‹ L'éducation et l'enseignement en matière d'instruction secondaireChapitre 6 sur 30 · SU · texte numérisé non relu

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L'Etat doit,aa contraire, Venseignemeni, qni •SI la vie publique du citoyen et du fonctionnaire.

Ainsi se trouve résolu, en ce point du moins, le grand problème de nos sociétés modernes, •avoir : Le plus de liberté iniividuelle avec le plus d'autorité publique, le plus de diversité dans réincaiion, avec le plus d'unité dans renseignement.

Qu'on ne nous dise pas que jamais la chambre actuelle n'aura la volonté ni la force de faire sur Tlnstruction publique une loi équitable, une loi conséquente, une loi de principes ? Que m'apprenez-voos là de nouveau et que je ne sacbe ? Est-ce que je ne sais pas aussi bien que vous, puisque j'en ai tant vu faire, comment les lois se font? Est-ce que nous marchons, autrement qu'à tâtons, les mains en

•a plutôt il se rattache à Dieu comme croyant, à la liberté comme homme, à la famille comme fils, à l'État comme citoyen. Cela n'est-ii pas vrai, exact, raisonnable? et n'esi-il pas de l'intérêt de la société «à notiê vivons^ de la société actuelle, qu'il en soit liiiai?

^Jè^N^-

^00 avant et les yeax voilés, dans les issnes et dans les défilés hérissés et ténébreux de notre régime empirique ? Trop souvent les lois, au lieu d^étre une règle de justice pour tous, n'ont été que des pièges tendus par la majorité sons les pas de la minorité ; trop souvent, elles n'ont été que le triomphe railleur d'un parti , au lieu d'être la légitime satisfaction de tous les intérêts nationaux. On tue ses ennemis de l'intérieur à coups de lois, en temps de paix, comme on tue ses ennemis de Textérieur à coups de fusil, en temps de guerre.

Quand on ne se croit pas le plus foi t, on ajourne, sauf à rompre plus tard l'armistice ; quand on se croit décidément le plus faible, on cède sa prétention, sauf à la reprendre. C'est ainsi que, dans leurs emportements injustes et passionnés, certains de l'université découdraient les soutanes, abattraient les chaires, mureraient les portes des confessionnaux et des églises, et interdiraient au clergé toute éducation avec tout enseignement ; tandis que certains du clergé fermeraient tous les collèges, proscriraientlétude des sciences mathématiques

^0\ et de l'histoire, tonsnreraient toasles professeurs et s'empareraient, par l'enseignement exclusif et universel de la jeunesse, de toutes les avenues du gouvernement.

On ne cherchera pas dans le parlement, qui a le droit et comment il faut satisfaire au droit, mais qui est le plus fort et comment il faut satisfaire au plus fort.

On s'arrangera pour un accommodement mol et peureux qui ne contentera personne, ni les hommes de préjugés, ni les hommes de principes. On ne cédera le monopole par la. force, que pour le rattraper par la ruse. On ne sortira Àe la règle courante, que pour tomber dans le chaos. Mais tel est l'admirable effet de notre gouvernement représentatif, que la presse et Topininn ont bientôt mis dans le creuset, fondu et éprouvé les lois de faux argent et de faux or, et que, ce qu'une mauvaise législature a établi, ne subsiste que le temps nécessaire pour qu une bonne législature le défasse.

Ne cherchons donc, nous vaincus du moment, nous législateurs de l'avenir^ qu» ce. ç^<^ ^^^«iN»

rintérét de ions les pères de famille) du goavernement et du pays.

Que nous importent ces lois arrachées, comme avec le forceps, aux douleurs de Tinitiative, dont la violation flagrante est préméditée, dont la base chancelle, ébranlée par le vent des systèmes, dont Tantagonisme, la guerre et la ruine s'échappent comme autant de conséquences, et dont la durée ne peut être que la durée éphémère du mensonge et de l'anarchieT L*lieure vole, les passions s'usent, les préjugés J6 dissipent, la Térité se déga^, le droit apparatt, et le temps est à nous !

DÉDUCTIONS CONSimiTIOlBLLeS

Notre plan se rattache de tons côtés à la Charte de 1880, qu'on appelle la loi des lois, la loi vitante, an lien qae les autres systèmes se fondent sur des idées qui n'ont plus ou qui n'ont pas encore eours, ou sur des régimes qui ont disparu, on qui ne sont pas encore nés.

Nous ne saurions trop répéter que nous n'a* vons pas à juger si ce qui se fait en Amérique, en Angleterre, en Allemagne, en Belgique, en

(i) Je n'écris pas dans une matière aussi grave, pour plaire, mais pour convaincre, et pour convaincre il faut que je reprenne, que je retourne, que je présente dans tous les sens, mes propositions et mes arguments, afin qu'on sache parfaitement ce que je veux, et qu'on paisse, en pleine connai^ance de cause, me donner bien tort ou bien raison.

•104 Russie, en Turquie, en Chine même, si voi voulez, est ce qui convient le mieux à l'Amer que, à FAngleterre, à PAlIemagne, à la Belg que, à la Russie, à la Turquie, à la Chine mêm et si c'est ce qu'il y a de mieux, en effet, poi chacun de ces pays là. Nous n'avons pas ne plus à rechercher si les systèmes d'éducatic suivis dans la vieille Egypte et chez les Hébreu à Sparte, à Rome, sous Charlemagne, soi Louis XIV, sous la Convention et sous Nap léon, étaient en rapport avec les mœurs, les pi jugés, les croyances, les institutions de ces ép ques-là ; ni même s'il ne faudrait pas, dansui société différemment constituée que la nôtre, sous un régime qui ne serait pas notre régim une autre sorte d'éducation et une autre soi d^enseignement que ceux que nous proposon

Nous nous renfermons dans ce qui est actui pour l'améliorer avec ce qui est possible.

En un mot, nous sommes ici de notre pa] de notre régime et de notre temps; et c'est bea coup pour une idée, pour un plan, pour uns] tème, d'être de son pays, de son régime et son temps. — C'est tout.

Je dis qae la Cliarte, bien entendue, résout presque tous les différends du sujet.

Ainsi, Tarticle 5 éUblit la liberté des eultetf d'où il suit :

i^ Que TEtat doit laisser aux pères de famille personnellement, ou à leurs délé^és collectif irement, te choix et la distribution de rinstme* tion religieuse;

2° Qu'en faisant délivrer cette instruction selon son bon plaisir, il gêne la conscience des pères et des enfants, si Ton ne veut pas allôr jusqu'à dire qu'il viole la liberté des cultes;

5^ Que TEtat n'a pas plus le droit de faire enseigner la philosophie, qui est la théologie des rationalistes, qu'il n'a le droit de faire en* soigner la religion, qui est la théologie des chrétiens;

4^ Qu'il ne peut pas, qu'il ne doit pas y avoir» d'après les termes de l'art. 5, une !;)bVUisA^bMt

d'Etat, pas plus qu'il ne peut y avoir, et n'y a une religion d'Etat ;

5° Qu'ainsi, liberté entière doit être la aux pères de famille ou à leurs déléi^^ués, ( ieigner ou de ne pas enseigner soit la phi phie rationaliste sans la religion catholique la religion catholique sans la philosophie i paliste, soit toutes les deux concurremme tel est leur bon plaisir, soit telle autre plii phie que ce soit, soit telle autre religion q ^it, soit aucune pliilosophie, soit aucune gioD,chez eux ou dans les pensions UIqu< cléricales qu'il leur plaît de choisir.

. L'artiele 69 veut quil soit pourvu à .rini (ion publique, d'où il suit :

1^ Que cette instruction doit être de publiquement ;

^ Qu'il faut d'autant plus l'entendre ^regard de Tinstruci ion itfcondatrf, quelj bliciié existait avant la Charte, soit |K)ur structionprimatV^, soit pour l'instruclion i rieure, et qu'en portant un commande AoiiveaU; la Charte n'a pu voulohr qu'éten

^07 renseignement du milieu, la 'publicité du baul et du bas ;

5° Qu'il faut, relativement à la liberté dereof* seignement dont il est parlé au dernier membre du môDie article, laisser aux particuliers la jouistance de tout ee qu'ils ont le droit d'avoir, dV près Farticle 69 combiné avec Tarticle 5, c^est- Mire la faculté complètement discrétionnaire de réâuoation, soit hygiénique^ morale, reli» gtenM el(^ilotophique,8oil profeasioBoelle,con»iiiereia|e« industrielle, artistique^ seientifique et yitéraire; mais que, lorsque renseignement eiC donné en yu« des fonctions publiques, Tarticle 69 doit ae combiner avec Fartioie 42 de la Cbarte

L'article 4S établit la responsabilité des ministres, d'où il suit :

Que les ministres responsables sont parfaitement les maîtres de ne donner les emplois qu'à ceux qu'ils jugeraient capables de les remplir, et qu'ils peuvent ne considérer comme suffisamment capables que les Français qui atu'out suivi les cours publics de TËtat, et subi les épreuves

•408 de temps, d'assiduité, de concours, d*ëtude d'aptitude que ces cours impliquent seuls à 1< yeax.

Enfin, l'art. 5 de la Charte établit qnc Français sonttons admissibles aux emplois c et militaires, d*où il suit :

Que Tensei^ement public, à tous les de^ doit être délivré gratuitement à tous les r toyens, instnvction, examens, grades, diplâ

I et brevets compris, sans quoi les Français

ont du talent, mais qui sont pauvres, sen [ admissibles de droit, sans pouvoir être ac

i de fait ; ce qui serait une injustice pour eus

I mensonge pour la Charte, une perte pour 11

mie restriction pour les choix des ministr mi affaiblissement pour leur responsabilité

Résumons ces quatre points :

La liberté de léducation est la conséc de la lil)erté des cultes. (Art. 5.)

L*eii8eignement de TËtat est la consi de }a responsabilité des ministres. (Art

^09 La gratuité de renseignement est la Gonséqnence de Tadrnbsibilité des citoyens à tons ta emplois. (Art. S.)

La pablicité de l'enseignement est la conséqnence de la nationalité de renseignement. (Article 69.)

Maintenant, déduisons les conséquencesde ces quatre grands principes sur lesquels s*appuie Umt mon système, et qui ne sont eux-mêmes, comme nous venons de le voir, que les conséquences de la Charte.

Les avantages de séparer Yéducation de Vn^ seignement sont :

4*^ De rendre Féducation pudique, tranqnille, délicate, sensible, indépendante, diverse, comme Test la famille elle-mdme sous le toit domestique; de mettre à Taise la conscience du père et deFenfant, et en pleine liberté les mouvements physiques, moraux et religieux de Tindivido,

^10 tels qu'ils doivent Têtre dans nos grandes et immenses sociétés, où le foyer est l'asile le plus discret, le plus heureux et le plus aimé de la libellé même, où le père est roi entre sa femme et ses enfants, où chaque famille compose, en qnelque sorte, on petit Etat qu'il importe av grand Etat, plus qu'on ne le pense, de laisser se gouverner lui-même, le plus librement possible dans lies limites de la vie intérieure et privée.

2" De rentrer dans Tarticle 5 de la Charte, qii Veut la liberté des cultes, en laissant chaque en fant professer sa religion, chez lui ou chez h délégué de son père, ainsi et comme il Tentendl

5^ De ramener anx mêmes conditions qu< l'enseignement religieux, renseignement philosophique, qui n'est pas autre chose, an fond qu'on enseignement religieux, sôit qu'il spiritualise, soit qu'il matérialise les penchants di notre cœar et les facultés de notre entendement, aoit qu'il nie Dieu, son essence, ses attributs, Jon éternité, soit qu'il les affirme.

4® De laisser en dehors de TEiat, et à l'arbitrage, du père de famille (sauf la surveillance ^49 UMmirs, de sahilurité et d'ordre, qui, partoat

tl en t^tes nutiènss, appartient à FEtat) , le gouoement hygiénique, moral et religieux de l'en- . fuit. D'où suit, comme conséquence nécestaire, la suppression des internats, où l'État le fait si noblement spécalatear, acheteur, vendeur, marchand, distributeur, économe, médecin, moraliste, théologien, garde-malade, frère foueiteur, fournisseur de plumes et d'encre de la petite vertu, baigneur, pédicure, joueur de flûte et maître de danse.

5» D'ôter àTÉtat son caractère étroit, aggresaif, rival, oppresseur et absorbant, de corporation universitaire, pour ne lui laisser que le ca^ractère qui est le isien, de Providence et de paternité; de faire ainsi tomber toutes les diflîr cultes relatives aux permissions d'institution^ privées, aux compositions des commissions d'examen, aux certificats d'études mendiés, in - •oflisants et faussaires, délivrés soit par les pères de(aniille,soit par les tuteurs, soit par les maîtres de pension, aux programmes d'enseignement, aux grades, etc.

6^ De' donner, d'inspirer aux examinateurs i» rÉtat la même faveur d'opinion, on plutôt

la même impartialité pour fous les élèves sorti des cours publics de l'Etat ; si ce n'est qu'ils an ront, à l'aide de la publicité, une connaissanc plus exacte qu'aujourd'hui, du pers(»nnel de candidats, de leur assiduité aux cours et de lea capacité relative, et que le balancement de toi tes ces conditions entrera pour beaucoup, dès 1 commencement et par la suite des études, dai Tappréciation des élèves eux-mêmes, et dans 1 jugement des examinateurs, et enfin que la pi blicité des épreuves venant s'ajouter k cel des leçons, aucun injuste refus d'admission n smra possible.

7* De relever et de maintenir le niveau d< étades scientifiques et littéraires, à une hautei où la dépression d'une fausse et menteuse coi carrence, suivie d'une absorption complète, i la portera jamais ; d'allumer une généreuse émi lation de bonne conduite, d'application et ( science : premièrement entre toutes les pension secondement entre tons les élèves, troisièmeme? entre tous les professeurs, quatrièmement en tous les centres de cours publics, et cinquièi ment entre toutes les grandes villes de la Frar

8** D'appeler aux chaires du professorat par nn impartial, libéral et public concours d'épreuves écrites, enseignantes et orales, les homiiics de toute opinion et de toute communion, sans autre origine , distinction ni préférence que celles de leur capacité.

9** De réunir au cours public pour le même devoir, de recevoir à la même tribune, et d'effacer dansTégalité de la même surveillance, la différence de rang, de classe, de fortune , entre les parents des élèves.

1 0^ De mêler davantage }es clercs aux laïques, et les laïques aux clercs, par la communantédu siège sur les même» bancs , par Teffort rival des mêmes études, par les succès alternatifs de leurs compositions, par les rapports bienveillants de chaque jour qui s'éXablissent si vite de jeunes gens k jeunes gens, même de robe diver.«e et d'états divers, et de dissiper ainsi des répugnances ou des préjugés odieux ou ridicules tntre les hommes faits pour s'aimer, s'estimer et se comprendre.

IJI.

Les avantages d'attribuer à r£tat Teuseigi ment sont :

r De ne blesser aucune croyance morale, i ligieusCv pliilosophique, puisque ces trois cha demeurent dans la diversité et la liberté en\ii de l'éducation.

^ De rentrer dans Fart. 12 de la Charte qi en établissant la responsabilité des minisin veut qu'ils puissent attacher à la meilleure c livrance des fonctions publiques, les coq lions de temps, d'études, d'épreuves, de a cours, d'aptitude qu'ils jugent, dans Tétend et pour la garantie de leur responsabilit les plus propres à faire, à confectionner de ïh fonctionnaires, de bons agents de toutes sort de bons employés de TEtat, à leur ordre, sala et direction.

5^ D'être en exact rapport avec le noml d'emplois qui rend la France, sous ce po de vue, non semblable à aucun autre pays r£uix)pe et du monde -, tellement qu'aujoi

^^5 d'Iiui, chaque père d'un garçon classiquement enseigné, à quelque opinion qu'il apparlienne, républicain , légitimiste ou conservateur, procrée, allaite, nourrit, héberge, éduque, endoctrine lui-même ou fait endoctriner, chapitrer et l)ourrer son fils, gros ou mince, riche ou pauvre, aristocrate ou bourgeois, de grec, de latin, d*algèbre, d'histoire et d'historiettes, pour le rendre admissible à fonctionner, aux termes pompeux de l'art. 5 de la Charte, c'est-à-dire, en termes plus positifs et plus monétaire?, à signer son nom, lorsqu'il sera tout à fait grand garçon, et le premier du mois sans faute, sur la feuille des émargements du Trésor.

Xlôté vulgaire de la question sans doute, mais qui n'en justifie pas moins invinciblement le droit qu'a l'Etat d'enseigner des gens dont pas un seul, quoique tous n'y arrivent point, ne se faitGrec, Latin, calculateur, historien, chimiste, que pour se faire bachelier, et ne se fait bachelier que pour être, par la permission, la bonne grâce et la responsabilité des ministres, juge, administrateur, douanier, receveur, commis, officier, professeur, employé, agent, servitear

de l'Etat, el admis en ce, et pour ce, aux rélributions fixes et aux douceurs proportionnelles et additionnelles de rémargement, sur papier libre.

4° De réunir, en voyant les choses de plus haut, par les liens d'une confraternité littéraire et scientifique, et sans blesser ni la conscience religieuse, ni Topinion politique de personne, tous les hommes du même âge et de la même génération, qui, à la même heure pour ainsi dire, et sur tous les points de Ja France à la fois, depuis la Méditerranée jusqu'au Rhin, et depuis rOcéan jusqu'aux Alpes, viendraient tous s'abreuver aux sources les plus abondantes et les plus pures de Tantiquité littéraire et de la science moderne.

5° De laisser chaque culte, chaque plan d'éducation, chaque système se disputer, en toute diversité comme en toute liberté, par une excellente et louable émulation, à force de perfections, de soins, de moralité, de vertu, de bonne administration, de bons préceptes et de bonne pratique, la délégation des pères de famille ; ce <|oi rentre, à fond et à plein, dans le vœu, dana

U7 le besoia, dans Tintérét de ceux-ci, comme dans la lettre et Tarlicle 5 de la Charte ; de même qu'avec la liberté des cultes, chaque religion dispute aux autres et s'attribue les âmes, sans autre force de coaction ou d'influence que celle de ses persuasions et de ses doctrines; ce qui est parfaitement licite.

^ De mettre ainsi toutes les pensions et institutions sur le pied de Tégalité, tandis qu'an* cune d'elles ne pourrait lutter contre TEtat, ayant le caractère de corporation rivale ; contre ^Etat, qui ne meurt pas etqui thésaurise ; contre l'Etat, qui entretient un docte et brillant sémi- ^laire de professeurs ; contre TEtat, qui grade, avance, décore, pensionne ses professeurs, ei qui puise à pleines mains dans le trésor public; entin, contre TEtat, dont les ministres responsables, sans avoir besom de motiver leurs refus, peuvent et pourront systématiquement ne pas admettre au nombre de leurs employés, offîciers et serviteurs, tous les bacheliers autres que les bacheliers universitaires.

7^ De relever le grade, l'honneur et le salaire, et de -rassurer l'avenir des pvo(^&^\^% ^<^\i^^

Tince attachés aujourd*hui, comme des serfs, à U glèbe des budgets manicipanx.

Les avantages de la gratuité sont :

V D'ouvrir aux pauvres de talent, de capacité, de génie, Taccès des emplois publics, en leur ouvrant la porte de l'enseignement secondaire qui seul y conduit. Car il n'est pas honnête ni juste qu'il y ait un secl Français qui, faute de quelques éeus, puisse être empêché d'arriver aux emplois, même les plus élevés, et qui soit privé et nous prive nous-mêmes d'honorer le pays pai^ les dons merveilleux de son intelligence ; autrement, nous ne comprendrions ni la Providence, ni la Charte, ni 1 egalhé, ni la gloire, ni la liberté, ni le génie. Oui, partout où le talent existe, comme un filon d'or dans une mine profonde, il appartient à la patrie. Il faut qu'il puisse se découvrir, se produire, qu'il prenne sa place sociale, et qu'il reçoive sa récompense. Ou bien, ne disons pas que nous vivons dans un pays généreux, paternel, équitable et lib£e. Et

Bon-sculement nous voudrions que renseignement des cours publics fût gratuit, mais nous voudrions aussi, répétons -le, qu'on n'attachât aucun droit à la délivrance d'aucun diplôme, brevet, thèse de baccalauréat, licence, doctorat et autres grades. La France est assez riche pour fmyer l'enseignement de tous ses enfants.

2° De purger par conséquent, d'évacuer le professorat de ces préemptions de droits sur les pauvres comme sur les riches, de ces taxes proportionnelles qui ravalent l'enseignement au niveau de la spéculation, et qui font un métier de la plus noble des professions ; d'impliquer ainsi dans les professeurs dégagés de toute rétribution et de tout lucre, les plus hautes et les plus rassurantes conditions de science, d'indépendance et d'honneur.

Les avantages de la publicité pour l'instruction secondaire sont :

V D'être en p-ein accorJ avec ce qui se çissc

pour l'instruction primaire et pour Tinslruclion supérieure ;

Avec l'art. 69 de la Charte ;

Avec le grand principe de la publicité qui est Tâme de toutes nos institutions.

2° D'admettre le père et la mère de famille, ou son délégué, à ne pas perdre un instant de vue son nis qu'il suit dans toutes les phases de renseignement ; grande et précieuse conquête de la liberté assurément, car aujourd'hui, dans les collèges internes, cléricaux, laïques^communaux et royaux, les portes de la classe sont closes après Tenfant, même dans les collèges d*exlernat seulement.

I 5° De fournir aux parents pauvres, des moyens de surveillance personnelle pour mettre les répétitions du foyer domestique en rapport avec les leçons des professeurs de TEtat, et de venir ainsi au secours du principe de la gratuité.

4° De multiplier les rapports les meilleurs entre les parents et leurs enfants, et de resserrer encore davantage les liens de la famille.

5** De laisser aux jeunes pères de famille la /acuité d'entendre assidûment, ou de temps en

temps, les leçons publiques du professeur, pour se remettreau courant de leurs anciennes études, €t pour être plus à même de redire ces leçons à leurs fils.

6** D'iiabiluer à Tassurance de la vie publique,. de jeunes citoyens laïques et clercs, ((ui, par leurs fonctions et par la forme de notre gouyernement, doivent vivre plus tard de la vie pu« blique.

7** De foire honnêtement réagir, par le bon ordre et le silence des classes, la modestie des perAonnes et l'application aux devoirs, le cours sur la pension, 1 élève public sur Vélève privé, la leçon sur la répétition, et le professeur sur le maître d'étude.

8® De proportionner justement le nombre des professeurs au nombre des élèves, condition indispensable aux bonnes études de la masse, condition dont la publicité changerait entièrement et heureusement le contrôle, les éléments et les bases, et que vous n'obtiendrez jamais des internats privés et besoigneux, ni même des internats universitaires.

9® De permettre aux pères de famille^ o^ ^

leurs délégués, le choix entre les professeurs muUiples de la même classe, et le transfert de leurs enfants, d après un examen individuel et raisonné, d'un professeur à Tautre.

W De faciliter Tétude, comme en famille, des élèves clercs et des élèves laïques, ainsi que des enfants appartenant aux parents de toutes les opinions, venus de toutes les pensions et institutions groupées autour des cours publics : pensée de grande communauté instructionnelle pour les nouvelles générations appelées à travailler au gouvernement, à la prospérité, à la gloire et à la grandeur de notre pays ; pensée de haute conciliation, inspiration de haute nationalité, qui font que TËtat, comme si c'était une mère, ne verrait plus dans tous les jeunes gen^ du pays que des enfants de la même patrie et des fils de la même famille.

Hélas ! ils ne se retrouveront bientôt que trop séparés sur le champ des rivalités politiques, religieuses et sociales I Que du moins , sur le terrain neutre des cours publics, ils soient réunis par la confraternité littéraire qui réchauffe les âmes et qui les fait souvenir de la patrie I

Sentir, aimer la patrie, c'est être tous ensemble ; où pouvez-vous voas trouver tous en* semble, enfants de la génération actuelle, si tous ensemble vous ne vous abreuvez pas aux sources de renseignement public et national ?

41® D'accoutumer de bonne heui^les enfants â garder, sous Tappréhension de la surveillance éventuelle de leurs parent«<, le silence, Tassiduité au travail, la décence du maintien, le respect du professeur, de leurs camarades et d'eux-mêmes.

42» De permettre aux évéques d'y envoyer facultativement, même les élèves des grands séminaires, et à toutes les institutions laïques et privées, d'y conduire tous les écoliers de sixième et au delà, qu'elles ont sous leur garde, sans que les maîtres d'étude perdent un seul instant de vue leurs moindres mouvements.

15* D'empêcher les exceniricilés où de certains professeurs se laissent aller dans le huis clos, et en mônie temps de préserver les autres professeurs, par le contrôle et le témoignage justificatif du père et du maître, des insinuations malveillantes de l'envie ou de la calomnie.

\ 4^ De réveiller la somnolence du professeur par 1 aiguillon de la publicité ;de le tenir conlinueliement en haleine par la comparaison des autres courâ rivaux ; de forcer \fis maîtres capricieux et passionnés à plus d'équité dans la distribution des peines ei des récompenses, les négligents à devenir plus assidus, les téméraires â se renfermer dans leur sujet, les routiniers à changer de méthodes, les paresseux à se stimuler eux -mêmes, et les hommes d'un mérite vrai et modeste à ne pas craindre que leurs «ervices, appréciés et vérifiés à tout venant et à rimproviste par les inspecteurs deTEiat, par les parents et parles instituteurs, soient méconnus et sacrifiés à la faveur et à Fintrigue.

45^ Enfin, d^initier les pères de famille, leurs délégués et le ministre , à la force relative des études, à répreuve des leçons et des procédés, aux dispositions spéciales des élèves, au choix mieux fait, mieux préparé- de leurs futures carrières, à la comparaison plus vraie, plus exacte dans les grandes villes, des collèges de cours publics entre eux, sous le rapport de la tenue des éJéves, de leur travail, de leurs progrès

que de la capacité des professeurs et de )nté de leurs leçons et de leurs méthodes, il est si essentiel de bien se rendre compte Tavancement des sciences et des lettres, ulation des pension*;, Tabrégement des 4luet leur direction finale diaprés les besoins fs, incessants et nouveaux d'une société mrs en marche. •

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