c 1ère, s'il est paiesseux, s'il est rancum
s'il est aournois, s'il est dissimulé, s'il est impitoyable et vindicatif, s'il est ingrat, 3'il est avare» s'il est insensible. Et il vous dira de même s'il est bon, s'il est compa* tissant, s'il est pieui, s'il est laborieux, s'il est généreux, s'il est clément, s'il est reconr naissant y s'il est doux, résigné et tendie.
Vous pensiez n'avoir plus rien à faire pour garder votre empire sur cette jeune 4me, mais voyez tout ce qui vous reste l C'est lui qui par ses communications avec vous va vous fournir tous les mo yçns d'exer^ cer votre autorité de mère. A cbacune des révélations qui «riendrpnt luiie à votie esprit sur la marcbe de cette nature naïve, vous aurez à intervenir avec une leç^u, avec un encouragement, avec un conseil.
Et combien votre voix aura d'empire, lorsqu'elle viendra doucement se faire entendre au milieu des voix un peu sévères du collège! colloque silencieux de deux âmes qui se répondent ; mystérieuse éloquence qui ira saisir votre enfant au fond
de sa pensée et le captivera d'autant plus qu'elle ne sera pas un son vibrant à son oreille , mais une parole intérieure d'avance accueillie avec amour î •
Non, je ne pense pas que les mères soupçonnent la part immense d'autorité qui leur est laissée, même lorsque l'enfant n'est plus là sous leur tendre regard. Et je dis que l'absence leur rend cette autorité plus grande encore. . •
Vous pouvez par l'absence inspirer des prodiges d'amour à votre enfant. Vous pouvez lui imposer des sacrifices de passion naissante. Vous pouvez dans le premier âge le faire monter jusqu'à l'héroïsme.
L'enfant au collège garde pour sa mère un souvenir qui ressemble à un culte. C'est line exaltation qui s'explique par l'isolement où il s'est trouvé dès le début, et par le retour naturel qu'il a fait vers de tendres soins qu'il a vus disparaître, et qui lui sont à l'instant devenus plus sacrés.^ Et
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c'est là précisément ce qui fait votre empire. Exercez-le au proBt de ce tendre enfant. Exercez-le avec courage et avec suite.
Exercez-le , au moment surtout où vous voyez ses penchans se déclarer. Soyez-lui présente par votre amour. Qu'il laisse épanouir son âme devant vous. Ne l'effrayez pas ! laissez-le s'épancher naïvement. Provoquez-le, s'il le faut. Ayez par ses maîtres teut ce qu'il vous faut de confidences pour rendre vos conseils toujours opportuns et toujous applicables. Quel travail ! quelle sollicitude ! quelle activité de prévoyance ! Voyez-vous à présent toute la part d'empire qui vous reste ? et n'ai- je pas raison de vous dire que c'est vous, tendre mère, qui présidez encore à l'éducation de otre enfant? Qu'est-ce auprès de ces soins exercés même de loin, qu'est-ce que la 'surveillance toujours un peu suspecte, des maîtres les plus assidus? Oui, vous restez le bon génie de votre enfant ; et vous êtes d'autant plus maîtresse de sa vie, qu'il n'est pas là,
SOUS votre autoiité immédiate, et que de lui-même il va chercher votre empire comme un besoin et comme tiu secours, ne fut-ce que pour sentir moins celui qui Fassujétit à des règles qu'on n'est pas toujours assuré de lui faire aimer.
Cependant il reviendra de loin en loin 80U8 votre main, et en recevant vos douces caresses vous le verrez sepUer de lui-même à vos inspirations et à vos goûts. Dai^s ces momens plus intimes vous aurez plus d'action sur sa pensée. Mais soyez discrète à exercer votre empire. L'enfant a besoin de croire à la Uberté qui lui est laissée pour quelques jours. Il a besoin de croire à des joies qu'il s'est grossies d'avance. Ne craignez pas ! lui-même va bientôt être frapp* de sa méprise, et après la première expan sion de ^on ivresse , il retombera auprès c" vous , cherchant à remplir autiement vide de sa vie inoccupée.
Il y amatt bien à dire sur les vacanc sur ces interruptions régulières du ti*av<'
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dans la vie de Tenfant et du jeune homme.
Mais ce que j'en dirais ne changerait rien au besoin des mères, ni à des habitudes qui sont devenues une partie des mœurs.
Faites au moins cpie ce temps ne devienne pas un temps de malheur. Craignes l'oisiveté, ce fléau des vertus. Craignez l'en* nui, qui ronge l'esprit. Craignez le dégoût des bonnes choses , craignez l'amour des plaisirs extrêmes. Faites-vous en ces jours difficiles une vie d'exception pour votre enfant. Faites -vous des occupations et des joies qui soient pour lui plus encore que pour vous. Disposez-le aux goûts paisibles. Faites lui aimer la nature avec ses spectacles d'innocence. Fuyez la ville, s'il se peut. Jetez-le parmi les émotions des champs. Accoutumez-le à tout ce qui rend l'homme maître de lui-même. Qu'iJ jouisse de ce qui l'entoure, sans violence et sans trouble. Ainsi vous pouvez devenir de plus en plus maîtresse de ses penchans ; et tout vous sert, vous le voyez, k présence comme
réloignement , les jours de repos et les jours d'étude.
Mais gardant votre doux empire pour la direction des premiers pencbans de votre enfant, gardez aussi votre autorité pour la -direction de ses premiers talens et pour cela soyez attentive aux premières lueurs de sa pensée.
La plupart des hommes ne sont malheureux, que parce qu'ils se sont trompés ou qu'on les a trompés sur la nature de leurs facultés, ou de leurs goûts même. Car sur ce point l'illusisn est facile, et en même temps elle est désastreuse. A de telles erreurs s'attache une fataUté qui pèse ensuite sur toute la vie.
Je l'ai dit au père de votre enfant : la vocation est la première étude à faire pour la conduite de son avenir. La vocation n'est pas un caprice ; elle est une inspiration, et si Dieu a des moyens mystérieux de la faire connaître à l'âme pieuse qui se renferme en elle-même et s'isole des va-