DES PASSIONS
celle ardeur tViinagiuer qui ptëciiîunea{;edani? un momie de irêreriesj e le feu des passions qui le pousse
à de plus funestes ëcartd.
)us vois , tendre mère , toute tremdes périls qui s'annoncent. Les oràimencent à {];i'onder. L'imagihàtion le tenips^des émotions vires et des
pciist'os I31 ûlantcs. Yoici la nature du jeune homme qui se déclare; voici cette âme qui part toute haletante et avide vers des plaisirs inconnus et des joies long-temps rêvées. Et vous, que ferez- vous? Allez-vous courir désespérée au-devant de cet élan qui vous effraye ? Penserez-vous éteindre cette flamme qui nienace de tout dévorer? Croirez-vous que ce bel avenir que vous aviez imaginé, est déjà perdu, que déjà votre enfant vous échappe , que votre empire est fini , et que vous n'avez plus qu'à baisser la tête dans la douleur et dans la prière?
Ecoutez-moi ! ce serait une rêverie assurément pour une mère de penser qu'à force de sollicitude et d'amour , elle soustraira son enfapt à cette loi fatale qui fait de la vie humaine un long combat contre les passions. Autant vaudi-ait pour elle espérer qu'elle éteindra sanat\ire morale, et que, voulant en faire un homme vertueux, elle l'empêchera d'être un homme.
Ce n'est pas ainsi que Dieu nous a fait
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une obligation de la vertu. La vertu ne serait qu'un mot si la passion n'était qu'une oinbre. Laissez donc cette nature suivre sa loi ; mais pour la suivre et la guider dans cette marche périlleuse , comprenez bien auparavant comment vous avez à considé-> rcr les passions humaines, en les éclairant de la lumière du christianisme.
C'est par les passions que l'homme est grand, non pas seulement parce que d'ellesmêmes elles élèvent sa nature , mais parce qu'étant par leur impétuosité sujettes à franchir toutes les bornes de la raison, elles lui donnent une occasion de combats qui font sa gloire.
Ah! les passions font la gloire de l'homme^ qui en doute? Mais que de larmes elles font couler de ses yeux! Ces combats contre les passions sont cruels , et le triomphe même en est déchirant. Aussi la simple raison est impuissante pour ces sortes de victoires, et si l'homme n'avait pas d'autre force, que ferait-il dans cette lutte, où tout
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le cloininé, sa faiblesse, ses sens, et pins qne les sens encore, la tendresse et la délicatesse de ses affections? ^
Car je ne parle pas des prissions grossières de Vliomnie ; que m'importe celui qui ne connaît des passions que la volupté «*
J'ai bien plus de pitié pour celui qui , foulant aux pieds le plaisir et les sens , est malheureux ]mr des passions intérieures, feu dévorant qui brûlerie cœur.
Que de combats cachés ! quelle lutte dans celte sainte obscurité de la pensée intime de l'homme ! Là sont les cruels combats do l'âme, \ix guerre des penchans funestes, deë affections violentes et désordonnées , deS passions brûlanles.
Pourtant il faut que la vertu sorte victorieuse de celte gratide lutte. Mais sera-lcUe victorieuse pour se dévouer ixxi malheur? A Dieu ne plaise! Voici de douces larmes qui vont couler sur cette victoire.
Et que dé paix la suivra ! quelle sérénité dans le cœur î quel calme dans la vie! Cette
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violence faite à Tame dans quelqu'une de ses aifectionsles plus tendi-es devait être , ce 8einble,un déchirement mortel; elle devient au contrail-e une Source de voluptés pures.
Le ciel a fait Id victoire et 11 la couronne r. et sans cela qui songerait à se dompter le coeur? Qui voudrait s'arracher du fond des entrailles ces penchans où l'homme trouve naturellement ses délices ? Quelle passion n'aurait pas son éianÉp^el désordre n'aurait pas sa liberté ? Et par conséquent dû n'irait pas riioirime , même quand il n'aurait pas dès le commencement laissé tomber ces penchans vers les clioses grossières, vers les plaisirs de la brute.
Et encore si par des accidens quelconques où la volonté n'est pour rien, l'homme vient à être privé des objets où l'attache sa passion , qui est-ce qui va remplir ce vide , si Ditju est absent? Où est la consolation de cette douleur? Dans cet état de l'âme il y a des angoisses cruelles. L'homme en perd la raison. Il devient furieux ; il se fait crimi-
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nol. Il pense se sauver de son malheur par le désespoir. La'^jalousie le ronge. La vie lui pèse. Le voilà capable de se faire meurtrier ou suicide. Quelle horreur ! quel supplice ! quelle désolation intérieure I c*est un enfer que cette âme ainsi ravagée.
Ah! soit que Thomme brise lui-même ses passions, soit que le caprice d'autrui les désespère, sachez que seul il ne pourrait supporter ce déchirem^. Il faut que Dieu passe dans ce cœur mutilé. Il faut qu'il descende dans cette solitude, pour y répandre la douceur et la paix. Pauvre mortel! Il ne peut ainsi jamais se suffire. Avec ses passions, il tombe dans tous les maux de la vie. Il leur demande le bonheur , elles lui donnent le remords, et sans les passions aussi, il n'est plus rien qu'un être vide. Il évite la faiblesse , il va au dcsesj)oir. Quelle alternative de tourmens et de douleurs^!
Dieu seul est le consolateur de tant de maux, il est la force à tant de faiblesse. Les larmes que les passions font couler devicn-
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neiit douces , si Dieu les reçoit. El encore , heuieux dans notre misère infinie, Dieu ne nous arrache pas le cœur tout entier pour nous faire supporter la vie. Il nous le laistSQ avec nos affections et nos tendresses; mais il les enfouit dans ce foyer brûlant ; admirable sacrifice, qui fait que nous jouissons de nous-mêmes en paix , et que nous ppuvons nous estimer grands sous la main de Dieu, lorsque sans lui nous tombions dkns les excès de la faiblesse ou dans les folies du désespoir !
C'est ainsi, tendre mère, qu'il vous convient d'envisager en général les passions humaines, pour apprendre par cette méditation à servir de règle et de conseil à votre enfanti dans cette soudaine initiation qu'il va subir aux troubles et aux agitations de l'âme. Ainsi vous vous affermirez vousmême contre la terreur que ressentent les -mères à l'approche de cet âge d'épreuve.
Car, sachant queDieu même a fait à l'homme cette condition des passions cruelles , vous
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amoui-, cl il vous est présent pat la lonf{ii habitude de ses épanchemens de tendresse
Ainsi vous connaissez toute son anic Vous savez la nature de ses idées et l'em pulsion de son caractère. Comment don j^otre langage de mère n'irait-il pas droit tous ses besoins?
Et moi je vous redis que c'est à ce mo ment de crise que votre action maternell doit s'exercer pleinement. Armez-vous d votre courage de femme chrétienne et d mère intelligente. Ici peut-être je vous dî rais des choses que le monde comprendrai peu, lui qui ne croit qu'aux paroles d'utilité et d'égoïsme. Mais sachez*que ce qui fai votre domination , c'est votre piété, c'es votre vertu, c'est votre foi. Il n'est pas d'en fant qui ne s'arrête dans ses passions, lorsqu'elles vont heurter tout droit les saint, exemples de sa mère. Ayez en vous-mcmi cette confiance et vous serez toute-puissante. C'est vous qui devez vaincre ou tempérer cotlc anleur qui commencé à Imuil-
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lonner. Vous n'aurez pas pour cela besoin de longs discours de morale ; il vous suffira de votre éloquente vie , de votre vie d'abnégation, de dévouement etd'amour. Voilà, vous dis-je, tout votre empire. Etqueferaije si je vous disque cet empire, vous l'assurerez encore en intéressant Dieu même à votre combat contre les passions redoutables de cette jeune âme? que ferai-je si je vous parte des propres secrets de votre cœur si tendre et si pieux? C'est vous qui savez mieux qu'un autre ce qu'il y a de puissance dans la prière. C'est elle qui vous inspirera ce qu'il vous faut d'habileté , et ma propre espérance serait une cruelle chimère, si je ne pouvais vous promettre qu'à ce prix vous resterez la maîtresse des passions les plus pétulantes de votre enfant. Je l'ose dire ! la société humaine serait autre , si les mères croyaient davantage à leur puis- 8ance« Mais , pour croire a leur puissance , elles ont besoin de croira à leur vertu.
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