DES SALONS
Le sftloft) c'esl un monde dans te monàé Les Tértus du salon sont des rertus i part, ce sont plutôt des conventions ou dei bienséances , et encote des bienséances di quelques momens , et bien plus el^es son par fois une sorte d^ tromperie fugitive Un art furtif ^ une imitation rapide et èw perficiellc de tout ce qui est bon , gvacimil et aimable.
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L'étude du salon n'est pas l'étude du monde.
L'ctude du salon, c'est l'étude des dégui*^ semens humains. Comment le jeune bomme , avec ses inexpériences et ses penr> ehans de uaiveté , pourra-t-il faire cette étude? Au salon régnent la ruse et l'intrigue, la jalousie et la fausseté. La candeur se noierait dans cet abîme.
Au salon point d'amitiés , niais seulement deâ caresses. Tout haut des paroles de tendresse , tout bas des persifilages et des moqueries.
Aussi le mérite au éaloii elt exposé à ^se confondre avec la nullité. L'esprit n'y est pas toujours boa à grand'cbose. La suffisance y est plus à son aisç , si cç x^'eal qu'il y a bien une conscience secrèic^ qui fait justice ; mais la sufi&sance finit par triompher , si elle est tenace , si elle est brillante , si elle est confiante , il elle est élégante et parée , fût-elle avec tout ceH quelque peu hautaine et impertinente.
A VOUS dire vrai , je me sens peu enclin à vous parler longuement du salon ; je finirais par en médire.
Le salon est pourtant le théâti^e où devra paraître votre ûk. Je n'ai garde de lui vouloir donner la nomenclature des futilités qu'il sera contraint d'y apporter comme autant de vertus. Je prends sa vie de jeune homme plus au sérieux , et je ne fais en cela que vous imiter.
Laissons les frivolités et tout le mérite factice et passager des salons ; laissons la mode j laissons la vanité , laissons tout cet appareil d'habitudes de convenance, qui peut se trouver en des âmes vicieusea comme en des âmes pures et honnêtes.
Si votre fils parvient à se parer de ces dehors, ce lui sera peut-être une utilité ; ce que je lui souhaite , ce sont des mérites d'un prix meilleur.
Et pourtant vous voulez comme moi qu'il n'apporte pas au salon des airs incultes et des formes rudes. Tout peut fort bien
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se concilier. La politesse irpoiul à la bienveillance de Famé. L'élé(jance est le dehors de la bonté. C'est par exception que la vertu est farouche. Vous voyez donc que votre fils , en gardant le foâds de sa nature intact, peut se montrer au salon avec les gi'âces extérieures, qui, j'en conviens, sontle ' plus souvent toute la perfection du monde, mais pourtant n'excluent pas la vraie per»
fection.
Il est des convenances de salon qui se modifient selon la mobilité de chaque siè^ cle. Mais il en est que je voudrais voir* survivre à toute les variations des goûts et des idées : le monde en serait meilleur;
La première de ces convenances , c'est le respect pour les femmes et les vieillards.
C'est la première convenance, dis- je, et c'est plus qu'une convenance ; c'est un devoir, et un devoir dont l'accomplissement ou la négligence révèle des vertus ou des vices dans le cœur de Hiomme , une pensée droite ou une pensée fausse^
et aussi une société qui se conserve ou une société qui s'altère.
. Et d'abord , le jeune homme témoigne de la bonté et de la pudeur , selon qu'il f$arde du respect pour les femmes. Celui qui méprise les femmes ou affecte de les mépriser , traliit un cœur flétri et dégradé.
Mais ce n'est pas seulement du mépris <|ueje parle. Il y a de certains airs de familiarité , de légèreté et d'outre-cuidance qui s'éloignent du respect que nous devons aux femmes , et qui attestent de ménie quelque chose de gâté dans l'âme.
Vous ferez assurément que votre fils ne se laisse point aller à ces imitatiom de sufTisaucc dédaigneuse et insultante ; car vous lui aurez appris à croire à la vertu.
Cette pensée peut très bien s'allier à la triste idée dç la corruption j et parce que les femmes ne sont pas toutes de bon et saint exemple y ce n'est pas à dire qu'il faille les rejeter tou';es de sa pensée comme des êtres pçrdus. Quoi ! le jeune bomuie
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n'a-t*il pa£ autour de lui des fein^nes qui mettent eu sécurité sa bienveillance? Il a une mère ! et il croit à sa vertu , apparemment ! il a des sœurs, et ne lui sontelles pas sacrées ? Gomment donc accepterait-il cette flétrissante yanterie des cceufs pervers qui feignent de n'avoir pas assez de mépris pour les femmes ? Il me semble qu'il en sera blessé , au contraire, comme d'un outrage qui lui serait propre.
Puis , sans même aller à tout ce qu'il y a de sérieux dans cette question de la verlu et de l'honneur des femmes ^ que los esprits gâtés ne touchent que )p6ur la salir , séins que votre enfant ait eu besoin de s'arrêter beaucoup à ces idées humiliantes qu'on lui jettera par bel air , il comprendra qu'il n'y aurait pas à toucher du pied un tapis de salon , si l'on ne devait trouver sous ses yeux que de belles et de gracieuses images de corruption et de vice.
Qu'il éloigne de lui de telles pensées.
Elles ne feraiei^t point d'honneur ti son
innocence , et elles ne témoigneraient pas non plus de la délicatesse de son esprit.
Le jeune homme trouvera dans le respect des femmes l'ornement le plus naturel de sa parole , et l'inspiration la plus heureuse de sa vie.
On a beaucoup écrit sur les femmes, et nul n'a omis d'écrire que les femmes sont le charme de la société des hommes.
Mais cela suppose la vertu. Car la dégradation exclut la bonne grâce , exclut la politesse , exclut l'élégance , comme elle exclut le respect et l'amour.
De sorte que le charme réel des salons tient à l'honneur des femmes et aux hommages qu'elles méritent.
Là où il n'y a point de respect , il n'y a \ii beau parler , ni belles manières , ni politesse , ni courtoisie ; il n'y a que mensonge et flétrissure.
Le respect pour les femmes a été pour beaucoup dans le perfectionnement de
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notre langue , si délicate et si pure , de même qu'il a créé en France une sorte d'urbanité qui ne ressemble point à la sociabilité des autres peuples. Nous avons eu dans les temps de corruption l'hypocrisie de la bonne grâce. Mais cette imitation est guindée ou triviale , ce n'est plus de l'élégance.
Et puis, dans les temps de corruption, il n'y a plus de salon proprement dit. Le vice ne s'amuse pas à des causeries aimables ,'et ne se /:omplait pas à des hommages de décence. Le vice s'en va dans ses bourbiers.
Le salon le fait fuir, à moins que le salon ne se modifie selon ses goûts de trivialité»
J'ai parlé aussi du respect pour les vieillards. C'est dans un jeune homme le signe le plus touchant d'une belle ame , et souvent un augure de noble avenir.
Au salon les vieillards sont comme les femmes; ils perpétuent la tradition de la politesse et de la grâce.
Le jeune honiiiie serait ù plaindre 8*11 ne sentait pas ce qu'il y a de vénérable dans ces figures qui lui représentent k passé, qui lui représentent la famille, qui lui représentent la vie humaine avec des épreuves déjà fx>utés faites , épreuves de malheur le plus souvent, dontrautoritc doit servir de leçon de sagesse à çeujL qui eu*^ tjre^t dans la même voie , et peut-êtr^ pour ue la pas suivre avec le même succès.
Si 1^ respect pour les vieillards était une paritiç essentielle dt$ mœurs publiques, la société garderait sa dignité, et ),e salo9 aurait toujours sa (lécençe.
Un signe certain de décadenaç , c'est qa^ Tàge n'ait pas ses hommages assises dans le monde. Les révolutions d'empjii'ei» smvent de près ce mépris de la vieillesse. Car il révèle à la fois d'autres vice« et d'autre9 besoins. Il révèle l'esprit de nouveauté ; il révèle la témérité dans les opinions, la folie dans les entreprises , l'ardeur de jpuiir ^ 1« soif de dominer, la précocité de l'ambition,
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la fureur de Fraclépcn^ance , et avec tout cela on va rapidement à la rui ne des étatsi.
Et pour ne point effrsyer ici inutilement le ]etmt homme , disons-lui du moins quf sans le respect pour les vieillards sa mo-r dc&tie se flétrit ; sa con6ânce devieni liaur tirtne, m parole est tranchante; ses opinifons $oiH duvee et inflexibles ; et couimfi ces tridée^habîtudesdoiTèttt le suivre dans Tàge fhan mm , les' rapjporte de la rie de saloa Boni bientôt rendus diificiles ; la causerie devieikt de là eiimtroverse , et la cotttroveràe détient de la disp«tte,
Alorà yous n'ave« plus cette convepsation vite et animée , vous n'avet plus de ces àpiïituefe bohs mots , de ces souvenir» piqtisiiis, de ces dires anecdotiques, de ces rierts de bon goût, de cei bmines grâces, de ct«r amu$emensdVsprit,(tui firent le charme etlarenoinmée des vieux salons. A la place vous avez le bruit, la cohue, le tumulte, ou bien la discussion par assis et levé, un supplément aux séances politiques, des haran*
gues alternatives , le pédantisme , l'ennui , la mort.
Nous ne changerons pas de long-temps nos besoins modernes. Mais que du moiuo il soit fait un effort pour ramener les jeunes hommes à des goûts paisibles et déUcats.
Je voudrais que le salon fût une école de politesse, je voudrais voir les femmes y reprendre leur empire, les vieillai*ds y conserver leur autorité, les jeunes gen5 Tomer par leur modestie. L'andennç tradition de rélégance renaîtrait ; les moeurs s'adouciraient; le contact des hommes serait moins rude ; et ces formes de bonne grâce ne seraient pas seulement une apparence ; elles ne feraient que répondre à une perfection de bienveillance qui descendrait peu à peu dans les anies, et promettrait au monde un avenir de paix et d'harmonie.
SUK J.El>!;CiTJOS.
ISS
xvu.
DES TE£AIft£S.
Vous parlerai- Je ausai des ihéâtres ? iMe faut bien. Car les théâtres sont de bonne heure montrés au jeune bomme , comme un lieu de pkbir et aussi comme une école, de perfectionnement et de bon goût. Soji imagination se porte vers ces scènes d'é^ motion I même quand elle n'y cberclic que
iSi^ ' LETTIlliS
des œuvres d'art et de {];ciiie. Les écoles les plus austères laissent enfin .unegrande place entre les études à Tétude du drame, et de ses lois, et de ses mœurs, et de ses artifices, et de ses pompes et de ses passions.
Comment donc à présent dire au jelme liomme que cet objet dont on Ta préoccupé longuement et follement peut-être, doit disparaître de sa pensée , et que, dès qu'il est arrivé dans le monde ,^ il n'y a plus j^ourluide drame ni de théâtre, si ce n'est dans les théories des livres? Je manque de courage pour arrivei- à ce point d'austérité. Toutefois je laisse intactes les graves et saintes décisions qui marquent d'un sceau inexorable les joies du théâtre. Il faut bien que la Religion soit entrée profondément dans les causes du désordre moral des hommes , lorsqu'elle leur a inontré les spectacles comme le plus grancl péiil de leur innocçnce et de leur vertu , puisqu'au nom de Sja piiilosophie demilépubliiajjuç et demi-chrétienne , <îemi-
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farouche et demi-polie , J.-J. Rousseau est venu jeter au travers de son siëclë tout étourdi dans les plaisirs , les liiêmes proscriptions et les inêmes^auatlièmes.
Que vais-je donc faire? redirai-jc dêà* .iieiix communs qui, api'cs tdut, vont se résoudre dans une maxime sainte de l'ë^ glise? ce serait peine perdue.
Je laisse, ai-jc dit, toute lélir autorité à des décisions de haute mdiile. Rlàié je me remets en préàencfe du jetine lioibùiëy dont l'imagination a été .d'àvanee tdtïl émue du récit des passions draiiiàtiqUës,' et qui s'est accoutumé à considérer te théâtre comme une partie dé ses étildés. •
A Dieu ne plaise quic je dise à ce jeune homme : Allez ! à Dieu ne plaise que j^ renvoie désarme, inexpérimenté, ardent et mobile , h des émotions .inconnues , à dè§ jolès imaginaires, à des douleurs fiëtives/ à des fêtes qui troublent les sens !
Maissi,après tout, ce jeune homme veut aller savoir ce qui eu csV. , ^\fc\^\^-\^V
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et que ferez-vous, tendre mère ? je ne sais; tout conseil me manque,. et c'est votre amour qui va vous être une inspiration.
Il se peut que vous songiez à aller avec lui à cette étude nouvelle des passions humaines. Il se peut que vous vcuilliez par votre présence tempérer ce qu'elle aurait de violent et de soudain. Ici encore il trouvera des mécomptes; mais l'imagination ne sera pas binisquement guérie de ses agitations chimériques; seulement l'aspect de ce monde de poésie , de ce monde 'long-temps rêvé , pourra perdre en effet de son péril,si vous êtes là pour faire tomber, ne fut-ce que par votre silence, quelque illusion mystérieuse qui pourrait monter dans cette jeune ame.Le jeune homme auprès de sa mère se sent retenu par je ne sais quelle autorité sainte de pudeur et d'innocence, et c'est beaucoup si la première impression du théâtre se trouve ainsi combattue par une impression plus naturelle , plus réelle et plus intime.
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Toutefois je ne vais pas ici me complaire en des réyeries. Je sais Tindépendance du jeune âge, et je ne; soupçonne pas qu'il soit donné à la mère la plus vigilante et la plus tendre, de tenir toujours son enfant dans les mains, et de le garder inviolable et pur contre les enivremens. Hélas! l'ordre de ses études plus avancées , et la marche naturelle de sa vocation , viendront aussi l'éloigner de vous au moment où il avait besoin de vos secpurs.
Vous avez donc à prévoir, en cet isolement, des dangers et des malheurs. Et iaut-il le dire ? la vertu la plus forte ne navigue pas dans la vie sans quelque naufrage. Le théâtre surtout est le grand péril des jeunes imaginations ; mais il n'est pas à' dire que toutes vont s'abîmer dans ce gouffre.
Ce que je conclus , c'est que', présente ou absente, vous avez à bien connaître la nature de ce péril; vous avez à e'tudier le théâtre , tel qu'il est en notre temps ; vous
avez à pénétrer ce qu'il y a au fond de ces passions de poésie , qui semblent ne parler qu'à l'esprit, pt qui remuent la yïb tout entière ; vous aves k comprendre le caractèrç et l'effet de ces inventions neuves^ 4e ces drames inouïs, de ces conceptions prodigieuses, où se jette la pensée tout entière d'qi^ peuple jstdis retenu dans ses joies, parce que sa sensibilité ne s'était pas épuisée aux orgies du plaisir. Vous avez à vous faire philosophe et moraliste , pour vous rendre co^ipte à vous-même de ces énormités poétiques^ sans lesquelles il n'y a plus ;iujourd'hui d^ spectacle possible, et qui, par degrés, nous feraient un besoin des ipêmes épiotions, que Kome, dégénérée et peixlue de volupté, allait demander aux (ure^rs du cirque , apx batailles des bétes fauves et à regorgement des esclaves.
Cette étude vous est nécessaire. EUe vous servira s^ expliquer bien souvent le monde à votre enfant. Ce sont les théâtres qui font la plus grande partiç d^ nos maux. Ils font
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les amours vîolens, .les sr^udales alroccii, les çiiines cadiés des familles , les inf^ptiiiies^ mystérieuses^^ les désolations > les meurtres,, les $aicides} Içs théâtres ^ jeFose dire, spn$ la grande école de nos dégradations mor raies. Ils finiront par nous faire une hu-, manité contre nature ; ce sera la passion sauvage avec tout le raffinement de la. passion civilisée.
JiCS poètes , vain^ et légers qu'ils ^nt , pensant n'être que poètes en rêvant une, pâture extraordinaire d'émotions, en pas-*, sant par-delà le^ affections ordinaires de la/ yie , et allant saisir dans un idéal ss^nsbornes ui> ordre inconnu de passions reali-, sables, et puis avec cettç faculté prodigieused'imagination cliimérique,en battant chaque; jour la pensée publique par des spectacles d'atrocité froide, de frénésie calculée, dfi' meurtre riant et familier. Ils sont poètes , , je le veux bien ! mais ils sont princip«lemçïit corrupteurs. Qb I.que la poésie me parfait avoir une pluç sainte mission ! Je v^ïidy^j^
ftî LETTRES
la poésie grande et pure ; je la voudrais céleste , et sa voix ne devrait être entendue parmi les hommes que pour redire des paroles de vertu. Mais vous voyez bien que de ces spectacles habituels de désordre et de volupté , le peuple ne remporte que des émotions tumultueuses et des pensées sinistres. Par les théâtres vous n'expliquerez que trop bien les mœurs violentes qui rompent le lien social , et c'est aussi par cette considération très grave que vous devez saisir la pensée encore droite de votre enfant 9 afin que , détestant de toute son énergie de jeune homme , les énormités qui passeront sous ses yeux , il reste fort contre les impressions théâtrales qui les produisent ou les préparent.
Oh ! que votre office est grand ! et que vous avez besoin que Dieu vous donne du courage pour le remplir avec dignité !
Tendre mère! connaissez tous les périls qui vont envelopper votre enfant. Goûtez , •'il le faut , au poison dont il voudra s'a-
SUR L'iMfMoN. Ml
breuyer. Marchez devant lui. Montrez-lui les abîmes. Vous seule , à force d'amour , le retiendrez et le sauverez. Car vous êtes son ange , et votre main ne doit pas quitter la sienne dans cette rude.épreu ve des premiers dangers de la vie..ni/ir
Ou du moins , s'il marche seul , que votre " intelligence lui soit présente, et faites qu'elle lui soit tpi^if^^^J^ij^fif^a^^^ un remords.
i!o;i p.'jj'i HMav nO .\'*rj71fj;a fjl l'j X"j î{jir*lJ'j'£
XVIlI..*>iv i;I L»!i f.i'Ji^inAj yJI i'iJji -lii!.'! J> .:jJirj'-iiq iioiî iljl iii/iïi.liU'JliU
Les lliéâtres ne sont pas le seul péril du jeune homme* Le système poétique des théâtres se rattache aujourd'hui à tout un ensemble d'idées que vous trouvez répandues dans le monde , et qui faussent ^ toutes les notions antiques de la société.
Je ne saurais vous dire ici tout ce que votre enfant va rencontrer d'opinions vaines, doutei^ea, vacillantes, sm- la politique , sur
srn i.'tDUCATfON-. ^j^
la pliilosophie , sur les lettres, sur les,^]'|^r Ces opiuions touchent plus ou moins .^^Jj^ vérité du christianisme; carnulle errçqjj m lui est indifférente. Or, pour ji^çç^'édjf^çr, gaf^ nouveautésjon dit au jçy^ç. l;l,çjftme,<}uj^^^^^ sont appr9Br|f.ca,4 lîùjiç.pçés.ent^i^umonjlp^,^
m^ M •?m,4«î':Sl{IW,s'Slfl}*|Y.«,aueara-^ viWl,,fiîvlSÀ.l?fiy^J^>R«=îfit3WrVfj#,Jîse':i Hïfiftt,^e,||l;^SiiÙ!^,„%,M à'i.fS?i?%^P«
ttBia^o«»fcRfMv^Jeji.jîpijç,aKf?.,Bi(HijB,iiBHr, *»M!'WVjf)Ç- «flnoHy,çJJ^eftt. ^7/)i,p.çi)î^fi,,
par excinpk,onnQ^Sij foitunç ye'K/je.i'Vflnrç,!
fW LETTRES ,
là &èfûle condition de ne paraître pas se soutenir de la vieille France, ni de sa gloire, ikï disses arts. Mais voyez l'entrainement â^^ifeiirlla jeune France,que peut-elle être? quel esi le point où elle commence , et quel est le point où elle finit? suis-je de la jeune fiance j ou suis-je de la vieille? demain seral^è^e l'une ou de l'autre? A quelle fraîice^a^partient M. de Chateaubriand, sjviéc sa' ppésie chrétienne ; à quelle France m/ de^qnkld , avec sa philosophie savante; a qii^tte ' i^rance la mémoire de l'empire , C^ueiie.l^ràince la mémoire de Louis XYIII cft'Mèî^dhakes X ; à quelle France l'ordre ]{{>litii(luè ^ùrhous domine depuis six ans? tout (5elà'e*^{^i^ti{us: A chaque moment il se fadt^ ûW dâjplac^efffeiit' datis lës^ âScs ; là^ ^ëtfriésâé» pkssë^i îk^fflkî^^'là WlUCëteik^'S^W minè^é. •ee^(mtéih'eiit^tiBt''f«iiide$^tt^ méiii àiiétt ^ès^tt^sliSôf»;;^ cfesrfôVfe^t'péîrpëtùèïlfe? cette ^ëtëtliîiiitf^eSe itisëiVs^.fe^i né îé t)ëhs)Bî:-vbttfe'^k^I'*'^^''^ '^^'^ ' Maïs tel est lè ^lède. itt lit v'e*t'Wèn^à^A^'
de commun avec le passé , et il déguise son Indépendance sous de beaux noms.
Que toutefois il y ait présentement dans la société des choses nouvelles et des besoins inconnus , cela est manifeste. Mais ce renouvellement du monde ne saurait être en dehors de son histoire , ni de ses lois morales, ni de ses traditions. Quel est donc le mauvais signe de notre temps ? c'est de se supposer meilleur , plus grand et plus glorieux que tous les autres. Cet isolement où nous nous mettons par rapport aux âges passés, fàî?
toutes nos erreurs et ifaéi(i^^\éx&&iJèàiiiië misères^. ■'* '■*' -^^^''^^'1 ç noijr.jîinion »]> .ijiioff
'^Ce^'i^é 4ft«^ vdvlè aVfei HMmàétëk ififf d'e^poWtf'àé béhiîé ïiB*é ià pfeh^è'W
Le mépris*àH?i«ïtt(jniië'é5tflé'êrf9là'<}ôi>
tbïitéàf Kie^iqèfès^^fr géii^Jët'Se glbW;'f<? iPexèej^ 'dùcrfh •^éirfé^dnHnbti»àl!iéili''L«>
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La lillératui e a sa tradition , Qt le gënio même a ses lois.
Voyez où nous en sommes ! dans cette immçfise fécondité de notre temps , fécondité désordonnée qui jette à tout hasard des œuvres de toute sorte, livres et révolutions 9 OÙ est la création réelle ? où est limité? où est l'harmonie? nous vivons en plein chaos. Les idées sont dans un pêlemêle qui (ait peur. Poésie , philq^^^g| roman, histoire, iou^Mi>dHfAi^L^
ma àfiJ^mkijmiêSi^mhfm^-M^Jm
point de domination , point de durpfi^^.Gfi
cçiifyçiPjij CWte.^'4i^!yiî4Çft.t^WaBW?« q*Û'dpitJuiêM?<^fl9e;:^. Jf/^,çî?iifipp^iOT
SUR l'Éducation. t9Q'
rogeantles siècle^ d'autv^fois. San^ mepoiiuaitf^ les transformations qui passent incessamment sur riiuipanité , il ir^i ^ Texr g^riç^ce des vieu^ temps pour mieux juger lî|i{^(^f4)^|46s temps nouyeaux. Cette expé- #^fÇi^*^cciggî\"'lî.?ï^ toutes choses, d^n^ les question;%.^f}^]ifyr/il^,ç^t4jftft| les questions
en regard de rhumanité.:,j,,,,j:^l, , , .j, ,.,,.;j meille^j^^ilj).V^lf a,Yftm^.ft«j6 teH^iteSiijégi
^i[î|iqïî^fitis3p},ip4^qrç9^j^i ifls h«pw3ps
contre cet esprit d^,^]fgg^ç,/j|ii dj^iMfe
siècles qui s'en fonf accroire ne sont p ceux qui laissent la plus profonde empreim dans l'histoire de l'humanité.
Et, après tout y s'il fallait attaquer ] siècle présent même par ce qu'il appelle se progrès , ne voyez-vous pai combièù' donnerait de prise aux censures? '*
Ce n'est point hîon oiBce d*àbaisser'' siècle :' )'aihiki-ais' mieut concourir à' rtn&ré pltn g^and et meilleur. Mais cotntii il faut après tout le connaître , je potrrra lAèii ytàûhtiotifa^r quelques-uns des carai tèresde sa débilité;
•■■'NWcz''8tirtotit* la frivolité de ses penser dàtitf lés thosès in^nieis (^ui semblent toùc le pltitl à tte torogpès dont il parle trop.
• Eu fait Ût beau i il pretid le laîd , Ti blie , lé hidë wc. Il is'd^siéd sur k boiii^ ' sIBilr la rfàtùrè Jjôéiique. ;
'Bà fdltae'ihdrile,iha|lla»tîitfx cônt insensés. Que de sortes de nioralé- r flHiiJ$< lé ^1è V'dèpuis^ la kîiforale de jfi^ulii là' Mbrâfe khr 'itoB'fbristé I