‹ L'éducation et l'enseignement en matière d'instruction secondaireChapitre 23 sur 30 · SUR L*ÉDUCATION · texte numérisé non relu

SUR L*ÉDUCATION

la, morale du gendarme, jusqu'à la morale de la femme libre ?

Que vous dirai-je de la littérature proprement dite ?

Le siècle ne sait plus rien de l'homme , rien de sa nature profonde , rien des ressorts secrets de la vie, rien du mystère de l'humanité. Et cependant sa littérature veut avoir saisi ce qu'elle appelle la vie intime. La vie intime! mais c'est là tout un* objet d'étude philosophique. Et comment cette méditation irait-elle au siècle, emporté qu'il est par les futilités de la vie extérieure ?

Aussi c'est merveille de voir cette littérature intime se donner à elle-même un démenti par ses drames de passion brutale et sensuelle 9 par ses romans de volupté , par toutes ses œuvres de matérialisme.

La vie intime^ vous la trouvez dans les littératures méditatives, qui ont sondé le cœur humain, qui ont épié les finesses de la corruption, les raffinemens du vice, le secret de la haine et de l'amour ; qui ont à la

ftî LETTRES

la poésie grande et pure ; je la voudrais céleste , et sa voix ne devrait être entendue parmi les hommes que pour redire des paroles de vertu. Mais vous voyez bien que de ces spectacles habituels de désordre et de volupté , le peuple ne remporte que des émotions tumultueuses et des pensées sinistres. Par les théâtres vous n'expliquerez que trop bien les mœurs violentes qiii rompent le lien social , et c'est aussi par cette considération très grave que vous devez saisir la pensée encore droite de votre enfant 9 afin que , détestant de toute son énergie de jeune homme , les énormités qui passeront sous ses yeux , il reste fort contre les impressions théâtrales qui les produisent ou les préparent.

Oh ! que votre office est grand ! et que Vous avez besoin que Dieu vous donne du courage pour le remplir avec dignité !

Tendre mère! connaissez tous les périls qui vont envelopper votre enfant. Goûtez , »'il le faut , au poison dont il voudra s'a-

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breuver. Marchez devant lui. Montrez-lui les abîmes. Vous seule , à force d'amour , le retiendrez et le sauverez. Car vous êtes son ange , et votre main ne doit pas quitter la sienne dans cette rude épreuve des premiers dangers de la vie.. RI / X^

Ou du moins , s'il marche seul , que votre intelligence lui soit présente, et faites qu'elle lui soit tp^.j^,pç^:^i9^ un remords.

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Les théâtres ne sont pas le seul péril du jeune 1ioniine« Le système poétique des théâtres se rattachë^'luîyoiîrdliui à tout un ensemble d'idées que vous trouvez répandues dans le monde, et qui faussent .toutes les notions antiques de la société.

Je ne saurais vous dire ici tout ce que votre enfant va rencontrer d'opinions vaines, doutei^es, vacillantes, sm* la politique , sur

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la pliilosppliie ; sur les lellres , sur Ies,^,|^r Ces opiaions toudient plus ou moins .^^^^^ vérité du christianisme; car nulle errçqg^ngj. lui est indifférente. Or, pour ajCM^d||t^r,fi^ nouTeautés,on dit ai\ jçyflç^ljiçjaiin^l<|U alles^

QfiJHi.;p'w}fli4î9nfî «}»î>y,f fi?!? 9,W %^,?^

iiéïêtïi9«»fcl>pHVfiJiefa.sfli^ç,ay^.]n>.qttejPRΫ par exemple,9poq^S9 faitunifye'H/jc.i'r^^cc,^

Iot lettres ,

Ift y/ûle condition de ne paraître pas se soutenir de la vieille France, ni de sa gloire, liï dé'ses arts. Mais voyez l'entraînement à^^it^rîla jeune France, que peut-elle être?

quel esi le point où elle commence , et quel est lé point où elle finit? suis-je de la jeune france', ou suis- je de la vieille? demain sfêral^é' je Tune ou de l'autre? A quelle iFr^iice^a^partient M. de Chateaubriand, 4v'ëc sa ppésie chrétienne; à quelle France M; de^qnald , avec sa philosophie savante; a qigî^ite ''!ft:ance la mémoire de l'empire , CW^etie^^raince la mémoire de Louis XYIII ^' déf ^dhârtes X ; à quelle France l'ordre ]{{>1itiiiué filous domine depuis six ans? tout C5elà'è^{'i&ti(îi8: A chaque moment il se fait^ iib'di4la^tfMi' dads Mà^ës ; 'U^jëtfrièsâé»

pàssèi* là'^^mki'^'ùwmié^ébiï^^^^^

vîéiïlééSèi '(fc^(mir«ibfent 'èiàf^f^ideçiëôtitJ^ mfeifi*' mVr ^és^tt^teittèfis'i^f 6ts4iiéf H »fttei> cfesrfôtf ëâi ï^^i^pêtÙèUfe?' cett^^ ihs'éiVs^ ï né Ié^ëhsti-'^^tlfe'èWé?[''''>- > i^'T • Mats tel est ïè ^lèdé. ït lië ve4t^rfett"4i!di\^*

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de commun avec le passé , et il déguise son Indépendance sous de beaux noms.

Que toutefois il y ait présentement dans la société des choses nouvelles et des besoins inconnus , cela est manifeste. Mais ce renouvellement du monde ne saurait être en dehors de son histoire , ni de ses lois morales, ni de ses traditions. Quel est donc le mauvais signe de notre temps ? c'est de se supposer meilleur , plus grand et plus glorieux que tous les autres. Cet isolement où nous nous mettons par rapport aux âges passés, fàijt toutes nos erreurs et q^j^qWÊtbîs^téâièsïiè^ misère^."'* '^^ -^"'"^^'f r noijnjninof) r^i> Jiiioif

'"C^eèi'â 4ft^ ^vtà riffei iteômàéfëk km d'e^pMàé béhié îifei*é ià jitoiè^è^^àè?

Le méprisàèl^aiitcitiitë'ést'iè' cMèi'âè^

ûVA/^ée'mméàcë'A d'kitéfetî<«iué^-

^<}èt^dè4à''VÎMHé»éVwté[r4«* tbtiïéàf Rie^^ès^a^géiiîieJët Se glbirti'fe»

iPéxèe^ 'd«icM& •^éB^^dnHàbti»àt!i6il>î'L«> flfttf bh«be£»è^de'l^WtëttiMiè te )^

198 LETTBE8

La lillérature a sa tiadition , Qt le gëni même a ses lois.

Voyez où nous en sommes ! dans cett immepse fécondité de notre temps , fécon dite désordonnée qui jette à tout hasar des œuvres de toute sorte , livres et rév< lutionS} où est la création réelle? où e limité? où est l'iiarmonic? nous vivons c plein chaos. Les idées sont dans un pêLj Qiéle qui fait peur. Poésie , VJ^^^fffVJfffi roman, histoire, iouX^p^^i^dnfArPl^A

point de domination , point de àuxjèf^y^§^

C9|ifMÇ}ppj C'f^\fej,xai^^4çs.tfiipp9IB^ç^

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rogeant les siècles d'autrefois. Saiis mëconnaitfe les transformations qui passent i|icessainment sur rhun>anité, il ira à l'exg^i^if ^ce des vieux temps pour mieux juger lft,}jiaTfîïp|des temps nouveaux. Cette expé- ^])fÇi<ffA(n^cQ^^j^ir^.en toutes choses, d^n^. les questionjs^^^j^p/^^^ç.tfjfi^s les questions

en regard de rimmanité.:,j.|..|.- j, , . .j, ;..,,.•;

meillejjj«^ilj^Vflî%Yftftl^ft«j6teWi 18*11^^5]

contre cet esprit àe^.^i^é^am à^iftftfe

f, Wlf^t î^Rû|d'a,yftiK; dfi,:^ iiiQÎlp§ii€f,îppwr) »iit; Çfc <l,'«n f^MïJ^P* P9AÇ p«»n sJLjc\ç,,|j^|

siècles qui s'en font accroire ne sont ceux qui laissent la plus profonde emprei dans l'histoire de l'humanité.

Et, après tout , s'il fallait attaquer siècle présent même par ce qu'il appelle ; progrès, ne voyez- vous pai; ' icôiMbiéii donnerait de prise aiii ceiittires? • l Ce n'est J^miit Mon' oÎBce ; 'A*idbaî^et siècle''s * J'àihiëVai^''tméui ëbfncétirif* â i^tidi^^^^à^'g^iiiiidètineitleuri Mai^cohi il^itrt' âfiirès tliViit le icôiiilïitrë ^ je pôthri bSèW Viiii îïiaii^ii^ ipiélqué^uiis^des càSr tèresde sa débilité: ' •' '-^ =■ "

^Nfcficz'iitfïoïii^ fe friVblifé de se^ péiià dlAhk'Iëslàiôsèis'Jn^nïeisî^ui semblent tbùc lé pltiiii à tié't)rolgiiès'ilb£ft il parle trôîi.'' '

*^ïà ftii m htstti il'prélid le laid , Fig Bfe^lti hideux^ fl'^^îéd srir !a hùvixt p< sMSlrlà Aiihi^^iiguéJ* ';-'•-

-*£& fdkdë'âïdrÂfe^i'èy |)lalt&ii3c'cônlTâ(s insensés. Que de sortes de morale' tiàxi f2Ue^lé'^ë'/'dé^iriHà'\^onaede VM

SUR L*ÉDUCATION. âOl

la ^morale du gendarme, jusqu'à la morale de la femme libre ?

Que vous dirai-je de la littérature proprement dite?

Le siècle ne sait plus rien de l'homme , rien de sa nature profonde , rien des ressorts secrets de la vie, rien du myaitère de l'humanité. Et cependant sa littérature veut avoir saisi ce qu'elle appelle la vie intime. Lai vie intime ! mais c'est là tout un* objet d'étude philosophique. Et comment cette méditation irait-elle au siècle, emporté qu'il est par les futilités de la vie extérieure ?

Aussi c'est merveille de voir cette littérature intime se donner à elle-même un démenti par ses drames de passion brutale et sensuelle 9 par ses romans de volupté , par toutes ses œuvres de matérialisme.

La vie intime j vous là trouvez dans les littératures méditatives, qui ont sondé le ccBur humain , qui ont épié les finesses de la corruption, lesraffinemens du vice, le secret delà haine et de l'amour; qui ont à la

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